On les appelle parfois « pierres de Chambretaud » ou « diamants de la Vendée ». Ces quartz à l’aspect fumé variant du noir au jaune, en passant par le rouge, ont été taillés en bijoux tout au long du XIXe siècle et offerts à des personnalités comme la duchesse de Berry, l’égérie de la dernière guerre de Vendée. 

Diamants de ChambretaudDiamants de Chambretaud, photos publiées sur le Géoforum
   

Dans sa Statistique ou description générale du département de la Vendée, Jean-Alexandre Cavoleau consacre un paragraphe à ces « pierres de Chambretaud » au chapitre de l’histoire naturelle : 

« On ne peut passer sous silence les diamants de la Vendée : je veux parler des pierres de Chambretaud. Ce sont des fragments de quartz hyalin colorés en diverses couleurs, en jaune surtout : ce sont alors de fausses topazes ; en d’autres nuances, et surtout en brun : c’est le quartz hyalin enfumé. Ces pierres, dont quelques-unes sont d’une belle dimension, se taillent facilement, et servent à faire des bijoux auxquels on attache surtout du prix comme un souvenir du pays. Ces cailloux sont cependant l’objet d’un certain commerce pour les petits marchands colporteurs du pays, qui les achètent à ceux qui les trouvent dans les champs labourés surtout (1). On les porte ensuite plus loin, à Nantes, par exemple, où les joailliers les prennent à un prix assez bas » (2)

Une parure pour la duchesse de Berry

Cavoleau ajoute en note que, sous la Restauration, des officiers vendéens en avaient fait faire une parure qu’ils offrirent à la duchesse de Berry (3). C’est avec ce bijou éminemment vendéen que la bru de Charles X fit son entrée au bal donné en son honneur par la ville de Nantes, au soir du 22 juin 1828 (4). 

Duchesse de BerryPortrait de S.A.R. Marie-Caroline, duchesse de Berry
(estampe de la 
BnF, Réserve QB-370 (77)-FT 4. De Vinck)
   

À la fin de sa note, Cavoleau écrit : « J’avais fait monter une de ces pierres, d’une belle eau, en pierre épiscopale, par l’orfèvre Cahier ; je l’offris à mon vénérable et savant ami M. Brumauld de Beauregard (5), évêque d’Orléans, qui, en échange, m’envoya son portrait, souvenir bien précieux pour moi ». 

Brumauld de BeauregardPortrait de Mgr Brumauld de Beauregard,
avec son anneau épiscopal en diamant de Chambretaud (A.D. 85, BIB 810)
 
   

Si on ignore ce qu’est devenue la parure de diamants de Chambretaud offerte à la duchesse de Berry, on sait en revanche que l’anneau épiscopal de Mgr Brumauld de Beauregard n’a pas disparu, comme on peut le voir sur cette page du site de la mairie de Chambretaud. 

Anneau episcopalL'anneau épiscopal de Mgr Brumauld de Beauregard
(photo extraite du site de la mairie de Chambretaud

    


Notes :  

  1. On en a trouvé également lors de la construction de la voie ferrée de Cholet à Fontenay-le-Comte, passant par Chambretaud, dans les premières années du XXe siècle (elle fut achevée en 1914). 
  2. Jean-Alexandre Cavoleau, Statistique ou description générale du département de la Vendée, 1844, réédition Pays et Terroirs, p. 422. 
  3. Le site de la mairie de Chambretaud indique que la duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI et Marie-Antoinette, aurait reçu elle aussi une parure de diamants de Chambretaud, mais je n’ai trouvé aucun écrit qui le confirme. 
  4. La duchesse de Berry entreprit un grand voyage à travers les provinces de l’Ouest de la France au cours de l’été 1828. Venant de Saint-Florent-le-Vieil, elle arriva à Nantes le 22 juin et repartit le lendemain matin en direction de Savenay. 
  5. Jean Brumauld de Beauregard (1749-1841), vicaire général de Luçon, fut chargé à son retour d’exil, en juillet 1795, de réorganiser le diocèse de Luçon dévasté par la guerre civile. C’est lui qui réunit en synode au Poiré-sur-Vie les prêtres rescapés des persécutions. Déporté en Guyane en 1797, il put rentrer en France en 1800 et fut nommé vicaire général du diocèse, puis évêque d’Orléans de 1823 à 1839.