Dans une lettre datée du 3 frimaire an II (23 novembre 1793), la société populaire de Blois dénonce la fuite de nombreux soldats républicains jusque dans le Loir-et-Cher « depuis les déroutes de Laval et de Château-Gontier » qui ont eu lieu… un mois auparavant ! 

SHD B 5-7-53

Les soldats républicains devaient être singulièrement hébétés par leurs déroutes en Mayenne pour errer ainsi pendant un mois dans les départements voisins, eux qui pensaient en finir promptement avec les « brigands de la Vendée » après leur passage de la Loire, le 18 octobre 1793. Les Vendéens ont cependant trouvé assez de ressources pour infliger une triple raclée aux Bleus, au sud de Laval : dans les landes de la Croix-Bataille, dans la nuit du 24 au 25 octobre ; à Entrammes, grande victoire vendéenne du 26 octobre ; et au combat de Craon, le 28 octobre. 

On trouve la trace des fuyards républicains jusqu’à Blois, à 200 km, un mois après. Dans une lettre adressée au ministre de la Guerre le 23 novembre 1793, sur la recommandation de Billaud-Varenne, membre du Comité de Salut public, Renaud et Rochejean, députés par la société populaire de Blois, dénoncent « la fuite d’un nombre prodigieux de soldats des armées républicaines qui sont à la poursuite des restes de la Vendée ». Ils affirment que « depuis les déroutes de Laval et Château-Gontier, on arrête tous les jours à Blois une centaine de fuyards, on les désarme, on s’assure de leurs personnes, on les renvoie à leurs bataillons respectifs ». 

Cette situation ne se limite pas à Blois : « Le comité de surveillance du Loir-et-Cher a écrit dans tous les districts de son ressort, et dans les départements environnants, pour les engager à prendre les mesures les plus sévères (…) pour mettre fin à cette dispersion des armées et en prévenir de semblables ». Il faudra attendre encore un peu car à cette date les Vendéens ont encore remporté une nouvelle triple victoire à Pontorson, Dol et Antrain, du 18 au 23 novembre 1793. 

Source : Archives de la Vendée -> Archives militaires de la guerre de Vendée conservées au Service historique de la Défense, SHD B 5/7-53