Le site des Archives de la Vendée s’est récemment enrichi de plus de 13.300 pièces relatives à la Grande Guerre de 1793 issues des Archives nationales, qui s’ajoutent au fonds déjà conséquent du Service Historique de la Défense. Mais à y regarder de plus près, d’autres documents mis en ligne et plus inattendus peuvent nous en apprendre encore sur les Guerres de Vendée.

Fontenay1Portrait dessiné dans les pages du registre de Fontenay-le-Comte en avril 1793
   

Il faut pour cela fouiller dans les registres des délibérations des municipalités vendéennes. Toutes n’offrent pas, hélas, de pièces datant de la période révolutionnaire, mais on peut trouver une mine de petites histoires et de curiosités dans les registres des principales villes du département, comme Les Sables-d’Olonne, Luçon, Fontenay-le-Comte, etc.

La lecture de ces pages au fil des années 1790 nous plonge dans l’effervescence d’une société en plein bouleversement. On y traite bien sûr des affaires d’urbanisme, mais ce qui domine reste lié au soulèvement du Bocage : sans cesse reviennent les mots de mise en défense des villes, de réquisitions des subsistances dans les campagnes ou du salpêtre pour produire de la poudre, de prisonniers qui affluent, de réfugiés dont il faut s’occuper, d’établissement d’hôpitaux militaires, de ventes de biens pris aux rebelles, etc.

Si la grande histoire s’y inscrit parfois, quand un général ou un représentant du peuple s’installe en ville, ou plus souvent encore à l’occasion d’une bataille victorieuse, c’est toutefois l’anecdote qui aiguise l’intérêt du lecteur : comme lorsque la municipalité de Fontenay paie des ouvriers pour enlever des emblèmes féodaux qui se trouvaient sur certains édifices de la ville, ou celle de Luçon pour retirer les fleurs de lys du clocher de la cathédrale ; comme l’abjuration du curé constitutionnel de Challans déclarant « qu’il ne voulait être que le prédicateur des droits de l’homme » (23 février 1794) ; ou comme cette journée banale du 19 avril 1793 aux Sables-d'Olonne, où le registre communal déclare laconiquement qu’« il ne s’est rien passé d’extraordinaire dans cette séance, seulement sur les six heures du soir il a été exécuté sur le bout du Ramblay (sic) douze coupables convaincus d’avoir trempé dans les complots des rebelles insurgés » (1).

Il arrive même parfois qu’on ait la chance de tomber sur un dessin soigneusement esquissé à la fin d’un document, comme ces deux portraits cachés au milieu les pages du mois d’avril 1793 dans le registre de Fontenay.

Fontenay2Portrait dessiné dans les pages du registre de Fontenay-le-Comte en avril 1793
   

Lien vers les délibérations municipales sur le site des Archives de la Vendée
  


(1) L'article de Gérard Moureuil publié dans la prochaine Revue du Souvenir Vendéen (n°280, à paraître la semaine prochaine) nous en apprendra davantage sur ces douze Vendéens exécutés aux Sables.