La revue d’histoire contemporaine en Bretagne « En Envor » a publié cet été son n°8, entièrement consacré à un long article de Solenn Mabo : « Cacher les prêtres réfractaires sous la Révolution : un engagement prioritairement féminin ? » Cette étude universitaire est consultable sur internet.

Une messe en merUne messe en mer, huile sur toile de Louis Duveau (1864), Musée des Beaux-Arts de Rennes (R.M.N.) – Pendant la Révolution, la mer devient le seul endroit, avec la forêt, où les prêtres réfractaires peuvent dire la messe.


La mémoire des événements révolutionnaires en Bretagne accorde une place non négligeable aux femmes, nombreuses, qui se sont engagées pour défendre la religion face aux projets révolutionnaires de laïcisation de la société. Qu’elles soient qualifiées de martyres ou de fanatiques, ces femmes sont présentées comme les premières à se mobiliser pour protéger les rites de la communauté. L’image de femmes qui seraient par nature dévotes et contre-révolutionnaires est particulièrement prégnante, élaborée par les acteurs de la Révolution, entretenue et transmise par les mémorialistes et les historiens du siècle suivant. Sous la Révolution, les administrateurs ne cessent de dénoncer le fanatisme des femmes, l’expliquant par leur faiblesse naturelle et leur ignorance, qui les porteraient plus que les hommes à la crédulité. En 1792, un officier municipal de la commune de Plouhinec expose ainsi que « les prêtres réfractaires ne cessent d’agiter les âmes faibles. Le sexe dévot est celui auquel ils s’attachent plus volontiers ». Cette inclination féminine pour la religion, dénoncée par les patriotes, est à l’inverse louée par les auteurs royalistes qui présentent les femmes engagées pour la défense de leur foi comme des héroïnes et des martyres. « Oh combien le sexe jugé si faible n’a-t-il pas déployé d’héroïsme dans cette terrible Révolution ! Que de pères, d’époux, d’amis ont dû la vie au courage des femmes », s’exclame ainsi dans ses mémoires le chef chouan Michel Gourlet. Plusieurs lieux de cultes populaires signalent toujours, dans l’Ouest, l’engagement de jeunes filles et de femmes pour protéger les prêtres proscrits, comme ce Chêne à la Vierge, dans la région de La Guerche-de-Bretagne, un arbre couvert d’ex-voto en mémoire d’une jeune femme tuée par les soldats bleus pour avoir, selon la tradition, refusé d’avouer la retraite d’un prêtre réfractaire…

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Lien vers le site d’En Envor, la revue d’histoire contemporaine en Bretagne