Une amie boisméenne et paillatiste (qualificatifs peu communs) nous informe aujourd'hui de la publication, dans le Courrier de l'Ouest des Deux-Sèvres, d'un intéressant article touchant à la généalogie et à l'histoire d'une famille au temps des Guerres de Vendée : les Bodin de Boismé. Qui pourra contribuer à retrouver l'épée d'honneur de l'ancêtre qui fut capitaine de la paroisse ?
 

CO_79_Louis_Bodin_1En s’intéressant à ses ancêtres, Jean-Pierre Mortaud a découvert des parcours insoupçonnés. Il lance un appel afin de retrouver l’épée d’honneur remise à Louis Bodin, capitaine de paroisse à Boismé.

La numérisation des registres paroissiaux, mis en ligne par les Archives départementales de Niort, a ouvert de nouvelles possibilités en matière de recherches généalogiques. Jean-Pierre Mortaud, colonel de gendarmerie à la retraite originaire du Bocage, a saisi l’opportunité. « Pour les amoureux d’histoire, c’est l’opportunité de découvrir pour certains de nos ancêtres des destins étonnants, dont le souvenir s’était totalement perdu. »

Voilà comment, « mes cousins et moi, en explorant la lignée de chacun de nos grands-parents, avons trouvé et mis en forme pour nos petits-enfants une multitude d’informations absolument ignorées dans nos familles ».

Une récompense reçue à la Restauration

Remonter ainsi le fil du temps a livré des éléments connus, mais a également réservé son lot de surprises. « Nous avons eu confirmation que ces ancêtres avaient été laboureurs dans le Bocage ou meuniers en Gâtine, pour la plupart », explique Jean-Pierre Mortaud. « Mais nous ne soupçonnions pas que, pris dans les querelles religieuses vers 1700 puis dans les événements des Guerres de Vendée à la fin du XVIIIe siècle, ils avaient connu tant de tribulations. »

La branche des Bodin, de Boismé, est à l’origine de l’appel lancé par Jean-Pierre Mortaud. « Deux frères. Louis et Antoine, ont pris les armes à la Révolution, pour "Dieu et le Roy". Ils habitaient à la Gueffrie où cette famille résidait déjà en 1734, exploitant les terres des La Rochejaquelein. » Antoine Bodin (1766-1850), en 1793, fut lieutenant dans le bataillon de Bressuire de la Grande armée catholique et royale. « Il fut blessé au combat, pensionné sous la Restauration et reprit les armes en 1815. Âgé, une très jeune femme du château de Clisson fit de lui un portrait resté dans la famille (lire ci-dessous). Les traits sont si fidèles que notre cousin Pierre Bodin, qui le détient, a reconnu lors d’une cérémonie récente un parent éloigné, à la seule ressemblance avec la toile. » L’auteur de cette œuvre était Louise de La Rochejaquelein, décédée à Paris en 1832, à l’âge de 28 ans [éléments corrigés d'après le texte d'Amblard de Guerry en introduction de L'Album vendéen de Louise de La Rochejaquelein, publié en 1992].

Louis Bodin, aîné de deux ans d’Antoine, fut quant à lui capitaine de paroisse à Boismé, à la même époque. « Il reçut en récompense, à la Restauration. une épée d’honneur. » Une distinction rare. Cette histoire, Jean-Pierre Mortaud la raconte afin que « les nombreux descendants de ces deux frères Bodin de la Gueffrie disséminés dans le Bocage et dans les alentours veuillent bien regarder dans leurs greniers… L’épée de Louis Bodin s’y trouve peut-être encore, à moins qu’elle ne soit pieusement conservée dans une armoire ou au contraire exposée dans le séjour d’une maison. On ne peut exclure qu’elle ait été enlevée à la famille lors des perquisitions vexatoires des années 1830. » La retrouver et pouvoir l’avoir en main constituerait, pour Jean-Pierre Mortaud, un formidable aboutissement.

Les personnes susceptibles de livrer des informations peuvent le contacter au 05 49 65 00 27 ou à l’adresse bressuire@courrier-ouest.com

Article de Fabien Gouault pour Le Courrier de l'Ouest,
édition des Deux-Sèvres, mardi 4 avril 2017
  

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Échafaud niortais, bagne et noyade

Étonnantes, voire tragiques, les histoires recueillies par Jean-Pierre Mortaud sur ses aïeux l’ont passionné. Il livre quelques éléments captés, au gré de ses recherches.

Jean-Pierre Mortaud a ainsi retrouvé la trace d’une « vieille tante Guérineau du Breuil-Bernard Pugny, sortie de Vernoux-en-Gâtine, qui émigra au Canada en 1740 pour avoir la paix et une meilleure vie sans doute… »

« Au printemps 1793, un aïeul Fouchereau abandonna Chiché avec sa famille pendant sept ans pour se réfugier successivement à Nueil-les-Aubiers, Terves et Sanzay, alors que son demi-frère montait sur l’échafaud à Niort en 1794 et que son beau-père décédait dans les prisons de la ville. »

À la génération suivante, et dans la même lignée, Jean-Pierre Mortaud évoque cet ascendant qui avait « fait sept années de service militaire, entra dans "la bande à Diot" de Boisnié pour ne pas servir Louis-Philippe, y fit cinq années, fut condamné à mort par contumace puis arrêté sur trahison et envoyé au bagne en 1835. » Son frère cadet s’engagea « pour racheter sa conduite et fut successivement cavalier, gardien de la Marine et garde champêtre à Rochefort-sur-Mer, où il se noya dans le port en 1873. »