L’association Prymosta a relancé le projet de recréer la statue du général Travot à La Roche-sur-Yon. Celle-ci fut inaugurée à en 1838, déplacée sur la place du Marché en 1854 où elle trôna jusqu’en 1942, lorsque la guerre le réduisit, comme nombre de monuments de bronze, à un matériau destiné à l’industrie de l’armement. 

TravotCartes postales anciennes de la statue de Travot (A.D. 85, 6 Fi 723)
et dessin d'Hippolyte Maindron
   

Né à Poligny dans le Jura le 7 janvier 1767, Jean-Pierre Travot fit une grande partie de sa carrière militaire en Vendée, non seulement au cours de la Grande Guerre de 1793-1796, mais aussi, après un passage en Espagne, lors du soulèvement de 1815. Considéré comme le « Pacificateur de la Vendée », grâce notamment à sa capture du général Charette, il fut choisi à ce titre peu après sa mort le 6 janvier 1836 (ou le 7 selon les sources), comme sujet d'un monument élevé sur la place d'armes de La Roche-sur-Yon. La statue fut réalisée par Hippolyte Maindron, artiste originaire Champtoceaux, petite commune des Mauges, et inaugurée le 26 août 1838. 

Un monument victime des aléas de l’Histoire

Malheureusement Travot dut céder la place à Napoléon seize ans plus tard, à la faveur du nouveau régime impérial. La préfecture de la Vendée avait elle-même retrouvé le nom de l'empereur depuis 1848. Le vainqueur de Charette se retrouva ainsi sur la place du Marché, devant les halles, au printemps 1854. 

Il s'y dressera pendant presque 88 ans, et sera déboulonné le 19 janvier 1942, pour finir comme tant d'œuvres de bronze, dans les fonderies du IIIe Reich. Il n'en restera que le piédestal, finalement retiré de la place du Marché en 1964. 

Un projet de nouvelle statue

Depuis lors, l’idée de recréer le monument refait régulièrement surface. La dernière en date émane de l’association Prymosta, très active dans sa mise en valeur des sites historiques et patrimoniaux de La Roche-sur-Yon. 

Première difficulté : les moules en plâtre de l’original ont disparu ; on dispose cependant de dessins de Maindron et d’une autre statue identique de Travot dans son village natal de Poligny. Seconde difficulté : le financement, qui ne pourra être constitué qu’avec l’aide de la Ville et de l’Agglo, et de ce que pourra apporter une souscription. 

Le projet devrait également permettre de reconstituer la statue du peintre yonnais Paul Baudry, elle aussi disparue en 1942, ainsi que celle de Sébastien Luneau. 

Travot_2La statue du général Travot sur la place de Marché (A.D. 85, BIB 6617) 
   

Cette histoire rappelle celle du monument de Poulain-Corbion, ce magistrat tué lors de l’attaque de Saint-Brieuc par les Chouans, le 26 octobre 1799. Sa statue, inaugurée le 26 août 1889, fut démantelée et fondue de la même manière en 1942. L’association Poulain-Corbion milite elle aussi pour la recréer, ce qui ne va pas sans susciter quelques remous autour de cette figure de la Révolution à Saint-Brieuc.