Au sortir de la chapelle Notre-Dame-de-Toute-Patience, nous redescendons vers les berges de la Moine. Nous y croiserons des faux sauniers, avant de pousser jusqu’au logis de la Renolière qui appartint à « l’un des esprits les plus remarquables » de l’insurrection vendéenne.

035Le logis de la Renolière
     

Pour terminer cette promenade entamée ici, nous revenons vers la rivière dont les abords ont été aménagés en espace de loisirs. Autrefois polluée et peu fréquentée, la Moine a retrouvé un cadre bucolique propice à la randonnée, dont les chemins peuvent vous emmener sur plusieurs kilomètres en aval. 

026La chaussée en amont du moulin de la Cour

027Un paradis pour les canards…

038… et les poules d'eau

041La Moine près de la grotte des faux sauniers
      

Autour du moulin de la Cour

Des panneaux signalent çà et là des sites naturels et historiques, comme la grotte des faux sauniers taillée dans le rocher sur la rive gauche. La rivière marquait jadis la frontière de la « gabelle ». Cet impôt sur le sel frappait lourdement les habitants de la rive droite en pays de « grande gabelle », alors que ceux de la rive gauche en payaient un tarif bien moindre. Une telle injustice fiscale fit naître un trafic du sel très intense entre les régions productrices et exemptes d’impôts (Bretagne, Bas-Poitou) et celles, comme l’Anjou, soumises au prix le plus fort. Ce trafic fut durement réprimé par les « gabellous », ces douaniers du sel qui pourchassaient les « faux sauniers » en malmenant bien souvent la population locale. On comprend pourquoi les cahiers de doléances des paroisses des Mauges réclamaient à cor et à cri l’abolition de la gabelle. 

039Un panneau localise la grotte des faux sauniers sur la rive opposée 

040La grotte des faux sauniers, sur la rive gauche de la Moine

028Le moulin de la Cour

029La maison où eut lieu l'entrevue familiale des Beauvau en 1799
   

Non loin de là, le moulin de la Cour doit son nom à l’ancien château de La Séguinière, ruiné par les guerres de religion. C’est dans une maison voisine, en juillet 1799, qu’eut lieu une entrevue dramatique concernant le dernier héritier de la famille de Beauvau. Farouche partisan de la République, le dernier marquis de Beauvau avait été tué à Cholet le 14 mars 1793, quand les insurgés s’étaient emparés de la ville. Sa veuve résidait au château de la Treille lorsqu’elle apprit quelques années plus tard l’existence d’un jeune homme, Charles Eugène, que les paysans et gentilshommes reconnaissaient comme le fils du marquis. Madame de Beauvau, ardente républicaine, accueillit froidement ce fils qui s’était distingué dans les rangs royalistes. Elle refusa de le reconnaître s’il ne passait pas dans le camp des Bleus. Charles Eugène poursuivit son combat pour le Roi dans la guerre de 1815, puis dans une procédure judiciaire pour se faire reconnaître comme le dernier marquis de Beauvau, ce qu’il ne put jamais obtenir. 

031Une image des bords de Moine… 

032… pour donner envie de suivre ce chemin de randonnée

033Quelques panneaux pédagogiques livrent des explications
sur les sites naturels ou historiques
   

Le logis de la Renolière

Quittons les bords de Moine pour remonter le coteau en ligne droite par le passage (abrupt) des Écureuils. Au sommet, nous traversons un lotissement pour rejoindre l’avenue de Rome où le panneau de la Renolière nous guide vers un chemin en impasse. Sur la gauche, nous découvrons la « croix des lapins ». Elle fut érigée naguère au milieu de la garenne de la Renolière, en souvenir d’un accident de chasse, d’où son nom. Quand le terrain fut transformé en lotissement, dans les années 1970, son propriétaire, M. d’Aviau de Ternay, la fit déplacer dans l’avenue du logis qu’on découvre au bout du chemin (propriété privée).

034La croix des lapins dans l'avenue de la Renolière
  

Sans retracer la longue histoire de la demeure, signalons qu’elle appartint à Jacques Louis Bourasseau, seigneur de La Renolière, avocat au Parlement de Paris, sénéchal de Cholet et de Mortagne, dont le fils Jacques Joseph Marie fut l’un des membres éminents du Conseil supérieur de Châtillon-sur-Sèvre (actuel Mauléon), en charge de l’administration des territoires libérés par l’armée vendéenne. Dans ses Mémoires, Boutillier de Saint-André dira de lui qu’il fut « l’un des esprits les plus remarquables de l’insurrection » (p. 325).

Le logis de la Renolière a conservé l’essentiel de son aspect originel du milieu du XVIIIe siècle, avec ses toitures plates à la romaine et ses deux ailes. On remarquera celle de gauche avec sa surprenante galerie couverte supportée par douze colonnes de granit. On raconte qu’en 1794, lors du passage des Colonnes infernales à La Séguinière, le bâtiment fut sauvé par les fermiers du domaine qui allumèrent de grands feux de fagots au devant pour en simuler l’incendie.

037Le logis de la Renolière

036La galerie aux piliers
   

La randonnée s’achève par un retour à l’église et par un dernier arrêt à la « maison de sel », une ancienne bâtisse du XVIe siècle dont l’activité et le nom étaient liés au commerce évoqué plus haut. Elle témoigne que La Séguinière possède un patrimoine historique qui vaut vraiment le détour ! 

043La « maison de sel » (XVIe siècle) à côté de l'église

080Dernière vue sur l'église de La Séguinière
      

Sur les pas du Père de Montfort à La Séguinière : 
1. L'église
2. Du vieux pont à la fontaine des morts
3. La chapelle Notre-Dame-de-Toute-Patience
4. Des faux sauniers aux Guerres de Vendée
   

La Seguiniere