Les bombardements de 1944 n’ont pas épargné l’église Saint-Laud d’Angers. Ses vitraux en ont terriblement souffert, comme celui de Foulques V, brisé en cinq mille morceaux, patiemment restauré et replacé en 2008. Heureusement pour nous, deux scènes illustrant des épisodes de la Révolution à Angers ont échappé aux destructions. 

Saint-Laud 1Illustr. 1 : Les paroissiens de Saint-Laud sauvent la statue de Notre-Dame du Salve 
   

L’église Saint-Laud d’Angers témoigne d’une longue histoire tourmentée, depuis les invasions normandes – elle fut fondée pour protéger les reliques de saint Lô (ou Laud), évêque de Coutances, menacées au IXe siècle par les envahisseurs normands – jusqu’aux bombardements de mai 1944 qui l’endommagèrent gravement. La Révolution et ses menées anticatholiques y ont également laissé leur empreinte dans deux vitraux sauvés des destructions de la Seconde Guerre mondiale. 

Ces scènes s’inscrivent dans deux verrières, sur le côté nord de la nef, près de l’entrée. La première raconte – dans le désordre, car les vitraux n’ont pas été remontés dans le bon sens après guerre – l’histoire de la Vraie Croix de Saint-Laud, rapportée de Jérusalem par Foulques V, comte d’Anjou. On distingue au sommet (illustr. 2 ci-dessous) l’épisode pendant lequel l’orfèvre Vigier évalue les trésors de l’église pour les révolutionnaires. Il reconnaît la Vraie Croix et la cache dans sa main derrière son dos. Il restituera la relique au clergé de Saint-Laud après la Révolution. 

Saint-Laud 2Illustr. 2 : L'orfèvre Vigier sauve les reliques de la Vraie Croix de Saint-Laud 
   

Dans la chapelle voisine, les vitraux illustrent l’histoire de Notre-Dame du Salve, dont la statue de marbre blanc trône sur l’autel. Elle fut offerte par la famille royale aux chanoines de Saint-Laud sous le règne de Philippe le Bel. Vénérée par les Angevins, elle fut protégée par des paroissiens qui la mirent à l’abri du vandalisme révolutionnaire, comme on le voit dans l’un des vitraux (illustr. 1 ci-dessus), et la cachèrent au Grand-Douzillé, un manoir au sud d'Angers, détruit dans les années 50. 

L’église Saint-Laud conserve d’autre part le souvenir d’un de ses curés, et non des moindres : l’abbé Étienne Alexandre Bernier. Le nom de ce prêtre insermenté est resté célèbre dans l’histoire d’Angers sous la Révolution. On se souvient des désagréments qu’il fit subir à son successeur « jureur », François-Yves Besnard, dans les Mémoires de ce dernier, et surtout de son rôle au sein de l’armée de Stofflet. Le Souvenir Vendéen a apposé en avril 2013 une grande plaque, avec son portrait, dans le transept sud de l’église. L’association a également publié un fascicule sur la vie de ce personnage incontournable dans les Guerres de Vendée. 

Souvenir VendeenLa plaque en mémoire de l'abbé Bernier