Après Saint-Sébastien-sur-Loire et son rond-point Lyrot de La Patoullière, qui avait fait réagir nos adversaires en 2015, c'est au tour de Vertou d'attribuer le nom de ce héros vendéen à l'une de ses rues. Deux autres généraux des Guerres de Vendée ont également été choisis, comme on l'apprend dans cet article de Ouest-France publié par le Souvenir Vendéen. 

OF_05032018_VertouOuest-France, édition de Nantes-Sud-Loire-Vignoble, lundi 5 mars 2018
   

Pierre Gréau, historien et vice-président de l’association Le Souvenir vendéen, et Charles Coyac, délégué de l’association pour le canton de Vertou, ont communiqué sur la vie de ces trois individus qui ont marqué l’histoire locale et nationale à travers leurs engagements respectifs.

Un plongeon dans le temps

Dès les premiers temps de l’insurrection de mars 1793, des partisans et des adversaires de la Révolution s’affrontèrent, tous persuadés de leur bon droit. Des familles se déchirèrent. Des républicains acharnés devinrent des royalistes convaincus, à la Restauration en 1815. Et Vertou n’échappa pas à la règle. Lyrot de La Patoullière et Blondin d’Ésigny se rangèrent dans le camp des insurgés, tandis que Jean-Michel Beysser exécuta les ordres répressifs de la Convention.

François Jean Hervé Lyrot de La Patoullière (1732-1793) n’avait pas le profil d’un révolutionnaire. Maire de Saint-Sébastien jusqu’en novembre 1792, il fut recruté de force le 11 mars 1793, par une troupe de paysans armés, qui exigeaient qu’il se mette à leur tête. C’est alors qu’il devint le général de la division du Loroux-Bottereau. Repoussé en septembre par les forces républicaines, il franchit la Loire le 17 octobre 1793 et fit toute la Virée de Galerne. Il fut tué à Savenay le 23 décembre de la même année.

Gabriel Isidore Mathieu Blondin d’Ésigny (1734-1794), était un ancien gendarme de la garde du roi. C’est à Montrelais, qu’il accepta le commandement de l’armée en sabots qui attaqua Ancenis, le 13 mars 1793. Il rejoignit ensuite Lyrot de La Patoullière et devint son adjoint. Arrêté par la garde nationale, il fut condamné à mort et guillotiné avec sa femme et son fils le 20 janvier 1794.

Jean-Michel Beysser (1753-1794), originaire d’Alsace, comme Kléber, fut chirurgien-major dans l’armée du roi en 1789, lieutenant-colonel des dragons nationaux de Lorient en 1790, et général de brigade en juin 1793.

À Nantes, le 29 juin, avec le maire Baco et le général de Canclaux, il repoussa l’attaque de l’armée vendéenne. Battu à Montaigu le 21 septembre et suspecté de fédéralisme, il fut arrêté à Nantes, puis transféré à Paris et jugé pour un pseudo-complot. Il fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire et guillotiné le 13 avril 1794.

Un repère dans l’histoire 

L’histoire offre de nombreux exemples de généraux et hommes politiques républicains qui servirent successivement tous les régimes, Révolution, Empire et Restauration. Dans un souci d’égalité, il faut ajouter que la République sut réserver le même sort à ses opposants et à ses défenseurs.

Charles Coyac a précisé qu’il avait remis à la municipalité une liste, établie par l’association des Guerres de Vendée, de plus de mille victimes sur Vertou et son canton. Le public peut bénéficier désormais de certains repères sur l’histoire locale. 

Bravo et merci à Charles !