Les Archives nationales ont commencé ce mois-ci à mettre en ligne les dossiers des personnes qui fuirent les tourments de la Révolution. Leurs biens furent saisis, parfois vendus « nationalement ». À leur retour, ces proscrits firent des démarches pour que leurs noms soit radiés de la liste des « émigrés ». Ces dossiers qui foisonnent d’éléments biographiques peuvent déjà être consultés pour 10 départements. 

Archives nationales 
Environ 150.000 personnes auraient émigré de France pendant la Révolution : nobles, prêtres et roturiers dont les noms furent consignés dans les listes des émigrés. Après la Terreur, la législation autorisa le retour sur le territoire de ces personnes à la condition d’obtenir leur radiation de ces listes.


Chaque affaire fait l’objet d’un dossier de demande de radiation des listes et de mainlevée de séquestre sur les biens formulée auprès des administrations en charge des émigrés. L’ensemble de cette production est conservé aux Archives nationales au sein de la série F/7 « Police générale ».

Corpus d’une grande richesse pour la recherche généalogique, la connaissance des biens nationaux et plus largement pour l’étude du phénomène d’émigration sous la Révolution et l’Empire, ce fonds fait l’objet d’un retraitement dont l’objectif final est la mise à disposition sur internet d’un inventaire recensant tous les dossiers et donnant accès aux images numérisées associées.


Les premiers résultats de cette opération sont accessibles depuis octobre 2016 par la mise en ligne des données concernant les dossiers de dix départements (les dossiers de la Seine et de la Charente en intégralité, de l’Aude, de l’Aveyron, de la Charente-Inférieure, de la Loire, de la Loire-Inférieure et de l’Oise en intégralité pour les descriptions, mais partiellement pour les images). La recherche n’est pas toujours aisée, car elle couvre tous les inventaires en ligne.