Le week-end dernier, à Poul-Fetan, avait lieu une reconstitution historique privée, pour le bicentenaire de la Chouannerie de 1815. Deux groupes, les Conscrits du Languedoc pour les troupes impériales, les Chasseurs de Stofflet pour les troupes royalistes, s’y sont retrouvés. Le Télégramme de Brest est allé à la rencontre de Benoît Gouriou, l’organisateur de cet événement insolite.

Les Chasseurs de StoffletLes Chasseurs de Stofflet ont publié de nombreuses photos
de cette reconstitution historique sur leur page Facebook.
  

Qui êtes-vous Benoît Gouriou ?
Originaire des Côtes-d’Armor, j’ai 22 ans, j’ai une licence d’histoire et un diplôme professionnel « tourisme et patrimoine », je suis jusqu’à fin décembre en stage à l’office de tourisme du pays de Moncontour, en charge de la restructuration du musée de La Chouannerie. Auparavant, j’ai passé six mois à Pontivy, car je suis passionné de l’épopée napoléonienne. La reconstitution historique est mon loisir.

Pourquoi cette reconstitution à Poul-Fetan ?
Nous avons choisi Poul-Fetan (à Quistinic, Morbihan) pour notre première sortie après avoir rencontré Réjane Even, la responsable du village ; ce projet nous a pris six mois de préparation. Nous étions quinze, dix soldats napoléoniens et cinq chouans, venus de plusieurs régions de France. J’avais écrit le scénario dans le contexte de juillet 1815, quelques jours après l’abdication de Napoléon, peu après Waterloo ; durant les Cent Jours, les Bretons, qui ne voulaient pas combattre dans l’armée impériale, se sont engagés massivement dans la Chouannerie pour défendre leurs terres.

Comment s’est-elle passée ?
Un peloton de Napoléonville devait s’installer à Poul-Fetan ; la population apeurée a évacué les lieux, excepté les chouans infiltrés qui se faisaient passer pour des villageois : ils ont donc vécu trois jours aux côtés des impériaux, l’objectif étant de les prendre en embuscade.

Comment avez-vous vécu cet épisode quistinicois ?
Nous sommes des puristes de l’histoire vivante et respectons l’époque : le feu a flambé 24 heures sur 24, on a dormi dans des lits clos, sur des paillasses faites de sacs de lin remplis de paille.

Avez-vous un autre projet ?
Poul-Fetan, c’était un test : nous sommes convaincus, le site est exceptionnel et Réjane Even nous a laissé une grande liberté, ce que nous avons hautement apprécié. L’an prochain, hors saison, nous reviendrons à 50, on pourra disposer de l’étable et de la grange. Nous referons 1815 à plus grande échelle ou bien nous célébrerons le 220e anniversaire de la fin de la deuxième guerre de Vendée. 
   


Article paru dans Le Télégramme de Brest, le 19 novembre 2015

Retrouvez les photos de cet événement sur les pages Facebook des Conscrits du Languedoc et des Chasseurs de Stofflet.