Des habitants de Saint-Denis-d’Anjou, au sud de la Mayenne, ont découvert trois squelettes au cours de travaux dans leur propriété. L’origine de ces restes humains « très anciens » reste incertaine pour l’heure. 

Saint Denis d AnjouLes ossements découverts à Saint-Denis-d'Anjou
(photo Haut-Anjou, 19 novembre 2018)
 
   

Les mystérieux ossements ont été révélés par des averses qui ont lessivé le sol mis à nu après le dégagement de la terrasse. Les propriétaires des lieux ont aussitôt averti la gendarmerie. Les squelettes ont été recueillis et envoyés à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRGCN), en région parisienne (Haut-Anjou, 19 novembre 2018). Mais aucun artéfact n’a été trouvé sur place pour permettre d’identifier ces restes. On sait seulement qu'ils s’avèrent « très anciens ».

Roger Guédon, maire de Saint-Denis-d’Anjou (1), a pensé qu’il pourrait s’agir d’une mère et de ses deux filles mortes de tuberculose au XIXe siècle, mais les registres des décès infirment cette hypothèse (Les Nouvelles de Sablé, 22 novembre 2018). 

Personne n’a supposé en revanche que ces trois squelettes puissent être ceux de victimes de la Virée de Galerne. De retour de son échec à Granville, l’armée vendéenne arriva en effet à Laval le 27 novembre 1793 et s’y cantonna quelque temps pour y reprendre des forces. Elle prit ensuite le chemin de Sablé, qu’elle atteignit le 29, en passant par Forcé, Parné et Meslay (2). 

À cette date, « l’armée de la grande Vendée présentait encore un aspect imposant. La cavalerie, couverte de manteaux pris aux bleus, semblait en bon état et les victoires de Dol jointes à l’espoir de repasser la Loire avaient révélé bien des courages. Outre le vide qu’une guerre si meurtrière faisait journellement, la dysenterie occasionnait de grands ravages. Ils quittèrent Laval après être restés deux jours et y laissèrent les germes de la maladie qui les décimait. » (3) 

On sait que, tout au long de cette campagne d’outre-Loire, des personnes épuisées par les marches, la faim et la maladie, s’éloignaient parfois du tragique cortège pour rechercher des subsistances ou du repos. Est-ce dans ces circonstances qu’une mère et ses deux enfants se seraient retrouvés à Saint-Denis-d’Anjou et y auraient péri ? 

Mise à jour du 17 janvier 2019 – Roger Guédon, le maire de Saint-Denis-d’Anjou, a indiqué au journal Ouest-France qu’il s’agit « de trois squelettes, et il semblerait que ce soient des femmes, dont deux enfants. On a aucun élément. Comme ils sont vieux de plus de cent ans, ce n’est pas une urgence pour eux. Je pense qu’il n’y aura pas d’enquête.» Il ajoute qu’ « ils vont être placés dans la fosse commune. Je prendrais quelques précautions en leur réservant une place, pour qu’ils soient bien conservés ». 
   


Notes : 

  1. Avant la création des départements, Saint-Denis-d'Anjou appartenait, comme son nom l'indique encore aujourd'hui, à la province d'Anjou, comme toute la région de Craon et Château-Gontier, qui sera rattachée à la Mayenne en 1790. 
  2. Pierre Gréau, La marche sanglante des Vendéens. La Virée de Galerne, 18 octobre-23 décembre 1793, Pays et Terroirs, 2012, p. 173. 
  3. A.D. 53, 1Mi 145, cité par Pierre Gréau, op. cit.