Véritable ligne de front entre Blancs et Bleus, la vallée du Layon recèle d’intéressants souvenirs des Guerres de Vendée. Outre le Pont-Barré et le coteau des Martyrs, Saint-Lambert-du-Lattay a conservé son auberge de la Croix-Blanche, où Charette prit l’un de ses derniers repas. 

Auberge de la Croix-BlancheLa plaque du Souvenir Vendéen sur la façade de l'auberge de la Croix-Blanche
  

Première commune située après le Pont-Barré, qui symbolisait la frontière du pays insurgé sur la grand’route d’Angers à Cholet, Saint-Lambert-du-Lattay a souffert des incursions républicaines, principalement du passage de la colonne infernale de Cordelier, le 23 janvier 1794. Seules deux ou trois maisons échappèrent à l’incendie général, notamment l’auberge de la Croix-Blanche, grande bâtisse datée sur une mansarde d’une pierre millésimée de 1722. Elle était tenue à l’époque par la veuve Chapeau, dont le mari avait été tué dans les rangs vendéens. Mais elle servait d’étape aux Bleus, ce qui la sauva des destructions.

Cette ancienne auberge de campagne a bien triste mine aujourd’hui. Elle fut pourtant le théâtre d’un événement marquant de la vie de Charette, ou plutôt de sa marche au supplice, comme le rappelle la plaque sur la façade, inaugurée par le Souvenir Vendéen le dimanche 20 septembre 1981.
  

Auberge de la Croix-Blanche 3L'auberge de la Croix-Blanche aujourd'hui
  

Capturé par Travot le mercredi 23 mars 1796 près du logis de la Chabotterie, à Saint-Sulpice-le-Verdon, le général vendéen fut conduit au château de Pont-de-Vie, au Poiré-sur-Vie, où il passa sa première nuit de captivité. On l’envoya dès le lendemain vers Angers, siège de l’état-major républicain commandé par Hédouville. Le convoi passa par Montaigu le 24, à la mi-journée, puis arriva le soir à Cholet.

Le Vendredi Saint, 25 mars, Charette et son escorte reprirent la direction d’Angers par Chemillé. À midi, le cortège fit halte à Saint-Lambert-du-Lattay. Les Bleus établis ici en garnison invitèrent alors Travot et son prisonnier à leur table, à l’auberge de la Croix-Blanche. « Le général vendéen accepta sans façon, mangea de bon appétit et entretint la conversation avec aisance. Après le repas, il demanda la permission de se retirer pour fumer un cigare. » (récit de l’abbé Conin). 

Les voyageurs ne s’attardèrent pas. Il fallait reprendre la route d’Angers. Arrivé à destination, Charette fut conduit l’hôtel de Lantivy, auprès du général Hédouville, après quoi un chirurgien ausculta ses blessures. Le dimanche 27 mars, au matin, on l’embarqua sur une canonnière qui descendit la Loire jusqu’à Nantes. La fin du dernier voyage du « Roi de la Vendée » nous est connue. Nous la commémorerons l’année prochaine, pour le 220e anniversaire de son exécution sur la place Viarme, le mardi 29 mars 1796.
  

Auberge de la Croix-Blanche 2La façace décrépite porte en souvenir de Charette une plaque commémorative
et un Sacré-Coeur enchâssé dans le linteau de la porte

Auberge de la Croix-Blanche 1La plaque fut dévoilée lors de la journée du Souvenir Vendéen
à Saint-Lambert-du-Lattay et Beaulieu-sur-Layon,
le dimanche 20 septembre 1981.