Le blog généalogique de Geneanet a publié cette semaine un entretien avec Thierry Heckmann, directeur des Archives départementales de la Vendée, qui nous présente les fonds particulièrement intéressants pour les généalogistes, ainsi que le site internet.

Archives de la Vendee

Pouvez-vous présenter votre parcours professionnel ?

Formé à l’École des Chartes, mais aussi au contact des chercheurs qui me font découvrir la spécificité de leurs sources, j’ai d’abord servi une demi-douzaine d’années dans le Pas-de-Calais, un département où le public de généalogistes est très nombreux, puis en Vendée. Mon parcours professionnel a été marqué par l’ouverture des archives au grand public d’internet, un mouvement de fond. En Vendée, j’ai la chance d’accompagner l’activité d’une équipe compétente et dynamique. La mise en ligne de l’état civil remonte déjà à 2003 et elle a démultiplié le public.

Le Département a fait numériser concurremment de nombreuses autres sources : recensements de population, matricules militaires, déclarations de succession, tables de l’Enregistrement et des hypothèques. Le minutier des notaires est également numérisé peu à peu et ses principaux actes indexés, notamment les mariages, testaments et inventaires après décès. Les sources permettant de relayer l’état civil défaillant ou encore inexistant font aussi peu à peu l’objet de publications en ligne : censiers, ceuillerets et autres listes nominatives des archives seigneuriales.

En choisissant dès 2002 de mettre ses inventaires d’archives en ligne, le Département a fait pénétrer le grand public au cœur de ses archives, auxquelles on accède désormais aussi depuis les grands moteurs de recherche. Toutes peuvent donc servir au travail des généalogistes, à condition que la rédaction des inventaires soit assez descriptive et riche en noms. J’ai vu mon métier changer profondément tout en se recentrant avec pertinence sur sa vocation fondamentale : l’ouverture des archives au public. 

Pouvez-vous nous présenter le bâtiment qui abrite les archives ?

La salle de lecture a atteint 49 places sous la pression d’un public insatiable qui faisait le siège du bâtiment avant la mise en ligne des principaux fonds l’intéressant. Depuis 2003, l’usage d’internet a véritablement siphonné cette salle de lecture, réduite à une grosse trentaine de places que gagnent toutefois des lecteurs plus avertis que jadis depuis qu’ils peuvent préparer leur venue en ligne. Les magasins occupent un premier bâtiment remontant à 1938, dont l’agrandissement, entre 1976 et 1980, a quadruplé le métrage linéaire, plus une annexe provisoire en banlieue, en tout environ 35 km de rayonnage. Toutefois les archives sont aussi virtuelles et sur des serveurs.

Ainsi le département de la Vendée a noué des partenariats de nature différente avec des institutions ou des associations, pour publier en ligne les archives qu’elles détiennent et qui intéressent son histoire. Les Filles de la Sagesse lui ont confié la gestion de leur dépôt à Saint-Laurent-sur-Sèvre (600 ml depuis le XVIIIe siècle), à charge d’en faire connaître le contenu en ligne. Les autres partenariats consistent à favoriser des inventaires de fonds qui sont ensuite numérisés et mis sur le site internet des Archives de la Vendée. Sont concernés le fonds historique de la ville de Fontenay-le-Comte, des fonds des Amis de l’île de Noirmoutier et du diocèse de Luçon, les fonds relatifs à la guerre de Vendée conservés par l’Armée (Vincennes) et les Archives nationales (Pierrefitte). 

Avez-vous quelques chiffres à nous fournir ?

« Noms de Vendée », le site d’indexation collaborative conçu et administré par des bénévoles en partenariat avec les Archives, dépasse les deux millions sept cent mille données (principalement de l’état civil). Deux autres sites d’indexation concernent des populations complètes : « Congrégations de Vendée » présente 13.000 des 20.000 Filles de la Sagesse, « Soldats de Vendée » les 131.000 matricules des classes mobilisées en 1914-1918. Ce dernier travail a été réalisé par 106 personnes recrutées en huit jours et ayant accompli la tâche en deux mois. De son côté le Dictionnaire biographique des Vendéens, un outil collaboratif en ligne sur le site internet des Archives, aligne à ce jour 16.000 notices. 

D’autres chiffres intéresseront les généalogistes. Ainsi près du quart de la population a disparu durant les 18 mois de la guerre de Vendée, en 1793 et 1794, sans que l’état civil en rende compte. Par ailleurs Joachine Lafleur, de La Châtaigneraie, embarquée dans le premier navire ayant fait passer des femmes au Québec en 1663, est l’une de ces 36 « filles de roi » qui sont à l’origine de quasiment toute la population de ce pays. D’autres « Vendéennes » suivront… 
   

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