Auteur de l’ouvrage de référence, Vendée, Les Archives de l’extermination (1), l’historien Alain Gérard donnera une conférence sur le massacre des Lucs le dimanche 25 février 2018 au Logis de la Chabotterie. 

Les LucsScène du massacre 28 février 1794,
vitrail de l'église paroissiale des Lucs-sur-Boulogne 
   

La responsabilité du massacre des Lucs-sur-Boulogne a été longtemps réfutée par ses bourreaux. On verra comment, du côté vendéen, la reconquête de cette histoire fait place au besoin d'oublier. 

La conférence d’Alain Gérard, « Retour aux Lucs : massacre et déni, mémoire et histoire », aura lieu le dimanche 25 février 2018, de 15h00 à 17h00, au Logis de la Chabotterie. L’entrée est gratuite. Il est recommandé de réserver au 02.51.43.31.01, compte tenu du nombre limité des places. 

Elle sera suivie à 17h30 d’une cérémonie organisée par le Souvenir Vendéen à la chapelle du Petit-Luc, aux Lucs-sur-Boulogne, en hommage aux victimes des massacres des 28 février et 1er mars 1794. 
  


(1) Alain Gérard, Vendée, Les Archives de l’extermination, C.V.R.H., 2013, 688 pages, 27 €

Les archives de l extermination

L’enfant n’a pas quatre ans, son petit frère treize mois, et ils sont avec leur mère que les soldats emmènent pour la fusiller, le 15 février 1794 à Chavagnes, en Vendée. On les presse tant qu’il perd son sabot et la main qui tenait la sienne. Comme il retourne au village en pleurant, il est recueilli par le chef des massacreurs, qui l’emmène… Écartant les faux, même célèbres, débusquant nombre d’inédits souvent dérangeants, cet ouvrage livre des témoignages horrifiants, et qui sont pourtant la vérité ultime des bourreaux comme des victimes.

En ce terrible hiver de 1793-1794, la Liberté instaurée en 1789 a laissé place à la Terreur, qui trouve en Vendée son champ majeur d’expérimentation. Mises en perspective, ces archives permettent de mieux comprendre le « massacre démocratique », premier en date dans l’histoire de l’inhumanité. L’invention d’une « race maudite » et d’un « homme nouveau » entièrement voué à la purification, au point de s’arracher l’âme. L’absence d’ordre écrit, le déni qui précède le crime et qui permettra de le nier. Avec en face « l’homme fragile » qui trouve en lui la force de ne pas s’enfermer dans la douleur, la haine et le passé.