Généalogiste amateur, dont les racines familiales s’étendent entre Vendée et Deux-Sèvres, Frédéric Pontoizeau administre à la fois un site et un blog pour partager ses découvertes. En voici une, consacrée à l’un de ses ancêtres, « un brigand vendéen » : Louis Marchais.

La Croix du MagnificatLa Croix du Magnificat à Noirmoutier
 

« Le dossier de Louis Marchais est bref. Il porte qu’il a 38 ans, qu’il est meunier et qu’il a monté la garde avec une cocarde blanche. Ces griefs semblent insuffisants pour expliquer la présence de son nom en tête de la sanglante liste. Un de nos amis, qui est un des hommes à connaître le mieux l’histoire du Marais septentrional de la Vendée, a bien voulu compléter nos renseignements à son sujet.


Louis Marché, vulgo Marchais, né à Saint-Hilaire-de-Riez, le 30 novembre 1757, était d’une nature robuste et ardente. Il fut un des premiers paysans qui se groupèrent autour du perruquier Gaston de Challans et qui, après la défaite de celui-ci, arrachèrent le chevalier Charette à sa retraite de Fonteclose qu’ils forcèrent par des menaces de se mettre à leur tête. Il se faisait remarquer par son exaltation antirépublicaine et, avant son départ de sa paroisse natale s’était montré l’adversaire implacable du curé constitutionnel. Après avoir guerroyé pendant quelques mois, il tomba entre les mains des Bleus, qui le conduisirent à Challans, d’où il fut dirigé sur Noirmoutier, le 9 ventôse an II, avec un convoi de 22 autres prisonniers. »


Voilà ce que j’ai pu lire sur mon ancêtre Marchais Louis sur l’article du Dr Viaud-Grand-Marais publié dans la Revue de Bretagne et de Vendée de 1881 intitulé « Noirmoutier, le 16 thermidor an II », article est publié en deux parties.


Lorsque quelques années plus tôt, j’avais lu sur l’acte de mariage de sa fille Marie Françoise Marchais avec Louis Biron, en date du 14 octobre 1807 à Saint-Hilaire-de-Riez, la mention « décédé à Noirmoutier le 15 thermidor de l’an deuxième de la République suivant les témoignages des sieurs Jérôme Marchais farinier et de Charles Benoist Marchais de Pierre Charles Marchais et d’André Boucart demeurant en cette commune », je ne me doutais pas du pourquoi et du comment de ce décès à Noirmoutier. Je supposais tout de même un quelconque rapport avec les troubles vendéens.
 


En 2008, je tombe donc sur le fameux article du Dr Viaud-Grand-Marais André dont les pages 116 à 120 me donnent toute l’histoire de mon aïeul Louis Marchais.


En résumé j’apprends qu’il est condamné à mort par la commission militaire le 16 thermidor an II à Noirmoutier pour avoir :

« eu des intelligences avec les brigands de la Vendée,

« suivi ces mêmes brigands aux divers combats qu’ils ont eu avec les armées de la république, étant armé de fourche et de fusil, avec quelle arme il a fait couler le sang des défenseurs de la patrie,

« par sa conduite ou conseils, provoqué au rétablissement de la royauté, et à la destruction de la Liberté, de l’Égalité, à l’anéantissement de la République française. »


Il est fusillé avec les 21 autres condamnés sur la dune de la Claire à Noirmoutier le 16 thermidor an II (3 août 1794) à 16 heures. Il laisse une veuve de 32 ans, Françoise Vairon et deux fillettes : Marie Françoise 3 ans et Louise Françoise 18 mois.


Après quelques recherches supplémentaires sur Internet, je trouve sur le site de l’association du Souvenir Vendéen qu’à l’endroit où mon aïeul et les autres condamnés furent fusillés, une croix commémorative avait été élevée par les Amis de Noirmoutier le 3 août 1960, croix nommée la Croix du Magnificat, chant entonné par les condamnés juste avant leur supplice, puis une plaque fut apposée le 20 juin 1976 (cette croix se situe Allée Pierre L’Hermite, au Vieil).


Lire l’article complet Un brigand vendéen : Louis Marchais (1757-1794), avec l’ascendance de Louis Marchais