Les Archives départementales du Maine-et-Loire conservent la photographie de deux souvenirs des combattants vendéens de Roussay lors de la guerre de 1815 : le drapeau de la paroisse et l’épée de François Griffon, leur capitaine. 

Roussay(A.D. 49, 11 Fi 5182)
   

Louis Arrial, porte-drapeau de Roussay

Ce drapeau orné des armes de France, de cinq fleurs de lys et des mots « Vive Louis XVIII » était porté par Louis Arrial. Né à Roussay le 20 mars 1779, de l’union de Joseph Arrial, tisserand, et de Marie Brunet, ce soldat s’est « trouvé en bien des affaires de la guerre » alors qu’il n’avait que 14 ans en 1793, comme on peut le lire sur sa demande de pension datée de 1824 (1). Il se trouve en effet, sous la Restauration, « dans une grande indigence », chargé d’élever trois enfants en bas âge, et fait état des malheurs qui l’ont frappé : il a perdu son père à l’affaire de Mortagne et son « frère (qui) avait passé avec le général d’Elbée à l’île de Noirmoutier (et) a été sacrifié ». Il fait valoir enfin qu’il a été « porte-drapeau en nos armées » et qu’il a « toujours eu beaucoup de zèle pour le rétablissement de notre auguste Roy ». 

Un certificat de service daté du 30 mai 1825 (illlustration ci-dessous) et signé du marquis de La Bretesche, chef de la division de Montfaucon, du vicomte de La Bretesche, major de subdivision, Louis Lhuillier, colonel dans la division de Beaupréau et Pierre Hulin, chef de bataillon dans la division de Montfaucon, certifie que Louis Arrial « a fait, en qualité de soldat de la paroisse de Roussay, les campagnes de la Vendée, depuis celle de 1794 jusques et y compris celle de 1815… ; et qu’il a toujours montré en toute circonstance, le zèle et le dévouement d’un vrai Vendéen » (2). 

Louis Arrial(A.D. 49, 1 M9/196)

Ajoutons que Louis Arrial s’est marié à Roussay le 23 février 1813 avec Jeann Dillai, dont il aura deux filles (Jeanne Joséphine née en 1817 et Anastasie née en 1823) et un fils (Louis Théophile né en 1819). Il s’éteint à Roussay le 22 décembre 1861 à l’âge de 83 ans. Son acte de décès mentionne qu’il était tisserand et sacriste. 

François Griffon, premier capitaine de paroisse

Quant à l’épée et à l’écharpe placée au-dessus du drapeau, elles appartenaient à François Griffon, premier capitaine de Roussay (3). Baptisé le 9 janvier 1770 dans cette paroisse, de l’union de François Griffon, tisserand, et de Rose Brin, ce jeune homme se mit à la tête des insurgés en mars 1793. 

« Le premier rassemblement se fit à Clisson, écrit-il dans sa demande de pension (4), je fus de suite nommé par les jeunes gens commandant de la compagnie ; environ deux mois après, je fus nommé adjudant par M. le général d’Elbée. J’ai exercé cette place … à l’affaire de Fontenay en 1793 étant à la tête de l’armée un des plus avancés, mon cheval fut tué sous moi ; et dans toutes les grandes affaires qui ont eu lieu, je me suis toujours montré avec le même courage. À l’affaire de Martigné-Briand, je fus blessé d’un coup de feu à la jambe gauche ; à l’affaire de Cholet je fus pareillement blessé d’un coup de feu à la nuque. En 1794, le général Stofflet me nomma capitaine de la 1re compagnie de notre commune. J’ai exercé cette place avec fidélité et dévouement à l’affaire de Rocheservière en 1815 ; je me suis montré à la tête de ma compagnie avec le même dévouement qu’en 1793 ». 

Ses états de service (ci-dessous) précisent en marge que François Griffon était tisserand, marié (à Marie Brunet ; faute de registre, la date du mariage n’est pas connue) et père de quatre enfants (Marie-Aimée née en 1797, François René né en 1798, Charles Joseph né en 1802 et Rosalie née en 1810). Il décède à Roussay le 22 octobre 1845 à l’âge de 77 ans. 

Francois Griffon(A.D. 49, 1 M9/196)
  


Notes :

  1. A.D. 49, 1 M9/26. 
  2. Ibidem.
  3. Le second capitaine de paroisse s’appelait Antoine Boquillon. 
  4. A.D. 49, 1 M9/196.