Le Courrier de l’Ouest a relancé le débat sur le lieu de sépulture destiné aux victimes des massacres du Mans (12-13 décembre 1793), en proposant cette fois l’église du Sacré-Cœur de Cholet. 

Depuis les premières annonces d’un mémorial de la bataille du Mans aux Herbiers (Vendée), publiées depuis janvier 2016, Le Courrier de l’Ouest tient régulièrement ses lecteurs informés sur le devenir des ossements exhumés aux Jacobins en 2009. Arguant que les expertises auraient été annulées, un particulier propose un nouveau lieu susceptible de recueillir les restes des victimes des tragiques journées des 12 et 13 décembre 1793 : l’église du Sacré-Cœur de Cholet.

Construite de 1937 à 1941 sur les plans de Maurice Laurentin, cette église surprend par l’originalité de son architecture néobyzantine et son décor chargé de symboles. Protégée par un immense dôme, la nef occupe tout l’espace, sans piliers, ni bas-côtés, laissant entrer toute la lumière pour mettre en valeur les verrières et les superbes mosaïques. L’édifice fragilisé par le temps fait l’objet d’un grand chantier de restauration et de consolidation de sa structure en béton depuis le printemps 2016. Les travaux devraient prendre fin à l’automne 2018. D’ici là, espérons qu’une solution aura été trouvée pour accueillir les ossements du Mans…

En attendant, ceux qui souhaitent honorer la mémoires des victimes de ces massacres de 1793 seront présents au Mans le 11 décembre 2016, laissant les autres se quereller sur leurs os.
  


Lien vers tous les articles sur les ossements du Mans


Article du Courrier de l’Ouest, édition de Cholet, jeudi 1er décembre 2016

CO_01122016_CHOLET_1  
Le feuilleton des ossements des guerres de Vendée n’en finit pas de rebondir. Deux nouveaux épisodes viennent s’ajouter à ce dossier ouvert depuis 2009. État des lieux.


Qui sont ces squelettes ?


Au nombre de 154, ils ont été mis au jour au printemps 2009 lors de travaux en centre-ville du Mans (Sarthe). Il s’agit de victimes de la bataille du Mans qui opposa, les 12 et 13 décembre 1793, les Vendéens insurgés en déroute aux troupes républicaines. Les experts archéologues ont dénombré 134 adultes (dont 67 % d’hommes) et 20 enfants (8 de moins de 14 ans et 12 de 15 à 19 ans). Selon les historiens, la majorité d’entre eux habitaient les Mauges qui ont fourni le gros des troupes lors de cette fameuse Virée de Galerne.


Les expertises annulées


Les travaux de recherche de l’Institut de recherches archéologiques préventives (Inrap) sur ces squelettes terminés, l’heure est venue de leur trouver un lieu de sépulture. Jean-Claude Boulard (Parti socialiste), maire du Mans ; Yves Auvinet (divers droite), président du Conseil départemental de Vendée, et Bruno Retailleau (Les Républicains), président de la Région Pays de la Loire, ont désigné d’autorité deux experts pour cette mission : l’anthropologue de l’Inrap Élodie Cabot et l’historien Alain Gérard. En avril 2016, ce dernier a rendu son rapport et préconisé Saint-Florent-le-Vieil, lieu de départ de la Virée de Galerne, pour accueillir l’ossuaire. Élodie Cabot, elle, n’a jamais remis ses conclusions. Et pour cause : les expertises ont été annulées. « Si demande d’expertise il doit y avoir, elle ne peut émaner que de l’État, et non de tiers, en l’occurrence des élus », confie une source proche du dossier. Rappelons que les squelettes appartiennent à l’État, seul décideur du lieu de sépulture.


Le Sacré-Cœur entre en scène


Deux principaux sites étaient en concurrence pour accueillir les ossements : l’église abbatiale de Saint-Florent-le-Vieil, donc, sur proposition de l’ancien maire Hervé de Charette, et la chapelle du mont des Alouettes aux Herbiers (Vendée). L’été dernier, un particulier visiblement féru d’histoire a fait parvenir à l’évêque d’Angers une requête demandant que l’ossuaire soit créé dans l’église du Sacré-Cœur à Cholet (1). À l’évêché, on confirme avoir reçu la demande mais aucune décision n’est prise. « Nous n’en sommes qu’à l’heure des échanges et des consultations. Et s’il y a une décision à prendre, elle se fera en concertation avec la Direction régionale des affaires culturelles. Aucun calendrier n’a été fixé », indique le porte-parole de Mgr Delmas. Autrement dit, les ossements ne sont pas près de quitter les caisses de l’Inrap à Nantes.

Gabriel Boussonnière