L’association du Souvenir vendéen organisait samedi dernier un temps de mémoire et de recueillement, au Cimetière des Martyrs, à Yzernay. Le journal Ouest-France en a rendu compte hier dans son édition choletaise. 

OF_28031796_YzernayArticle de Ouest-France, édition de Cholet, mercredi 28 mars 2018
   


Le 25 mars 1794, des massacres étaient perpétrés dans la forêt de Vezins, à Yzernay, près de Cholet. Samedi après-midi, à la veille de cette date historique, l’association du Souvenir vendéen et l’association du patrimoine d’Yzernay ont organisé un temps de mémoire et de recueillement. Environ 70 personnes y ont participé. 

L’occasion de replonger dans l’histoire du camp du général vendéen Stofflet, installé et caché au cœur de la forêt de Villefort durant les Guerres de Vendée. Henri Baguenier-Desormeux est revenu sur la médecine de l’époque grâce aux écrits de son aïeul Louis-Étienne Baguenier-Desormeaux, chirurgien au service de Stofflet. « Le principal produit utilisé pour désinfecter était l’eau-de-vie. Le vin était aussi un médicament. »

Les participants ont découvert des éléments inconnus sur l’imprimerie clandestine installée dans le camp de Stofflet. Selon l’écrivain André-Hubert Hérault, « une imprimerie a été installée dans la forêt de Villefort par l’imprimeur Clambart à son retour de la virée de Galerne (1). On y imprimait de la monnaie, des bons Stofflet en francs de l’époque. C’est un cas unique dans l’histoire »

Les restes de l’imprimerie de l’époque n’ont jamais été retrouvés. Mais André-Hubert Hérault a présenté un authentique bon Stofflet aux personnes présentes.

Le temps fort de l’après-midi fut l’exposé de Patrick Garreau, membre du Souvenir vendéen, sur les avancées du débat autour de cette question : « Comment qualifier les événements de 1793-1794 ? » Si les faits sanglants qui se sont produits sur le territoire de la Vendée militaire, sur ordre des généraux républicains, avaient lieu aujourd’hui, comment seraient-ils qualifiés, au regard du droit pénal international ? Crime de guerre ? Crime contre l’humanité ? Crime de génocide ?

Juriste, Jacques Villemain a travaillé pendant plusieurs années sur les Guerres de Vendée. Ses écrits de 2017 redonnent espoir aux responsables du Souvenir Vendéen, qui persévèrent dans leur combat vers une reconnaissance des événements comme génocide. 

« Au moins une reconnaissance partielle, car nous savons bien qu’une reconnaissance totale est improbable, deux siècles après les événements, reconnaît Olivier du Boucheron, nouveau président du Souvenir Vendéen. Ce débat, relancé par Jacques Villemain, est un tournant dans notre action de mémoire. »
   

(1) Campagne de l’armée vendéenne sur la rive droite de la Loire, jusqu’à Granville, du 18 octobre au 23 décembre 1793.