La Gaubretière est un concentré d’histoire des Guerres de Vendée. Au cœur des lieux de mémoire de la commune se trouve la place Sapinaud, avec sa fontaine monumentale dédiée au chef de l’Armée du Centre, le vieux clocher théâtre de terribles sièges, et la grande plaque commémorative honorant les héros et les martyrs vendéens. Mais on peut y voir aussi un vestige de la maison de Sauvageot, un Bleu devenu Blanc. 

Sauvageot 1Les dernières pierres de la maison du commandant Sauvageot, à La Gaubretière
  

François Jean Marie Sauvageot a été baptisé à Marmagne (Saône-et-Loire) le 14 septembre 1773. Son acte de décès mentionne sa naissance dans la commune voisine de Montcenis. Il était le fils de François Sauvageot, tissier en toile, et de Marie Saclier. Engagé dans le métier des armes en 1792, il se trouvait dans les rangs des Mayençais lorsque ceux-ci furent envoyés en Vendée en 1793.

Les drapeaux de la République en horreur

Dégoûté par les crimes de ses compagnons, il finit par quitter les drapeaux de la République, « que j’avais en horreur, écrit-il dans sa demande de croix de Saint-Louis en 1823, pour suivre les bannières de la Vendée ». On raconte que, refusant d’obéir aux ordres d’incendier et de massacrer, il aurait sabré son colonel avant de rallier les Vendéens. Sa désertion serait cependant plus tardive, puisqu’elle est signalée le 19 prairial an III (7 juin 1795). Peut-être est-elle due à sa rencontre avec une Vendéenne, Jeanne Aimée Girard*, qu’il épousa à La Gaubretière le 18 juin 1807.

C’est d’ailleurs à La Gaubretière qu’il fut conduit après sa fuite, précisément chez Jacques Forestier dont le logis de la Garenne existe toujours. De là il reprit les armes pour combattre dans les rangs des Vendéens jusqu’à la fin de la guerre. Devenu percepteur aux Herbiers, il percevait sous la Restauration une solde de retraite de capitaine. Il mourut à La Gaubretière le 9 avril 1845. Sur sa tombe fut scellée une plaque portant ces mots : « Pleuré de ses enfants ci-gît sous cette pierre du trône de nos rois un vaillant défenseur. Il fut brave guerrier, bon chrétien et bon père. Que l’Éternel lui donne repos et bonheur. Priez Dieu pour le repos de l’âme de François Jean Marie SAUVAGEOT. »
 

Tombe de SauvageotLa tombe du commandant Sauvageot dans le cimetière de La Gaubretière
   

La maison du commandant Sauvageot

Le 22 septembre 1957, le Souvenir Vendéen organisa une journée dans ce « grand Colisée de la Vendée » que fut La Gaubretière. À cette occasion fut bénie la grande plaque de marbre posée au pied du clocher en mémoire des habitants qui se soulevèrent en 1793 avec Sapinaud, Boisy et Forestier pour défendre leur foi ; mais aussi de ceux qui périrent pendant les grands massacres de 1794 et au cours des sièges du clocher en 1794 et 1795.

Une seconde plaque fut dévoilée ce jour-là sur la mairie, dont le bâtiment avait été offert par le Dr Moreau, des Herbiers, arrière-petit-fils de Sauvageot. On pouvait y lire : « Cette mairie a été construite à l’emplacement de la maison du commandant Sauvageot, ex-lieutenant mayençais, capitaine des chasseurs à pied de Beaurepaire en 1794, chef de la division de La Gaubretière en 1815. 1773-1845. » La première phrase a cependant été regravée (« Ici s’élevait la mairie précédente… ») quand la mairie fut rebâtie en 2006. Il ne reste aujourd’hui, de la maison du commandant Sauvageot, qu’un bout de mur portant cette plaque.
  

Sauvageot 2Ce qu'il reste de la maison du commandant Sauvageot (en bas à gauche)...

Sauvageot 3... et la plaque commémorative
  

À noter enfin que la rue qui fait face à l’église, en direction de Tiffauges et des Landes-Genusson, porte le nom de « rue du Commandant Sauvageot ».

Rue du Commandant Sauvageot  


Sources :
– Jean Lagniau, Le 22 septembre, La Gaubretière, un des « grands Colisées » de la Vendée, s’est souvenu de ses morts, Revue du Souvenir Vendéen, n° 41, Noël 1957, pp. 29-33.
– Pierre Gréau, Chercheurs et curieux, réponse à la question n° 665, Revue du Souvenir Vendéen, n° 246, mars 2009.
– J.-P. Gréac’h, Le Panthéon de la Vendée, Revue du Souvenir Vendéen, n° 260, septembre 2012, p. 29.


* Jeanne Aimée Girard mourut à La Gaubretière le 12 mars 1812. Pour la petite histoire, sa mère, Marie Anne Retaillaud, décéda « pendant les troubles de la Vendée », comme on peut le lire sur l'acte ci-dessous :

Décédée pendant les troubles de la Vendée  
François Sauvageot se remaria le 17 octobre 1815, à La Gaubretière, avec Marie Charlotte Honorée Begaud.