Après mille périls endurés pour avoir refusé le serment constitutionnel, Louis-Jacques Delacroix, curé de Saint-Macaire-en-Mauges, est arrêté dans sa paroisse natale, Champtocé-sur-Loire. Interrogé à Ingrandes, il est ensuite conduit devant le tribunal révolutionnaire à Angers qui le condamne à mort le mardi 10 juin 1794.

Delacroix 1Affiche du jugement du tribunal révolutionnaire d'Angers condamnant à mort le curé de Saint-Macaire-en-Mauges (A.D. 85, A.N. BBB3/11-2)
   

Louis-Jacques Delacroix (« de la Croix » sur son acte de baptême) est né le 23 novembre 1755 à Champtocé-sur-Loire. Son père, François, est dit conseiller du Roy, grènetier au grenier à sel d’Ingrandes. Nommé curé de Saint-Macaire-en-Mauges au tout début de l’année 1785, l'abbé Delacroix resta en fonction jusqu’à la mi-décembre 1791, puis il dut quitter sa charge en raison de son refus du serment constitutionnel. Remplacé par le curé Boillet, un jureur, il se retira chez son frère, Joseph-Marie, curé de Bécon.
  

AB_DelacroixL'acte de baptême de Louis-Jacques Delacroix (A.D. 49) 
   

L’abbé Delacroix n'y demeura pas longtemps. Un arrêté du directoire du Département, en date du 1er février 1792, ordonnait en effet aux prêtres réfractaires de résider dans le chef-lieu pour mieux les contrôler… et surtout les jeter en prison à la première occasion, qui se présenta dès le mois de juin. Le curé de Saint-Macaire échappa à la rafle, s’enfuit à Nantes, avant de repasser dans les Mauges. Entraîné par le soulèvement de 1793, il suivit l’armée vendéenne jusque dans sa campagne d’outre-Loire. Il la quitta sur le chemin du retour pour trouver refuge à Champtocé, sa paroisse natale.

Il y fut arrêté le 3 juin 1794, au village de la Prévôté, dans la maison de Marie Plaisant, veuve de Pierre Malinge. Tous deux furent aussitôt conduits au comité révolutionnaire d’Ingrandes qui procéda à un bref interrogatoire. Sans attendre, on les expédia à Angers où ils comparurent, au soir du 4 juin, devant le comité révolutionnaire qui les fit interner à la prison nationale, place des Halles. L’interrogatoire mené à Ingrandes fut transmis à Simon, l’accusateur public du tribunal criminel du Département. Ce dernier dressa l’acte d’accusation le matin du 10 juin. À 15h, l’abbé Delacroix passait devant ses juges.
   

Delacroix 2Document transmis à Simon, l'accusateur public, et sa réponse. Le nom du prêtre a perdu son « de » (A.D. 85, A.N. BBB3/11-2)
   

Il reconnut de n’avoir pas prêté le serment prescrit par les lois du 26 décembre 1790 et du 14 août 1792, de s’être soustrait à la déportation et d’être resté sur le territoire de la République française. Il n’en fallait pas plus pour le condamner à mort. Il fut guillotiné le jour même, 22 prairial an II (10 juin 1794), à 17h00, sur la place du Ralliement.

Quant à la veuve Malinge, accusée de recel d’un prêtre réfractaire, son sort fut suspendu à plus ample informé. Elle retourna donc en prison.
   


Plusieurs documents des Archives nationales relatifs à cette condamnation du curé de Saint-Macaire-en-Mauges, et présentés ci-dessus, ont été mis en ligne sur le site des Archives de la Vendée, sous la cote A.N. BBB3/11-2.