Michel Vrignaud a fait partie de l’équipe qui plongea dans la baie de Bourgneuf à la recherche de la Nymphe, cette frégate républicaine coulée par les Vendéens lors de la bataille de Noirmoutier en janvier 1794. Ce passionné d’histoire et d’archéologie sous-marine est venu présenter ses recherches à La Ferrière, le 24 février dernier. 

Michel VrignaudLa Nymphe reconstituée et racontée par Michel Vrignaud
   

Dans les premiers jours de 1794, la frégate à la tête d’une petite armada républicaine chargée de reprendre l’île de Noirmoutier aux Vendéens, atteinte par une batterie côtière, s’échoue. Dépecée en partie, puis longtemps oubliée, elle fut localisée dans son linceul de sable en 2014. Michel Vrignaud a plongé avec les découvreurs.

Le sarcophage de la Nymphe

En juin 2014, deux plongeurs passionnés localisent un tumulus de cailloux et de sable dont la forme pourrait être celle d’une coque : 47 m de long et de 5 à 10 m de large. En août, Michel Vrignaud de l’Association vendéenne de Vidéo et d’archéologie sous-marine (A.V.V.A.S.) plonge avec les découvreurs. Il reste cinquante minutes, à filmer et brasser les premières hypothèses sur l’histoire de l’épave. Un moment inoubliable pour cet érudit de l’épopée vendéenne.

Plus de deux siècles sous la mer

Touchée au grand hunier et percée à plusieurs reprises par les boulets vendéens, la frégate aux vingt-six canons se brise doucement devant le Bois de la Chaise. La première nuit se passe à sauver l’équipage et sortir la poudre. L’île est reprise, les Vendéens capitulent contre parole de vie sauve, on connaît la fin tragique des insurgés, exécutés par lots au sortir de l’église.

Des années plus tard, l’épave est vendue à un charpentier qui prélève agrès et espars. Puis la coque se meurt inexorablement, remuée par les marées et les chalutages, jusqu’à creuser une souille qui l’immobilisera, et la sauvera. Tout est dedans, pense Michel Vrignaud, pour qui il est urgent de ne rien toucher.

Vidéo conférence « La Nymphe sous la mer »

Des photos et des images, le plongeur en a beaucoup. Il a surtout la tête pleine de ses recherches à Paris, à Rochefort et ailleurs, quand les archives retracent les conditions de la bataille. Son œil s’est auparavant exercé sur des dizaines d’épaves en baie des Sables ou de Bourgneuf. Il apporte un éclairage inédit venu d’un monde rarement exploré par les historiens.

Source : Ouest-France, vendredi 24 février 2017

 


Notons enfin que Michel Vrignaud participa aux plongées dans la Loire, au cours de l’été 2003, à la recherche des canons – en particulier de la « Marie-Jeanne » – jetés dans le fleuve devant Saint-Florent-le-Vieil le jour du passage des Vendéens, le 18 octobre 1793. Lire à ce sujet : Jehan de Dreuzy, La campagne estivale 2003 de recherche des canons de Saint-Florent-le-Vieil, Revue du Souvenir Vendéen, n° 224 (septembre 2003), pp. 38-40.