Le Courrier de l’Ouest a publié hier un intéressant article sur une vieille demeure choletaise située dans le quartier de la Caillère. Il y est question d’une exécution sommaire dans son entrée en septembre 1799, à l’époque d’une nouvelle insurrection de « Chouans ».

Affiches Angers 1Les Affiches d'Angers du 23 septembre 1799 (A.D. 49) 
   

On trouve le récit de cette exécution dans Les Affiches d’Angers du 1er vendémiaire an VIII (23 septembre 1799) :

« Le 1er complémentaire (17 septembre) à une heure après-midi, deux brigands armés entrèrent dans la maison de la Caillère, à cent pas de Cholet (carte ci-dessous), où se trouve le cit.(oyen) Gasnaut, fils, de Cholet. Dès qu’il les apperçut, il voulut les faire sortir, mais il était sans armes ; l’un des deux lui tira un coup de fusil à bout portant dans la poitrine, dont il est mort sur-le-champ entre les bras de son père et de sa mère présens à cette scène horrible. Les deux scélérats se retirèrent ensuite du côté de Latouche-Aubert (carte ci-dessous), et rejoignirent leur bande qui les y attendait : il paraît qu’ils savaient que ce citoyen était là, et qu’ils étaient venus exprès pour l’assassiner ; c’était l’un des braves qui se sont distingués à l’affaire du 28 fructidor à St. Macaire… »

CadastreLocalisation de la maison de la Caillère (n°1) et de la ferme de la Touche-Aubert (n°2) sur le cadastre ancien de Cholet (1811)
   

Comme l’indique l’article du Courrier de l’Ouest, ce « citoyen Gasnaut » (ou Gasneau) se prénommait Louis. Il était le fils de Louis-François Gasneau, « bourgeois », et Jeanne-Louise Tocqué, qui s’étaient mariés le 29 novembre 1775 à Notre-Dame de Cholet. Son acte de décès, enregistré au 3 vendémiaire an VIII (25 septembre 1799), ne fait pas état des circonstances de sa mort.

AD Louis GasneauActe de décès de Louis Gasneau (A.D. 49, NMD Cholet, an V-an XIII, vue 47/230)
   

Outre ses dénonciations qui avaient entraîné l’exécution de plusieurs Vendéens, Louis Gasneau avait donc aussi participé « à l’affaire du 28 fructidor à St. Macaire ». Les Affiches d’Angers ont rapporté très brièvement qu’à cette date (14 septembre 1799) « une colonne mobile, partie de Chollet, a surpris une bande de St. Macaire, entre Beaupréau et Chollet. Vingt-deux royalistes ont été tués, et 30 blessés ». 

Cette affaire n’est pas passée inaperçue, puisque le ministre de la Police, le terrible Fouché en personne, en félicite le commissaire central du Maine-et-Loire le 5 octobre 1799 : « Vous m’annoncez, citoyen, par votre bulletin du 30 fructidor, la défaite des brigands à St.-Macaire, par une colonne républicaine sous les ordres du citoyen Delaunet (1). Ce succès est d’autant plus satisfaisant, qu’il n’a pas été acheté au prix du sang de nos intrépides défenseurs… »

Affiches Angers 2Lettre de Fouché sur le combat de Saint-Macaire-en-Mauges, reproduite par Les Affiches d'Angers du 9 octobre 1799 (A.D. 49)
    

En fait, l’un de ces « intrépides défenseurs » en aura bien payé le prix, trois jours plus tard. Le présumé coupable de cette vengeance, un certain Bernard Lefort, sera condamné sans preuve et fusillé devant la maison de la Caillère, comme l’article du Courrier de l’Ouest conclut cette histoire. 
   

La CaillereLa maison de la Caillère
  


Note : 

  1. Il s'agit de François-René Delaunet. Ce fervent républicain fut l'un membres de la « Société des Onze » qui œuvra en 1796-1806 à la reconstruction de l'industrie textile choletaise. C'est d'ailleurs un convoi de cette société que les insurgés attaquèrent à Saint-Macaire-en-Mauges en septembre 1799. Delaunet prit la tête de cette colonne au double titre d'adjoint de l'adjudant général Delaage et de co-associé des Onze.