Auteur de la première biographie de Scépeaux, ce « général chouan oublié » qui fait le lien entre les insurgés des deux rives de la Loire, Tanneguy Lehideux viendra dédicacer son livre le samedi 17 février 2018 au Passage culturel, à Cholet (place Travot) de 15h00 à 18h00. 

ScepeauxTanneguy Lehideux (à droite) lors de sa conférence au Mans le 10 décembre 2017 
   

Issu d’une longue lignée de militaires, Marie Paul Alexandre César, vicomte de Scépeaux de Bois-Guignot (1768-1821), connut un destin hors du commun. Engagé dans l’insurrection vendéenne, il servit pendant les campagnes de 1793 sous les ordres de son beau-frère, Charles de Bonchamps. Il est présent quand ce dernier gracie les prisonniers républicains à Saint-Florent-le-Vieil, le 18 octobre 1793, puis il accompagne ses soldats dans la Virée de Galerne. « Il assista au siège de Granville, à celui d’Angers, battit en retraite sur Le Mans et dans cette ville fit des prodiges de valeur » (F. Uzureau).

Une armée de 15 000 Chouans

Rescapé du désastre, il se retira dans ses terres angevines, mais ne déposa pas les armes pour autant. Bien au contraire, il leva une nouvelle armée de 15 000 Chouans dont le champ d’action, de 1795 à 1796, s’étendait des portes de Nantes à celles du Mans. Cette « armée de Scépeaux » avait son quartier général au château de Bourmont, à Freigné.

L’autorité qu’il avait acquise lui permit de peser dans les pourparlers entamés avec les représentants républicains en vue d’un traité qui sera signé à la Mabilais en avril 1795. Partisan de la paix, il entreprit un voyage à Paris en compagnie de Béjarry, officier vendéen, afin de poursuivre les négociations. Le débarquement de Quiberon en juillet 1795 y mit un terme et relança les hostilités. Scépeaux reprit le combat en septembre et ne se soumettra qu’en mai 1796, après avoir signé avec Hoche un accord avantageux pour les insurgés.   

Un ancien chef chouan toujours sous surveillance

Les autorités gardèrent toutefois un œil sur lui, quitte à l’emprisonner quelques mois en 1797-1798, voire à le menacer par la « loi des otages », bien qu’il ne prît aucune part à la guerre de 1799-1800. On le soumettait toujours à la surveillance en 1808, alors même qu’il venait d’être installé maire de Bécon.

Deux ans après, Scépeaux prenait du service dans l’armée impériale et passa cinq années à combattre en Espagne. La cause royaliste ne l’avait pourtant pas quitté. On le verra sous la Restauration, en particulier pendant les Cent-Jours quand il resta aux côtés de Louis XVIII.

On s’étonne que le parcours d’un tel homme, qui a croisé tant de héros de la Vendée et de la Chouannerie, foulé tant de champs de bataille et traversé tant de péripéties, n’ait pas trouvé de biographe, du moins jusqu’à aujourd’hui. L’oubli est réparé, grâce au talent et à l’érudition de Tanneguy Lehideux.

Le spécialiste des Chouans de Haute-Bretagne et de l’Anjou

Tanneguy Lehideux est né à Nantes en 1961. Après des études de droit et d’histoire à Aix-en-Provence, il s’est établi à Châteaubriant, où il exerce comme avocat. Sa passion l’a mené à nous faire partager l’histoire de ces insurgés de ce coin de Bretagne et d’Anjou. Tanneguy Lehideux a publié en 2009 un ouvrage de référence sur cette terre de la Chouannerie souvent laissée dans l’ombre : Terrien Cœur de Lion, combats d’un chouan (Geste éditions). Il en signe un nouveau, qui fera date, et que nous vous recommandons vivement : Scépeaux, le général chouan oublié
   

Tanneguy Lehideux, Scépeaux, le général chouan oublié, éditions Pays & Terroirs, 422 pages, 20 € (il existe un tirage relié, limité à 93 exemplaires numérotés, disponible au prix de 35 €). En vente en librairie et sur commande à www.general-de-scepeaux.ovh. Renseignements : 02.41.65.64.80.

L'auteur sera en dédicace samedi 17 février 2018 au Passage culturel, à Cholet (place Travot) de 15h00 à 18h00. 

Article du Courrier de l'Ouest : « Scépeaux a été discrédité »