Le Courrier de l’Ouest a offert une belle couverture médiatique au Souvenir Vendéen, hier, en consacrant une quasi pleine page, et un titre en une, à sa journée d’assemblée générale à Saint-Amand-sur-Sèvre. L’article s’appuie sur le martyrologe établi pour cette occasion et dévoilé sur trois plaques dans l’église. Le journal rapporte également l’élection du nouveau président de l'association, Olivier du Boucheron. 

CO79_18022018_1

CO79_18022018_2

« L’héroïsme de toutes ces femmes et ces hommes n’est pas perdu ». C’est en ces termes que Xavier de Moulins, président par intérim du Souvenir vendéen, a salué l’initiative du groupe d’histoire locale de Saint-Amand-sur-Sèvre.  Hier, la bénédiction d’un martyrologe recensant 80 noms d’habitants de la commune fut le fait marquant d’une journée qui aura également vu l’élection d’un nouveau président. Cette initiative saint-amantaise était orchestrée par Noëlle Pouplin, trésorière de l’association.

Le passage de deux colonnes infernales le même jour

« Ces 80 noms figuraient sur un registre clandestin tenu par des prêtres, retrouvé dans un bon état de conservation il y a une quinzaine d’années dans la cure locale », explique Noëlle Pouplin. Avant de remettre le précieux document à la mairie, cette dernière avait pris soin de recopier son contenu.

Le travail conduit avec une douzaine de bénévoles a permis d’établir avec certitude le nom, le prénom et l’âge des victimes mentionnées sur la  plaque apposée sur le mur de l’église. Le choix a été fait de ne pas ajouter d’autres identités, seulement partiellement établies. « Les deux tiers de ces 80 victimes ont été massacrées à l’épée, en trois temps : mi-janvier 1794, puis les 24 et 25 janvier suivants », poursuit Noëlle Pouplin.

La première date correspond au passage dans le village de la garnison de Mallièvre. « Les habitants sont surpris au petit matin. S’ensuivent une rafle et un tribunal révolutionnaire. Sur la table est placée une statue censée représenter la Révolution. Les paroissiens devaient lui prêter allégeance. Ils ont été saisis d’horreur à l’idée d’honorer un faux Dieu. On les amène alors à leur supplice », a rappelé Jean-Marie Grassin, historien. Le travail des bénévoles locaux des Amis du patrimoine a permis de reconstruire une croix au Pont-Ménard, là où « ces gens massacres avaient été enterrés ». Le Souvenir vendéen y a d’ailleurs dévoilé une plaque-mémoire, hier après-midi.
   

Souvenir_Vendeen_4Le martyrologe inauguré le 17 février 2018 dans l’église de Saint-Amand-sur-Sèvre
   

Quant aux 24 et 25 janvier 1794, ces deux jours a « ont été marqués par le passage de deux colonnes infernales à Saint-Amand, conduites par Boucret et Grignon. La localité a peut-être été la seule à voir le passage de deux colonnes le même jour, en l’occurrence le 25 janvier », a complété Jean-Marie Grassin,

À travers son récit, l’historien a expliqué l’importance de l’empreinte des guerres de Vendée à Saint-Amand-sur-Sèvre. La commune, qui avait accueilli une mission du père Saint Louis Grignion de Montfort en 1715, était alors « un îlot du catholicisme entretenu par la prédication montfortaine. Saint-Amand pouvait s’affirmer comme une paroisse exceptionnellement vendéenne, par sa spécificité montfortaine et missionnaire ». Une identité dont il subsiste, sans doute, une part aujourd’hui. Selon Jean-Marie Grassin, un travail de collectage réalisé dans les années soixante révélait d’ailleurs que les Saint-Amantais « se déclaraient plus Vendéens que leurs voisins. Ils avaient le père de Montfort avec eux… »

Une mobilisation jusqu’en 1906

« Les gars de Saint-Amand », appellation utilisée par Jean-Marie Grassin, ont payé un lourd tribut, « jusqu’à la malheureuse Virée de Galerne » de 1793. Deux ans plus tard, « ils sont une cinquantaine à résister au château de Saint-Mesmin à 2.000 soldats républicains. Saint-Amand reprend les armes en 1799, au point le plus bas de sa misère, puis brièvement en 1815 ». En 1832, les Saint-Amantais s’impliquent aussi dans « la tentative de soulèvement légitimiste ». Ils feront de même lors des inventaires des objets de culte et du mobilier de l’église de 1906, ce que nécessitera la présence du génie d’Angers. 
   

CO79_18022018_3  

Article de Fabien Gouault pour Le Courrier de l’Ouest,
édition des Deux-Sèvres, dimanche 18 février 2018