André-Hubert Hérault vient de publier un petit livre bien documenté sur l’imprimerie de la Grande Armée catholique et royale qui, durant sa brève existence de quatre mois, servit d’outil de communication aux Vendéens. Ses attaches maulévraises ont bien sûr conduit l’auteur à consacrer une bonne partie de son ouvrage à l’imprimerie de Stofflet, ses fameux bons et son mystérieux trésor. 

Imprimerie_Grande_Armee_catholique_et_royale

L’imprimerie de la Grande Armée catholique et royale et celle de Stofflet ont fait l’objet d’études détaillées, mais hélas épuisées depuis fort longtemps, que ce soit celle de Maurice Poignat (L’imprimerie du Conseil supérieur de l’armée Catholique et Royale en 1793, 1979), de Félix Uzureau (Clambart, imprimeur de l’armée catholique et royale de la Vendée, 1930), ou encore d’Augustin Rouillé (Assignats et papier-monnaie, Guerres de Vendée et Chouannerie, 1891, réimprimé en 1978). La Revue du Souvenir Vendéen a également publié en 1956 un article sur l’imprimerie de Stofflet, mais il n’est plus disponible non plus. 

Éditeur régionaliste reconnu, mais aussi auteur de plusieurs ouvrages sur le pays de Maulévrier, André-Hubert Hérault a comblé ce manque en reprenant l’ensemble de cette documentation et en offrant une synthèse très illustrée sur ce point d’histoire des Guerres de Vendée. 

Nicolas-Jean Clambart,
maître imprimeur de la Grande Armée catholique et royale

L’imprimerie des Vendéens apparaît après la constitution du Conseil supérieur à la fin du mois de mai 1793. Parmi ceux qui en assuraient le fonctionnement se distingue Nicolas-Jean Clambart, qu’on retrouve tout au long du récit, depuis la prise d’Angers où il offrit ses services à d’Elbée, jusqu’à Châtillon-sur-Sèvre où s’établit l’imprimerie qui produisit les affiches, le Bulletin des Amis de la Religion et de la Monarchie, ainsi que les assignats à l’effigie de Louis XVII. La perte de la « capitale » en octobre 1793 porta un coup fatal à cette imprimerie, bien que Clambart poursuivît tant bien que mal son activité lors de l’expédition d’outre-Loire. 

Il la reprit après son retour au pays, dans le refuge de la forêt de Vezins où Stofflet avait installé un hôpital et fait construire une maisonnette pour y abriter son imprimerie. Après l’incursion sanglante des républicains en mars 1794, Clambart transféra son matériel au château du Lavouër, en Neuvy, où « furent utilisés les derniers vestiges provenant de feue l’imprimerie royale de Châtillon-sur-Sèvre ». 

André-Hubert Hérault a complété ses recherches par plusieurs pièces annexes : Qu’a-t-on fait du trésor en assignats et « bons de Stofflet » découvert en 1984 à La Tourlandry ? Qu’est devenue l’imprimerie de Stofflet à Maulévrier ? Quels sont les lieux où le général vendéen aurait dissimulé son trésor et lesquels ont été retrouvés ? Les réponses sont dans ce petit livre où l’on apprend jusqu’au fonctionnement des presses à imprimer au temps de Clambart. 
   


André-Hubert Hérault, L’imprimerie de la Grande Armée catholique et royale. Nicolas-Jean Clambart, maître imprimeur, préface d’Olivier du Boucheron, président du Souvenir Vendéen, Éditions Hérault, octobre 2018, 66 pages, 15 €.