Le blog L’arbre de nos ancêtres s’est penché sur la situation tendue dans le nord des Deux-Sèvres au tout début du XIXe siècle. Entre les jeunes gens qui veulent échapper à la conscription, certains devenant même des hors-la-loi, et les curés qui rejettent le Concordat signé entre Napoléon et l’Église en entraînant leurs fidèles, il s’en faudrait de peu pour qu’éclate une nouvelle insurrection. 

Conscrits   Les conscrits, image extraite du site La vie autrefois en Poitou-Charentes
   

1806. Nous sommes sous l’Empire et Napoléon Ier a encore et toujours besoin de troupes pour faire la guerre. La conscription est censée répondre à cette demande. Le service militaire est alors de cinq ans. Pour échapper à un service aussi long, il existe plusieurs possibilités : tirer un bon numéro, se faire remplacer, être exempté ou alors être réfractaire.

Un réfractaire, c’est un conscrit qui ne s’est pas présenté dans le délai d’un mois au capitaine de recrutement. Le jeune homme qui fait ce choix doit alors se cacher, ses parents peuvent subir une amende comprise entre 500 et 1500 francs et celui qui l’aide peut aussi être passible de poursuites judiciaires. Dans le nord des Deux-Sèvres où le calme a encore du mal à revenir après les Guerres de Vendée, les réfractaires sont assez nombreux, mais pas plus qu’ailleurs en France. À force de vivre clandestinement, de fuir les gendarmes, certains de ces jeunes gens finissent parfois par former des bandes et parfois par tomber dans la criminalité. C’est le cas d’un petit groupe de réfractaires aux effectifs variables dont on peut suivre la trace violente et sanglante entre 1806 et 1808 dans le bocage… 

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La suite a été publiée dimanche dernier. Après le siège par la gendarmerie d’une maison à Scillé le 12 mars 1808, plusieurs personnes sont arrêtées pour les crimes commis dans le Bocage. Elles sont incarcérées à Niort pour être jugées rapidement. Un précédent procès avait déjà eu lieu il y a un an en réponse au meurtre des gendarmes de Courlay en 1806. Le verdict : 3 hommes condamnés à mort et 5 autres à huit ans de fers. Mais toute la bande n’avait pas été arrêtée et, autour de quelques fuyards, un nouveau groupe composé de conscrits réfractaires s’était reformé, volant des armes et des biens, allant même jusqu’au meurtre. Après leur arrestation, ils sont donc 9 à comparaître 3 mois plus tard, les 17 et 18 juin 1808, devant le tribunal de Niort… 

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