Pendant les premiers mois de la Révolution, l’Assemblée Constituante réorganisa le clergé séculier et fit obligation aux religieux de prêter serment de fidélité à la Constitution civile du clergé. Ceux qui s’y opposèrent furent dits « réfractaires » ou « insermentés ». Ils furent bannis par le décret du 27 mai 1792 et en conséquence contraints à la clandestinité ou à l’exil. Leurs biens furent mis sous séquestre, voire vendus. Ceux qui s’avisaient de revenir étaient punis de mort.

Histoire-Genealogie« je ne renonce nullement à mon titre et à ma qualité de Pasteur de cette Église… »
  

Deux frères, François et Antoine Rojat, nés à Saint-Marcellin en Dauphiné, étaient prêtres et aucun des deux ne prêta serment.

François était chanoine prébendier de l’église Saint-Maurice de Vienne. Le 27 novembre 1790, les révolutionnaires pénétrèrent dans l’église, détruisirent les objets du culte, chassèrent les prêtres et scellèrent les portes du sceau de la ville. François dû s’enfuir et gagna l’Italie avec son frère Antoine. Arrivés en Piémont, les fugitifs se séparèrent et François passa en Suisse.

Quelques années plus tard, le Concordat remit en cause la Constitution civile du clergé. Les prêtres exilés regagnèrent la France et signèrent des actes de soumission, acceptant la nouvelle organisation de l’Église. François promit fidélité à la Constitution le 29 brumaire an IX (20 novembre 1800) et fut rayé de la liste des émigrés le 31 janvier 1802. Il mourut quatre ans plus tard à Saint-Marcellin.

Antoine était le curé de Roybon. Au début de l’année 1791, lors d’un prêche dominical, il se prononça vigoureusement contre la Constitution civile du clergé. La Garde nationale le fit mettre aux arrêts et le conseil du village le fit remplacer. Quelques fidèles alarmés vinrent en hâte le supplier de prendre la fuite. Le 11 avril 1791, il eut le temps de rédiger quelques mots de protestation dans le registre paroissial…

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