Jetons un coup d’œil aux Archives de la Vendée en ce 28 décembre… La Vendée qu’on nous dit « détruite » le 8 nivôse an II (28 décembre 1793) menace toujours autant la République deux ans après, le 28 décembre 1795, lorsque le Directoire donne ses instructions secrètes à Hoche sur les mesures à prendre dans les départements insurgés. 

28 decembre 1793Archives de la Vendée, SHD B 5/7-93
   

Un des traits permanents des Guerres de Vendée réside dans l’incapacité de l’état-major républicain à appréhender le soulèvement de 1793, ses ressorts, et les moyens de le réduire. Il faudra attendre l’arrivée de Hoche dans l’Ouest, Kléber n’en ayant pas eu les moyens, pour y mettre un terme. Ainsi, pendant deux ans, les commandants en chef des armées des Côtes de La Rochelle, de Brest ou de l’Ouest n’auront de cesse de se plaindre que rien d’efficace n’a été entrepris avant eux, et de prétendre qu’eux seuls détiennent la méthode propre à éteindre la guerre. 

28 décembre 1793

Après Savenay (23 décembre 1793), tout semble terminé pour les Vendéens. Un billet consultable sur le site des Archives de la Vendée (SHD B 5/7-93) proclame, à l’en-tête de l’armée de l’Ouest : « Barère dit le 8 nivôse (28 décembre) à la Convention que le monstre toujours renaissant de la Vendée est enfin exterminé ». On sait quelles suites Turreau, récemment promu commandant en chef de l’armée de l’Ouest, donnera à cette nouvelle en relançant une nouvelle guerre par la « promenade militaire » de ses Colonnes infernales. 

28 décembre 1795

Turreau échoua comme ses prédécesseurs… et ses successeurs. La Vendée s’est relevée de ses cendres après l’indicible hiver 1793-1794. Au point que la guerre sévit encore le 28 décembre 1795. À cette date, le Directoire communique à Hoche une liste d’instructions secrètes sur les mesures à prendre dans les départements insurgés (SHD B 5/12-111) : quadrillage du pays insurgé, effort porté sur le produit des récoltes des biens nationaux et de l’impôt en nature, désarmement des campagnes, surveillance des prêtres « qui s’écarteront du respect dû aux lois », retour des réfugiés, réparations des routes, sanctions contre les militaires coupables d’abus d’autorité ou de pillages exercés contre les habitants des campagnes, etc.

Le document s’achève par ces phrases : « Il sera, au surplus, particulièrement recommandé aux officiers-généraux de ménager l’habitant paisible et même de le protéger. C’est à eux qu’il appartient de faire chérir le gouvernement républicain, ce à quoi ils ne peuvent parvenir, qu’en exerçant souvent des actes de bienfaisance et se comportant toujours avec décence et dignité ». On est loin des ordres énoncés par Turreau deux ans auparavant… Mais la méthode de Hoche s’avéra la bonne : trois mois après, la Grande Guerre était finie. 

28 decembre 1795Archives de la Vendée, SHD B 5/12-111