Auteur d’une biographie de Nicolas Haxo parue en 2009, Yannick Guillou signe un nouveau livre consacré à un général républicain engagé dans les Guerres de Vendée, « le brave et vertueux général Travot » comme l’appelait Napoléon.

Travot

Jean-Pierre Travot né le 7 janvier 1767 à Poligny en Franche-Comté. Il s’enrôle en 1784, à l’âge de 17 ans, dans le régiment d’Enghien qu’il quitte en 1789. Acquis aux idées de la Révolution, il s’engage dans la garde nationale, puis rejoint l’armée du Rhin avec le 2e bataillon des volontaires du Jura. 

Pendant la Grande Guerre de Vendée (1793-1796)

Après la reddition de Mayence le 23 juillet 1793, il est envoyé en Vendée et prend part, sous les ordres de Kléber, à la bataille de Torfou le 19 septembre 1793 et à celle de Cholet le 17 octobre 1793. 

Alors que Hoche est général en chef des armées dans l’Ouest depuis novembre 1794, Travot poursuit sans cesse le chevalier Charette. Il finit par le capturer à la Chabotterie le 23 mars 1796. Cette prise lui vaut son grade de général de brigade. Travot est alors nommé commandant du département de la Vendée. Pendant le Consulat, Travot parcourt sans cesse ce territoire pour le maintien de l’ordre et la pacification.

Les guerres de l'Empire et les Cent-Jours

En septembre 1802, il est nommé en Italie à Verceil commandant du département de la Sesia. Promu général de division en 1805, il est affecté à Nantes comme commandant de la 12e division militaire en 1805. Deux ans après, il est placé sous les ordres de Junot à l’armée du Portugal. De retour en France en 1808, Travot devient commandant de la 13e division militaire à Rennes et, en 1810, il passe à celle de Perpignan. À la bataille de Toulouse, le 10 avril 1814, Soult lui confie la division de réserve.

Pendant les Cent-Jours, Travot est envoyé en Vendée car Napoléon sait qu’il y a déjà été efficace. Il seconde le général Delaborde, puis le général Lamarque. Il affronte les royalistes dans plusieurs engagements, mais se montre modéré en renvoyant les prisonniers chez eux. Le 4 juin, il participe au combat des Mathes, à Saint-Hilaire-de-Riez, où Louis de la Rochejaquelein, le chef de l’insurrection, est tué.

Un procès inique

Après Waterloo, certains doivent rendre des comptes. Travot est arrêté en janvier 1816 et emprisonné à Rennes. Son procès, qui peut être qualifié de politique, est entaché de plusieurs irrégularités (lire à ce sujet l'article de Natalia Griffon de Pleineville). Parmi les accusations des plus étonnantes, il faut relever celle où il est reproché à Travot sa modération et sa clémence. À l’issue des débats il est condamné à la peine de mort, commuée par le roi en vingt ans de prison.

Les premiers signes de dérèglement mental apparus au procès se sont aggravés. Sa femme parvient à le faire admettre en février 1817 dans une maison de santé. Une grâce royale lui est accordée en 1819. Napoléon l’inscrit sur son testament et le qualifie de « brave et vertueux général Travot ». Après dix-neuf années d’internement, le vainqueur de Charette meurt à 69 ans, en 1836, à Montmartre.

Avec la capture de Charette et sa présence en Vendée durant neuf années pour la pacifier, il est l’un des acteurs les plus importants des Guerres de Vendée.
  

Yannick Guillou, Le brave et vertueux général Travot, 1767-1836
éditions Edhisto, parution 7 septembre 2018,
407 pages, 87 illustrations, 7 cartes, généalogie et annexes illustrations, 21 € 
   


L'auteur 

Yannick Guillou est né en 1959. Sa passion pour l’Histoire, sa rencontre avec une descendante des Haxo aux États-Unis et plusieurs années de recherches minutieuses, lui ont permis d’écrire la première biographie du général Nicolas Haxo, 1749-1794, un général vosgien à la poursuite de Charette, paru en 2009, disponible aux éditions Edhisto (21 €). En 2015, Yannick Guillou, poursuivant sa parfaite connaissance de l’arbre généalogique des Haxo, récidive par une autre biographie de référence : Haxo, 1774-1838, successeur de Vauban, éditions Edhisto (21 €). Il est membre associé de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts d’Angers.

Yannick Guillou est également l’auteur de deux articles publiés dans la Revue du Souvenir Vendéen : Deux généraux Haxo auraient-ils combattu en Vendée ? Revue du Souvenir Vendéen n°269 (décembre 2014), pp. 7-10 ; et L’état de la Vendée fin 1800 : le rapport officiel de Fourcroy, Revue du Souvenir Vendéen n°274 (mars 2016), pp. 3-11.