On fête encore les Rois en 1796, en dépit des efforts et des menaces des autorités républicaines pour détruire tout ce qui peut rappeler l’Ancien Régime, ou plutôt les « tyrans » selon le jargon de l’époque. 

SHD B 5-34-12(A.D. 85, SHD B 5/34-12) 
   

L’adjudant général Évrard, chef de l’état-major de la 3e division de l’armée des Côtes-de-Brest, s’en offusque et dégaine sa plume pour faire part de son mécontentement aux officiers municipaux de Vannes. Sa lettre est datée du 16 nivôse an IV, le jour même des Rois, 6 janvier 1796 : 

« Je ne vois pas sans une surprise extrême que dans cette ville on fête la cidevant fête des tirans. Sommes nous au milieu des royalistes ou des républicains ? Comment pouvez vous l’autoriser ? Celle du 10 août (1) proclamée par le gouvernement détruit nécessairement celle de ce jour. Je compte sur votre civisme pour la faire cesser. Nulle boutique n’est ouverte aux républicains. » 

Source : Archives de la Vendée, Archives militaires de la guerre de Vendée conservées au Service historique de la Défense, SHD B 5/34-12

  1. La prise des Tuileries, le 10 août 1792, entraîna la chute de la monarchie.