Les Archives de la Vendée font leur bilan 2017… le château de Pugny aussi ! Ce site historique du Bressuirais est en pleine renaissance. Profitons-en pour croiser les deux sujets en cherchant le nom de « Pugny » dans les documents récemment mis en ligne par les Archives de la Vendée. 

Pugny 1Extrait du jugement condamnant à mort Jean Clément Cendres, maire de Pugny
(AN BB3/15-36)

   

Deux occurrences apparaissent en quelques clics dans le fonds des Archives nationales, qui est venu compléter en cette fin d’année celui, déjà considérable, du Service historique de la Défense, pour fournir un ensemble inégalé de sources sur les Guerres de Vendée. 

« Un ennemi très prononcé de la patrie et de la révolution »

La première pièce datée du 28 pluviôse an II (16 février 1794) concerne le jugement et la condamnation, par le tribunal criminel du département des Deux-Sèvres, de Jean Clément Cendres, agent de « Montroy » (Mauroy), ci-devant seigneur de Pugny et maire dudit Pugny (1).

Que lui reproche-t-on ? D’avoir « prit part aux révoltes et émeutes contre-révolutionnaires qui ont affligé nos contrées » :

  • en étant maire de Pugny ;
  • en faisant des rassemblements de rebelles au château de Pugny et dirigeant leur marche contre les troupes de la république ;
  • en ayant recelé dans ce château les effets volés aux Bleus ;
  • en ayant prouvé qu’il était « un ennemi très prononcé de la patrie et de la révolution » ;
  • en ayant nourri hébergé plusieurs rebelles dans le château de Pugny lors de la première insurrection qui éclata dans le Bressuirais en 1792 ;
  • enfin, « en ayant suivi les rebelles à Bressuire et armé d’un fusil et d’y avoir paru avec un signe de rebellion, un ruban blanc à son chapeau sur lequel étaient écrits les mots : le roy ou la mort ».

Chargé de toutes ces accusations, Jean Clément Cendres ne pouvait échapper à la mort. Ses biens furent confisqués au profit de la république. La pièce est consultable en ligne sous la cote AN BB3/15-36

Pugny, « lieu central des rassemblements »

La seconde pièce concerne justement le soulèvement d’août 1792, dit de la Saint-Louis. Le nom de Pugny apparaît dans ce procès-verbal de séance du conseil du département de la Vendée, à Fontenay, le 22 août 1792, notamment page 7 :

« Un rassemblement considérable s’est formé dans les paroisses qui avoisinent le ci-devant château de Pugny, que l’on assure être au nombre de quatre mille hommes, portant pour la plupart des cocardes blanches. Il paraît que le lieu central des rassemblements est dans le château de Pugny et dans lequel sont plusieurs ennemis et notamment des prêtres réfractaires à la loi… » La pièce est consultable en ligne sous la cote AN BB3/15-36

On mesure ainsi, d’une part l’intérêt, mais aussi la facilité d’accès, de ces fonds inestimables mis en ligne par les Archives de la Vendée ; d’autre part la valeur historique du château de Pugny et de ceux qui l’animent. 
   

Pugny 2Extrait du procès-verbal de séance du conseil départemental de la Vendée
(22 août 1792) dénonçant le château de Pugny comme lieu de rassemblement
des rebelles (AN BB3/15-36)

   


(1) On peut lire ici que c’est à lui que nous devons l’introduction de la culture de la pomme de terre en Gâtine, en 1787.