Un rapport du général de division Dumesny en date du 10 février 1796 nous donne une nouvelle appellation, pour le moins originale, des rebelles au nord de la Loire : « la gente chouanique ». 

Chouanique« vous porterez le dernier coup de massue à la gente chouanique… »
(extrait de la lettre du général Dumesny, SHD B 5/35-37)
   

Le général Dumesny – de son véritable nom Pierre Marie Joseph Salomon (1739-1803) – a rejoint l’armée des Côtes de Cherbourg à la toute fin de l’année 1795. Confronté aux rebelles chouans de Normandie, il adresse au général Dugua, général de division commandant le département du Calvados, une lettre datée d’Alençon le 21 pluviôse an IV (10 février 1796), dans laquelle il annonce la venue de Hoche (SHD B 5/35-37) :

« Lorsque le général en chef pourra vous donner un nombre d’hommes plus considérable, écrit Dumesny, alors vous porterez le dernier coup de massue à la gente chouanique… » Malheureusement pour lui, « chaque officier général ne s’occupe que de son arrondissement sans vouloir porter ses yeux au-delà », ce qui empêche encore tout mouvement d’ensemble. Il autorise la formation de compagnies franches, mais « le peu de discipline et le pillage » qu’elles font le détermine à ne pas les employer dans les campagnes. 

Chouins, chouannés, chouanique

Le nom de Chouan a fait florès, parfois sous des formes curieuses, comme les « Chouins » qu’on trouve dans une proclamation du général Danican à Laval, le 18 novembre 1793 (SHD B 5/16-22, détail ci-dessous) ou dans la lettre du citoyen Duclos, également à Laval, le 5 février 1796 (SHD B 5/35-16) ; ou encore « les départements chouannés » pour désigner la Loire-Inférieure, l'Ille-et-Vilaine, le Calvados, la Mayenne, la Sarthe, la Manche et le Maine-et-Loire, dans un état des troupes républicaines du 3 mars 1796 (SHD B 5/36-9).

Le terme « chouanique », assez rare, apparaît cependant dans diverses publications, comme dans les Mémoires d’Alexandre Billard de Veaux ou encore, à maintes reprises (guerre chouanique, crime chouanique, etc.), dans une étude d’Émile Sarot sur La Chouannerie devant la juridiction militaire de la Manche pendant la première Révolution (1875). Son usage s’est toutefois perdu depuis le XIXe siècle. 

ChouinsExtrait de la proclamation du général Danican à Laval,
le 18 novembre 1793 (SHD B 5/16-22)

   

Source : Archives militaires de la guerre de Vendée conservées au Service historique de la Défense (S.H.D.) sur le site des Archives de la Vendée