Le village du Grand-Chêne en Vieillevigne (Loire-Atlantique) possède une rue du général de Charette. Il ne s’agit pas de celui auquel on pense spontanément, mais de son neveu Charles. 

Rue de CharetteLa rue du général Charles de Charette au village du Grand-Chêne
   

Le Grand-Chêne se situe au bord de l’Issoire, ce ruisseau qui marque la frontière entre les départements de la Vendée (commune de Saint-Philbert-de-Bouaine) et de la Loire-Atlantique (commune de Vieillevigne). 

L’endroit fut le théâtre d’un combat qui eut lieu le 6 juin 1832, lors de la dernière guerre de Vendée. Il mettait aux prises des légitimistes partisans de la duchesse de Berry, commandés par Charles de Charette et Hyacinthe de La Robrie, et des soldats du 44e régiment d’infanterie. Les Vendéens eurent le dessus sur ces « pantalons rouges » comme on les surnommait, du moins au début, car pensant les avoir défaits, ils se replièrent sur le village du Chêne et furent surpris par une nouvelle attaque qui tourna à la déroute. 

Une croix érigée à quelques pas de là, sur l’autre rive de l’Issoire, porte une plaque du Souvenir Vendéen (illustration ci-dessous). Posée en mémoire de ce combat du Chêne et des frères de La Robrie, elle fut inaugurée le 14 juin 2014. 

Souvenir VendeenLa plaque du Souvenir Vendéen sur la croix du combat du Chêne
   

Pour trouver Charles de Charette, il faut franchir le ruisseau, du côté de Vieillevigne, où une rue du village du Grand-Chêne porte son nom. 

Un fidèle du duc et de la duchesse de Berry

Né le 14 janvier 1796 à Nantes, Athanase-Marin-Charles était le fils de Louis-Marin Charette de La Contrie (1) et de Marie-Jeanne-Louise Loisel. Son frère aîné, Ludovic-Athanase-Urbain fut tué au combat d’Aizenay, le 31 mai 1815. Charles fut récompensé, par la Restauration, des services de sa famille et de son propre dévouement. La révolution de 1830 arrêta sa brillante carrière : il était colonel des cuirassiers de Berry et pair de France, dignité qui lui avait été accordée pour son mariage avec la comtesse de Vierzon, fille du duc de Berry (2).

En 1832, le baron de Charette devint l’un des principaux lieutenants de la duchesse de Berry en Vendée. Après l’échec de ce dernier soulèvement il se réfugia en Suisse, rentra en France en 1841 et mourut au château de la Contrie, à Couffé, le 16 mars 1848, à peine trois semaines après avoir appris l’abdication de Louis-Philippe (« nunc dimittis… »). Il laissa neuf enfants, dont cinq fils qui s’illustrèrent pour la plupart dans les rangs des zouaves pontificaux et des volontaires de l’Ouest (3). 

Charles de CharetteCharles de Charette (A.D. 85, 6 Fi 1269)
      


Notes : 

  1. Louis-Marin est mort début mars 1796 des blessures reçues au combat de la Bégaudière. Il était le frère aîné de François Athanase Charette de La Contrie, l’illustre général vendéen, fusillé à Nantes le 29 mars 1796. 
  2. … et de sa maîtresse Amy Brown. 
  3. René Bittard des Portes, Charette et la guerre de Vendée, 1763-1796, réédition Pays et Terroirs, p. 577.