La cérémonie annuelle du Souvenir Vendéen en hommage aux victimes des Colonnes infernales à La Gaubretière aura lieu le lundi 27 février 2017, date anniversaire du Grand Massacre du 27 février 1794. 

La_Gaubretiere_2017  
En voici le programme :

  • 17h15 : Rassemblement en mémoire de Mlle Marot et des cinq religieuses ursulines de Luçon décapitées sur les ruines de l’ancienne croix de mission, le 10 mars 1795 (à l’angle de la rue Jacques Forestier et de la rue de la Pierre Levée)
  • 18h00 : Conférence de Jean-Yves Bouchaud sur son livre Mémoires de guerre d’un paysan vendéen, au n°12 de la rue Jacques Forestier.
  • Un verre de l’amitié sera servi à la fin de la conférence

Manifestation organisée par le Souvenir Vendéen, avec le concours de l’association La Gaubretière Terre d’Histoire
  


Extrait des Mémoires de Pierre Rangeard, de La Gaubretière :

Le Grand Massacre du 27 février 1794

Le 27 février 1794, une colonne infernale commandée par l’ex-boucher Huché, devenu général de par la volonté de la république une et indivisible, envahit, à la tête d’une immense colonne d’égorgeurs, le territoire de La Gaubretière, n’ayant pour mot d’ordre que la mort et l’incendie. Le fer n’épargna rien de ce qu’il put atteindre, et le feu consuma tout.

Plus de 500 personnes furent tuées, parmi les plus marquants : Mme Le Bault de la Touche, c’était un ange de piété ; on lui trancha la tête ; son corps fut lancé au milieu des flammes avec ceux de ses quatre domestiques qui ne voulurent pas l’abandonner. M. Morinière et sa femme, leurs domestiques et une de mes tantes, sur leur refus constant de crier : « Vive la république ! » eurent la langue arrachée avant de recevoir le coup de la mort. Quatre frères de Rangot et le frère cadet du Marquis de Boisy périrent le même jour.

Ma plume se refuse à décrire les supplices endurés par M. et Mme de la Boucherie, sa sœur, Mlle de la Blouère, et par deux pauvres vendéens pris dans le jardin de M. Forestier.

Ces 500 femmes, enfants et vieillards furent traînés au bois du Drillais par la colonne infernale de Huché et impitoyablement massacrés. C’était de pauvres gens de La Gaubretière et des paroisses environnantes, La Verrie, Saint-Martin, Mortagne, Les Landes(-Génusson), Saint-Aubin(-des-Ormeaux), Tiffauges, Beaurepaire.

Dans un article émouvant sur le grand massacre de La Gaubretière, l’abbé Pontdevie cite les vers suivants du grand poète anglais Shakespeare : « Où est Dick, le boucher d’Ashfort ? Tu les as égorgés comme des moutons et des bœufs, comme un troupeau sans défense ; tu t’es conduit comme si tu avais été dans un abattoir. » Le boucher républicain Huché a dépassé en cruauté le boucher anglais d’Ashfort…

Il était dit cependant que La Gaubretière n’aurait ni paix ni trêve.

La GaubretiereL'obélisque du Drillais, sur la route de Bazoges-en-Paillers,
commémore le Grand Massacre du 27 février 1794

   

Le massacre du 10 mars 1795

Treize mois après cette affreuse hécatombe, le 10 mars 1795, cinq religieuses Augustines qui tenaient avec Mlle Marot, une petite Providence non loin de La Gaubretière pour le soulagement des malades, ayant quitté leur retraite, entraient dans le bourg. Aperçues par une colonne si justement appelée infernale, elles ne purent s’enfuir. Arrêtées au pied de la Croix de mission, elles avouent qu’elles sont religieuses.

Criez : « Vive la république ! », et à bas « Le Bon Dieu ! » – « Plutôt mourir mille fois ! » s’écrient-elles toutes ensemble. Tombant à genoux et embrassant les débris de la croix mutilée, elles entament le cantique « Vive Jésus, Vive sa croix ». D’une voix forte et assurée, et quand les têtes des martyres tombèrent sous le tranchant des sabres, les lèvres murmuraient encore les paroles du saint cantique.