L’épisode a été rapporté par Julien-Gabriel Vallée, capitaine de paroisse de Soulaines, dont les mémoires ont été publiés l’an dernier (1). Le jeudi 17 avril 1794, les soldats de Stofflet mirent la main sur un bien curieux trophée après un combat à Coron : un énorme balai que les républicains avaient apporté de Saumur !

Stofflet 1Portrait de Jean-Nicolas Stofflet à Maulévrier
  

L’anecdote est connue depuis fort longtemps, puisqu’on la trouve dans le livre du comte de Quatrebarbes, maintes fois réédité : Une paroisse vendéenne sous la Terreur (2). Elle fut reprise par Edmond Stofflet dans la biographie qu’il fit du général de l’armée d’Anjou, Stofflet et la Vendée (publiée en 1875, rééditée par Pays et Terroirs en 1994) :

Le 17 avril [1794], Stofflet prit sa revanche dans un combat acharné, dont la prise de Coron et la dispersion des Bleus furent le prix. Un incident burlesque égaya la victoire. « L’ennemi, raconte un soldat royaliste [Julien-Gabriel Vallée], avait imaginé de faire venir de Saumur un immense balai de douze à quinze pieds de tour. Il avait été conduit processionnellement dans les villes voisines. Son manche, fait d’un pied de chêne, était entouré de rubans tricolores. Il était hissé debout sur une charrette neuve, qu’il remplissait en entier ; et sur une large banderole, on lisait en gros caractères : Balai pour balayer la Vendée. En voyant après le combat ce singulier trophée, de grandes risées éclatèrent de tous les rangs. Traîné sur la grande place, en face du cimetière, lorsque chacun de nous l’eut examiné à l’aise, il fut brûlé, avec la charrette qui l’avait apporté. Ce combat fut nommé par Stofflet la bataille du balai. »
  


(1) « Et vive le Roy quand même ! Mémoires inédits d’un soldat vendéen de 1793 à 1815
Mémoires de Julien-Gabriel Vallée (1774-1857) présentés par Jean-Luc Neau
Auto-édition, 2015, 312 pages, 25 €
(2) Une partie des mémoires de J.-G. Vallée a été publiée dans la chapitre VIII.