Pour leur cinquième sortie de l’année 2017 – sans compter deux veillées – les Amis du Pont-Paillat ont arpenté les chemins de la bataille de Torfou, afin de revivre heure par heure toutes les phases des combats sur l’étendue de quatre paroisses. 

TorfouPhoto de groupe à la Colonne de Torfou (photo Guy Jacob)
   

On se souviendra longtemps de cette visite menée de main de maître par Bruno Griffon de Pleineville. Ce passionné d’histoire des Guerres de Vendée a consacré nombre de ses recherches à cette formidable victoire remportée sur l’avant-garde des Mayençais à Torfou, le jeudi 19 septembre 1793. Il a d’ailleurs publié un article à ce sujet dans la revue Traditions, Guerriers et Militaires de l’Époque moderne (1).

De Clisson à Torfou

Le programme qu’il a concocté pour cette promenade historique a suivi étape par étape le mouvement des troupes en présence. Partant du château de Clisson, les participants ont suivi l’itinéraire emprunté par Kléber et son état-major au matin du 19 septembre 1793, pour marquer un arrêt sur le coteau de Toutes-Joies, à Gétigné, où l’armée de Mayence bivouaqua. Un hommage a été rendu à Jeanne Favreau, qui consacra sa vie à la reconstruction de la chapelle détruite par les Colonnes infernales en 1794, comme le rappelle la plaque du Souvenir Vendéen posée sur la façade.

À Boussay, Bruno a conduit le groupe au quartier général du général Kléber, à la croix de la Morinière qui fut témoin d’un combat le 19 septembre 1793 mais aussi du passage des Colonnes infernales en 1794, et sur d’autres lieux mis en valeur par l’association des Amis de Boussay à travers les âges.

Après un pique-nique derrière l’église de Torfou, le programme de l’après-midi était consacré à la grande bataille elle-même. Nous avons été rejoints par trois personnalités de l’association Connaissance de Torfou, Gaby Fonteneau, Jean-Pierre Brochard et Pascal Le Pourhiet, ce qui a permis à Bruno de confronter sa version des faits, établie d’après ses recherches en archives et sur le terrain, avec ceux qui en perpétuent le souvenir localement. 

Torfou 1La chapelle Notre-Dame de Toutes Joies et la plaque du Souvenir Vendéen

Torfou 2La croix de la Morinière sur le chemin des morts à Boussay
(photo Nadine Raffin)

Torfou 10La plaque sur la croix de la Morinière
   

Sur le champ de bataille de Torfou

De la chapelle Notre-Dame de Lourdes, qui abrite le martyrologe de Torfou, nous avons descendu la rue Saint-Sauveur – l’ancien chemin qui traversait le bourg avant la création de la rue Nationale – en direction du pont du Bon-Débit. Nos spécialistes ont décrit l’approche de l’avant-garde des Mayençais, les hypothèses quant à la position de leur artillerie, et leur entrée dans le bourg.

Plus au sud, dans le chemin de la Barre, Bruno nous a décrit la ligne de front, localisé la position de Boüin de Marigny à droite des lignes républicaines et Merlin de Thionville à gauche, expliqué les mouvements des armées et les ordres de Kléber pour contenir les assauts des Vendéens.

Encore plus bas, vers la Vallée, nous avons suivi le chemin des dames (ou des femmes), par où les Vendéennes rassemblées à l’arrière relancèrent au combat leurs hommes qui se débandaient. Cet épisode majeur de la bataille de Torfou, maintes fois raconté par les historiens, sera rejoué dimanche prochain lors de deux représentations. 

Nous avons ensuite pris la direction de la Foire, ancien carrefour sur la grand-route de Clisson à Mortagne, pour revenir vers le bourg. À la croix de la Gautronnière, nous avons emprunté à pied le chemin de La Tellandière pour observer le champ de bataille depuis la position de l’aile gauche républicaine, sous les ordres de Merlin de Thionville. 

Torfou 4Traversée du ruisseau du Bon-Débit, frontière historique entre Anjou et Bretagne

Torfou 5Débat de spécialistes entre Jean-Pierre Brochard, Gaby Fonteneau et Bruno Griffon de Pleinville, sur l'artillerie républicaine en avant de Torfou 

Torfou 6Un Vendéen monte la garde dans la rue Saint-Sauveur,
théâtre d'un premier affrontement entre Blancs et Bleus

Torfou 7À la croix de la Barre, Bruno décrit la ligne de front. 

Torfou 8Vers le chemin des femmes, un beau panorama sur le château de Tiffauges
   

Du pont de Boussay à celui de Torfou

L’irruption de l’armée de Bonchamps sur ce flanc sonna la retraite pour les Bleus. Nous les avons suivis jusqu’à l’énigmatique pont de Boussay, qui n’a rien à voir avec l’ouvrage de pierre dont les grandes arches enjambent aujourd’hui la Sèvre, n’en déplaise aux historiens qui s’évertuent à placer à cet endroit le sacrifice de Chevardin. Ce pont se situe en réalité sur l’ancienne route traversant Boussay, peut-être pas à la Herse, mais plus loin, là où le chemin franchit un ruisseau. Il a fallu le regard aiguisé de Bruno pour en retrouver la maçonnerie sous la végétation.

Notre itinéraire s’est achevé sur un autre pont, celui de Gétigné, où une batterie républicaine de cinq canons brisa l’assaut des Vendéens. Pour ne pas rester sur cette note défavorable, nous avons achevé cette belle journée par un café-brioche servi à la Colonne de Torfou.

Un grand merci à Bruno Griffon de Pleineville pour nous avoir fait partager ses connaissances et sa passion pour cette victoire vendéenne de Torfou !

Torfou 12Arnaud, porte-drapeau des Amis du Pont-Paillat

Torfou 13Nadine, la célèbre Maraîchine normande

Torfou 14Explication de Bruno : mais que fait le nom de Royrand sur la Colonne de Torfou… ?

Torfou 15Sur le chemin suivi par les Bleus en retraite, un mystérieux pont… 

Torfou 17... serait le fameux pont de Boussay où périt Chevardin.

   

(1) Bruno Griffon de Pleineville, Torfou, une victoire vendéenne, publié dans Traditions, Guerriers et Militaires de l’Époque moderne, n°5, décembre 2015, 9,80 €. Compte rendu de Pierre Gréau dans la Revue du Souvenir Vendéen n°274 (printemps 2016), p. 71. 
   


Présent tout au long de cette journée, Richard Lueil a publié sur son blog Chemins Secrets plusieurs articles illustrés de nombreuses photos et vidéos :