Il est plutôt rare – pour ne pas dire exceptionnel – que la presse évoque le drame des noyades de Nantes. Le fait s’est pourtant produit hier dans les colonnes de Ouest-France, à la faveur d’un billet publié par un lecteur dans la rubrique Nantes Forum.

Noel StassinetNoël Stassinet, président du Souvenir Chouan de Bretagne, fixe la plaque en mémoire des victimes des noyades de Nantes près du pont Anne de Bretagne, le 20 novembre 2011. 
   


Nantes forum (Ouest-France, édition de Nantes, mardi 22 mai 2018) : Bernard Cognaud, à Orvault, revient sur les noyades de Nantes, qui ont fait plusieurs milliers de morts, pendant la Terreur, au XVIIIe siècle.

« C’est avec émotion que Nantes s’est recueilli, le 10 mai, au Mémorial de l’esclavage, sur ce quai qui vit partir tant de navires pour leur abominable mission de déportation des esclaves africains.

Se souvenir des crimes de l’Histoire est un devoir de mémoire et celui de l’esclavage, 170 ans après son abolition définitive, est l’obligation de tout homme de cœur. Il ne faudrait pas pour autant oublier que sur ce même quai de la Fosse, des embarcations très particulières ont mené vers leur mortel destin des milliers de personnes. Je veux parler des Noyades de Nantes qui, jusqu’à ce jour, n’ont eu droit qu’à une très modeste pancarte dont voici le texte :

De cet endroit, durant l’hiver 1793-1794, furent entassés dans des embarcations des milliers de personnes de toute origine : prêtres, religieux, religieuses, agriculteurs, artisans, commerçants, plus de 300 enfants, des femmes, des vieillards afin d’être noyés dans ce fleuve baptisé torrent révolutionnaire ou baignoire nationale.

Cette décision fut prise et appliquée à partir du 16 novembre 1793 par Jean-Baptiste Carrier, proconsul de la République, représentant en mission de la Convention. Il s’agissait de désengorger les prisons de Nantes, rapidement et à faible coût. Sur ces sept à huit mille personnes, seul un prêtre survécut. La Terreur fit à Nantes plus de vingt mille morts.

La proximité de ces deux lieux de souvenir, avec tant de dissemblance, mériterait que l’on y réfléchisse pour que les noyades de Nantes ne soient pas considérées comme un fait divers de l’Histoire. »

Cette plaque fut posée par Noël Stassinet, président du Souvenir Chouan de Bretagne, le 20 novembre 2011. Le compte rendu de cette journée annuelle en mémoire des victimes des noyades de Nantes a été publié ici
   

Ouest-FranceOuest-France, édition de Nantes, mardi 22 mai 2018
   

Merci à Philippe de m'avoir communiqué cet article !