Les Amis du Pont-Paillat se sont retrouvés dimanche pour leur première promenade de l’année 2016. Du champ de bataille du Bois des Chèvres au château de la Durbelière, en saluant au passage le capitaine Chabauty, notre petit groupe d’amateurs d’histoire a mis ses pas dans ceux de Monsieur Henri… mais aussi dans les traces de la colonne infernale de Grignon.

Les Amis du Pont PaillatLa traditionnelle photo souvenir sur le Pont-Paillat
  

C’est un rendez-vous désormais annuel pour les Amis du Pont-Paillat. Sa date est fixée en hiver, pour que la boue des chemins creux nous imprègne autant que les souvenirs de la Grande Guerre. Si la tempête de ces derniers jours y a copieusement pourvu, le ciel nous a toutefois offert ce dimanche un temps des plus cléments.

Au départ de la Croix de Bel-Air, sur la crête du Bois des Chèvres, nous avons commencé par chausser nos bottes – sage précaution – pour nous rendre au Pont-Paillat. L’itinéraire vers ce haut lieu des Guerres de Vendée suit le tracé de l’ancienne route de Bressuire à Mauléon. On le foule d’abord sur l’asphalte pendant les deux premiers kilomètres, avant de s’engager sur une voie bien plus pittoresque, gorgée d’eau par les pluies d’hiver. Drapeaux claquant au vent, notre groupe s’est doucement étiré au rythme des marcheurs de tous âges, marquant une halte devant la Chaignelaie pour évoquer le martyre de Pierre Souchelot, vieillard infirme brûlé vif par les Bleus le 14 mars 1794.
  

Les Amis du Pont Paillat 1Les Amis du Pont-Paillat se retrouvent là où tout à commencé pour eux…
  

Peu à peu notre chemin se rétrécit, et même se creuse, entre les haies qui l’enserrent de part et d’autre et la boue profonde qui l’enfonce à chacun de nos pas. Mais il descend en pente douce ce qui facilite notre progression. Bientôt se profile le dernier virage avant le Pont-Paillat. Pour ce deuxième arrêt, Richard Lueil (Chemins Secrets) nous a raconté l’histoire du lieu et situé, en poursuivant quelques centaines de mètres plus avant, le tracé de la route empruntée par les combattants de 1793. Notre traditionnelle photo souvenir sur le pont, depuis le champ en contrebas, a conclu cette étape sous un soleil radieux.

Pour le retour… il a bien fallu remonter le coteau sur le même chemin, étrangement plus long qu’à aller. Enfin parvenus au point de rassemblement, près de la Croix de Bel-Air, nous avons repris les voitures pour nous rendre dans la direction opposée, jusqu’au Bois des Chèvres. Ce massif forestier, bien plus réduit qu’en 1793, abrite un chemin de croix jalonné de grosses pierres portant les noms de héros de la Vendée : La Rochejaquelein, Stofflet, Lescure, Marigny, Renou, Allard, etc. Ce monument est l’œuvre du Souvenir Vendéen, dont on retrouve également l’empreinte à la Croix de Bel-Air. Richard m’a alors passé la parole pour évoquer l’histoire des deux combats du Bois des Chèvres, si funestes pour nos ancêtres, le 3 juillet et le 9 octobre 1793.
  

Les Amis du Pont Paillat 3La plaque du Souvenir Vendéen sur la Croix de Bel-Air
commémore les deux combats du Bois des Chèvres en 1793.

   

Ces nourritures spirituelles ont ensuite fait place à d’autres, plus substantielles, que nous avons partagées en toute convivialité, profitant de spécialités que nos amis venus de l’Angoumois et de la Touraine avaient apportées.

Sitôt achevé ce déjeuner champêtre, ou plutôt en forêt (histoire de rajouter des accents circonflexes pour contrarier nos gouvernants…), nous avons quitté cette crête (je ne m’en lasse pas…) qui nous est chère, pour prendre la route de Nueil-les-Aubiers. Le cimetière de Nueil abrite en effet la tombe d’un valeureux capitaine de paroisse, Pierre Chabauty, auquel nous rendons hommage chaque année. Richard en a brossé le portrait en apportant la liste des états de service de ce combattant vendéen, dont le nom figure sur le Mémorial du Bois des Chèvres.
  

Les Amis du Pont Paillat 4Devant la tombe de Pierre Chabauty, capitaine de paroisse
  

Notre guide nous a ensuite entraînés sur les petites routes de la campagne alentour, en direction de la Fontaine Amère. Arrivés à l’entrée d’un chemin de terre, nous avons à nouveau chaussé nos bottes crottées pour suivre l’itinéraire des soudards de Grignon au début de l’année 1794. Soudain surgit au beau milieu d’un carrefour une vieille croix de granit. Nous marquons là un temps d’arrêt pour nous souvenir des victimes de cette colonne infernale qui fit non loin de là, à la Fontaine Amère, un terrible carnage au sein d’une famille. Nos pas nous ont portés vers cette ferme au décor étonnamment préservé, jusqu’à une croix de bois vermoulu, fichée dans un rocher, comme pour perpétuer la mémoire des victimes de ce massacre. Le ciel s’est alors obscurci, lâchant quelques gouttes de pluie sur la Fontaine Amère, comme pour appeler au recueillement.
  

Les Amis du Pont Paillat 5Sur les traces de la colonne infernale de Grignon…
  

Notre programme s’achevait ici. Cependant, puisque le temps nous le permettait et que certains participants en rêvaient, nous avons ajouté une dernière étape à la Durbelière. Il faut dire que le château des La Rochejaquelein n’est qu’à un jet de pierre. Baignées par la lumière du soir, les ruines majestueuses ont enflammé bien des esprits, surtout parmi les plus jeunes participants. L’un d’eux s’est d’ailleurs fait une joie de nous rejouer l’entrée en guerre de Monsieur Henri, et avec quelle emphase !
  

Les Amis du Pont Paillat 7Arnaud se sent chez lui à la Durbelière.
  

Nos chemins se sont séparés au sortir de la Durbelière, bien qu’une poignée d’entre nous ait prolongé cette journée autour d’un café-brioche chez Richard et Nadine, à Cerizay. Avec en tête d’autres idées de promenades pour les mois à venir…

Un grand merci à tous ceux qui nous ont accompagnés ce dimanche !

Retrouvez le compte rendu publié par Richard sur son blog Chemins Secrets
  


Les prédécentes promenades des Amis du Pont-Paillat :
En mémoire de Jacques Cathelineau
Balade vendéenne autour du bois d'Étusson
Promenade vendéenne au pays de Pouzauges