On connaît le monument aux morts du Fief-Sauvin, qui réunit les statues d’un combattant vendéen et d’un Poilu de 14-18, dans un même hommage aux morts de nos deux Grandes Guerres. Mais on connaît moins la même association dans les vitraux des Lucs-sur-Boulogne. Il était tout indiqué de les présenter en ce 11 novembre. 

Les Lucs 1Encadrant Guy de Lusignan, l'insurgé de 1791 et le soldat vendéen de 14-18
   

Les vitraux de l’église des Lucs-sur-Boulogne ont été réalisés en pleine Seconde Guerre mondiale par Lux Fournier, maître verrier de Tours. La pénurie des matériaux et la difficulté de collecter des fonds n’ont pas facilité la mise en œuvre d’un tel projet. Les verrières du transept, avec leur rosace qu’il a fallu renforcer, ont été inaugurées le 3 août 1941. 

« Dans la journée, et dès le matin, les chanteuses feront entendre les vieux cantiques de l’époque où furent retrouvés les restes des “martyrs” du Petit-Luc et où eurent lieu les grands pèlerinages à la chapelle restaurée par M. l’abbé Jean Bart, lit-on dans le bulletin paroissial. À la grand’messe, le sermon sera donné par le P. Huchet, qui a grandi à l’ombre de la Chapelle et qui connaît bien l’histoire des “martyrs”, puisqu’il l’a reconstituée et qu’il a réuni les documents qui serviraient si la cause de béatification était introduite en cour de Rome. La bénédiction des vitraux se fera après la grand’messe ». 

Les vitraux des bas-côtés, qui représentent les épisodes de la vie de l’abbé Barbedette, ont été bénis quant à eux le 13 septembre 1942, tandis que ceux du sommet de la nef attendront encore quelques années. On lit en effet, au bas du portrait du Poilu de 14-18, l’inscription « Lux Fournier 1944 », mais le bulletin paroissial nous apprend qu’ils ont été installés en juin 1945 par Pierre Fournier, le fils du maître verrier. 

Les Lucs 2À gauche, le Vendéen Guillon, plus connu sous le nom de Barillon, qui prononça le célèbre « Rends-moi mon Dieu » en mai 1791 ;  à droite, le soldat vendéen de 14-18
   

« On demande : à quand l’inauguration ? Il faut attendre, pour cette fête, que plusieurs personnes dispersées loin des Lucs puissent y venir le même jour ». Les événements de 1945 vont encore retarder les choses et ce n’est que dans le bulletin du 11 août 1946 qu’on lit que « les vitraux de la nef centrale de l’église des Lucs, qui représentant les principaux artisans et témoins de la foi chrétienne en Vendée n’étaient pas encore bénis. Ils seront inaugurés le dimanche 1er septembre, à la grand’messe ». 

Ce 1er septembre 1946 coïncide d’ailleurs avec une annonce importante pour la paroisse : « S.E. Mgr l’évêque de Luçon a institué le tribunal ecclésiastique, qui aura pour mission d’instruire dans le Diocèse la Cause de béatification des Enfants massacrés aux Lucs le 28 février 1794 ». On attend toujours le résultat…