Le journal Ouest-France est revenu ce matin sur le projet de sépulture à Saint-Florent-le-Vieil pour les victimes des massacres du Mans (12-13 décembre 1793) exhumées lors de fouilles archéologiques en 2009. Après Hervé de Charette qui a expliqué la légitimité du lieu pour les accueillir, c’est André Retailleau, maire de Saint-Florent-le-Vieil, qui se dit plutôt favorable à ce symbole de réconciliation. 

OF_14042016Ouest-France, édition de Cholet, jeudi 14 avril 2016
  


La concurrence est rude entre les destinations pressenties pour accueillir les ossements découverts au Mans. Cent cinquante dépouilles ont été mises à jour lors de travaux au théâtre local, en 2009. Ces dernières sont les restes de Vendéens tués pendant la bataille du Mans, en décembre 1793.

L’épisode est l’un des plus sanglants de la Guerre de Vendée. Entre plus de deux mille et cinq mille Vendéens ont péri, dont des femmes, des enfants et des vieillards qui accompagnaient les contre-révolutionnaires.

Une volonté d’Hervé de Charette

Cet héritage, beaucoup le revendique. Les Vendéens tout d’abord, puisque l’Historial de la Vendée aux Lucs-sur-Boulogne, ou le mont des Alouettes, près des Herbiers, ont été évoqués. Plus surprenant, Saint-Florent-le-Vieil est également cité.

L’ancien maire de la commune, Hervé de Charette, défend le choix des Mauges. « Il faut que les ossements du Mans soient rassemblés à Saint-Florent-le-Vieil, dans la crypte de l’église abbatiale », avait-il martelé dans nos colonnes, le 8 mars dernier.

Un avis suivi par l’actuelle municipalité

L’ancien ministre s’appuie sur la présence de Maugeois pour étayer son propos. « La plupart des participants de la Virée de Galerne, des habitants des Mauges [NDLR : la région qui s’étend de Cholet jusqu’à la Loire], se sont retrouvés à Saint-Florent le 17 octobre 1793, après la défaite de Cholet. Ils ont décidé ensemble, sous l’impulsion de leurs chefs, de franchir la Loire et de s’engager dans cette tragique épopée », raconte-t-il.

Lors du dernier conseil municipal de Saint-Florent-le-Vieil, le sujet a été de nouveau évoqué. Le maire, André Retailleau, se dit « plutôt favorable » au transfert des ossements dans sa commune. Il y voit même « un symbole de réconciliation » au vu de l’histoire de Saint-Florent. En 1793, le chef des combattants vendéens, Charles de Bonchamps, sauve les [5.000] prisonniers républicains d’une mise à mort. Un acte qui sera loué par le républicain David d’Angers, qui fera une sculpture en son honneur.

Seul point de divergence avec son prédécesseur : le maire ne considère pas l’église comme un choix définitif. « Il faut qu’on regarde où c’est possible », admet-il.

Source : Ouest-France, édition de Cholet, jeudi 14 avril 2016