Le Souvenir Vendéen organisait samedi dernier sa journée d’automne sur les pas de Charette, Fleuriot et Bonchamps, de part et d’autre de la Loire. Les participants ont pu y découvrir de nombreux sites historiques marqués par les Guerres de Vendée, mais aussi d’étonnantes reliques sorties pour cette occasion exceptionnelle. 

Souvenir VendeenM. Olivier du Boucheron raconte l'histoire de la Baronnière,
demeure du général vendéen Bonchamps

   

Cette belle journée d’automne a débuté à Couffé, paroisse natale du général Charette, dont le Souvenir Vendéen était déjà venu honorer la mémoire en 1963. Avec quelque retard en attendant les deux autocars affrétés pour les adhérents de Vendée et de Nantes, la messe a été célébrée en l’église Saint-Pierre par l’abbé Loïc Le Huen. Ce jeune prêtre d’Orvault avait revêtu une aube blanche frappée d’un Sacré-Cœur rouge en hommage aux Vendéens dont il a célébré, dans son homélie, le sacrifice pour la défense de la foi.

À l’issue de la cérémonie, Michel Chatry, président de l’association, a évoqué l’histoire de Charette à Couffé et notamment celle de la statue inaugurée face à l’église il y a vingt ans. Il s’agit d’une copie (une autre est visible au Logis de la Chabotterie) de l’œuvre originale du sculpteur Émile Gaucher. « Elle représente le général vendéen debout, au moment où, montrant son cœur, il dit aux soldats chargés de son exécution : Ajustez bien, c’est ici qu’il faut frapper un brave ! » peut-on lire sur le feuillet explicatif qui en fournit l’historique*.

La deuxième étape nous a conduits sur les bords de la Loire, à Oudon, où le Souvenir Vendéen avait consacré une journée en mémoire de Jacques Nicolas Fleuriot de La Freulière, dernier généralissime de la Grande Armée catholique et royale, le 15 mai 1983. Les deux plaques qui y avaient été posées ont été restaurées : la première au château d’Omblepied, demeure de Fleuriot, dont Jean-Pierre Rambaud a évoqué la vie et la carrière militaire ; la seconde au cimetière, sur la tombe (elle aussi restaurée) de ce chef vendéen devant laquelle nous nous sommes recueillis.

Souvenir Vendeen 1Au cimetière d'Oudon, recueillement sur la tombe de Fleuriot de La Freulière,
dernier généralissime de la Grande Armée catholique et royale
   

Héros et martyrs de Champtoceaux

Nous avons ensuite passé la Loire pour nous rendre à Champtoceaux. Devant l’église, une plaque d’ardoise commémore le martyre de la paroisse sous la Révolution. Nous avons écouté quelques mots prononcés par M. Joseph Charbonnier, président des Amis du Vieux Châteauceaux, qui en fut à l’origine, avant de pénétrer dans l’édifice pour découvrir, devant l’autel, les fameuses reliques de la cathédrale du Mans. Jean-Yves Bouchaud, diacre de la paroisse, a relaté la façon dont l’abbé Barbot, curé réfractaire de Champtoceaux, les sauva du vandalisme révolutionnaire en les emportant avec lui sur le chemin du retour de la Virée de Galerne.

La dernière étape de la matinée se trouvait à l’écart du bourg, au Vau-Brunet. Au creux d’une ravine, un puits porte une plaque du Souvenir Vendéen. Celle-ci rappelle que, le 17 mai 1794, trente habitants cachés dans une grotte voisine furent surpris par des soldats républicains qui mirent le feu devant à l’entrée du refuge. Seule une femme parvint à s’échapper du brasier avec son enfant dans les bras. C’est elle qui en a rapporté l’histoire. Il existe cependant un autre témoin, un ancien curé jureur de Champtoceaux qui serait venu se venger ce jour-là, comme le montre un document sorti des archives de La Ferté-Bernard (j’en ai fait l’exposé* dans le car, sur le chemin de Drain).

Souvenir Vendeen 2Jean-Yves Bouchaud présente les reliques de la cathédrale du Mans
sauvées par le curé de Champtoceaux en 1793

    

Le curé de Drain noyé en Loire en 1793

Après une pause déjeuner bien méritée au restaurant Beauregret de Drain, nous avons repris notre périple en faisant une halte, non loin de là, à la chapelle Sainte-Apolline. Ce vestige du chœur de l’ancienne église porte une plaque (superbement rénovée) à la mémoire de l’abbé Guillet de La Brosse*, curé de la paroisse sous la Révolution. Pierre Gréau a retracé les malheurs qui ont conduit ce prêtre vendéen à la mort, au cours des noyades de Nantes.

Nous avons eu l’honneur d’admirer à l’intérieur de la chapelle les reliques de ce martyr, pieusement conservées par Madame de Bodard, en particulier son calice. Une souscription est en cours pour restaurer cet édifice. Le Souvenir Vendéen souhaite y prendre part en réalisant un vitrail dédié à sainte Apolline. 

Souvenir Vendeen 3Le calice de l'abbé Guillet de La Brosse, curé de Drain noyé en Loire
   

La Baronnière et le souvenir de Bonchamps

Nous avons embarqué pour une dernière étape à la Baronnière, en La Chapelle-Saint-Florent. Devant la grille du château, Jehan de Dreuzy, ancien président du Souvenir Vendéen, a défendu la mémoire du général de Bonchamps* et du geste de grâce qui immortalisa son nom à Saint-Florent-le-Vieil.

À quelques pas de là, le belvédère de Courossé nous a offert un sublime panorama sur la vallée de l’Èvre. Joseph Courtais, président de l’association qui entretient ce site classé, a présenté son histoire, notamment la découverte d’ossements présumés de soldats républicains qui furent inhumés sur place, leur accès au cimetière leur ayant été refusé.

Après cela, nous avons franchi la grille de la Baronnière pour emprunter le long chemin qui mène, à travers l’immense parc, jusqu’au château néogothique rebâti à la fin du XIXe siècle, puis à la chapelle où Olivier du Boucheron, propriétaire des lieux, a relaté l’histoire de ce domaine où vécut Bonchamps*. La plaque d’ardoise qui commémore l’entrée en guerre de ce grand général vendéen a été entièrement restaurée, ses inscriptions rehaussées de blanc et d’un beau Sacré-Cœur rouge.

La journée s’est achevée dans la cour carrée de la Baronnière, là même où les paysans de La Chapelle-Saint-Florent et des environs vinrent chercher Bonchamps, le 13 mars 1793. C’est du reste le seul bâti contemporain des Guerres de Vendée. Mme du Boucheron a eu la gentillesse de nous y servir des boissons et des gâteaux – parmi lesquels un délicieux cake maison – ce qui a conclu dans la convivialité cette promenade pleine de surprises. 

Souvenir Vendeen 4Sur le belvédère de Courossé, aux portes de la Baronnière 
   

Adressons nos remerciements aux organisateurs de cette journée d’automne et à nos hôtes de la Baronnière !

Retrouvez d’autres images de la journée d’automne en cliquant sur ce lien
   


Les sujets d’histoire marqués d’un astérisque (*) seront développés dans le compte rendu de la journée d’automne qui sera publié dans la Revue du Souvenir Vendéen