Parmi les vitraux de l’église de La Salle-de-Vihiers, présentés à la dernière journée des Amis du Pont-Paillat, figure une scène de l’entrée en guerre de cette paroisse angevine en mars 1793. 

Le Plessis Malineau 1Détail de la scène des conscrits de La Salle-de-Vihiers en 1793
(église de La Salle-de-Vihiers)
   

La France est en guerre depuis 1792, une guerre voulue par les révolutionnaires qui l’ont déclarée d’abord à l’Autriche le 20 avril de cette année, puis à l’Angleterre le 1er février 1793 et à l’Espagne le 7 mars suivant. Pour répondre au besoin grandissant de troupes sur les frontières, la Convention a voté le 24 février 1793 un décret ordonnant une levée de 300.000 hommes. 

Sa proclamation mit le feu aux poudres parmi les habitants des Mauges déjà très hostiles à un gouvernement dont la politique anticatholique a soulevé l’indignation et la colère depuis 1791. « S’il se fut agi uniquement de protéger contre l’étranger le sol de la patrie, ils auraient consenti, malgré leur vive répugnance, (…) à s’éloigner de leur pays, pour venger l’honneur national et sauvegarder l’intégrité du territoire français » (F. Deniau, Histoire de la Vendée, t. I, p. 242). Mais ils ne virent dans cette mesure qu’un assujettissement intolérable et déclarèrent qu’ils ne tireraient jamais au sort pour la conscription. 

« Cependant ils n’étaient pas prêts à se battre. Il n’existait entre eux aucune entente préalable (…) ; ils étaient tous sans armes, sans munitions, sans plan arrêté, sans chef et sans organisation. Une seule chose les unissait, c’était la haine profonde qu’ils portaient à la Révolution » (Deniau, op. cit., p. 243). Les conscrits se réunirent ainsi dans chaque paroisse pour s'encourager et chercher à se concerter avec leurs camarades des paroisses voisines. 

Le rassemblement au Plessis-Malineau de La Salle-de-Vihiers

Au pays de Vihiers, les gars du Voide se réunissaient soit dans le bourg, soit « au village de Gastines et à la métairie du Puy, chez le syndic qui, désillusionné alors de ses idées démocratiques, les encourageait dans leur projet » (Deniau, op. cit., p. 244) ; tandis que ceux de La Salle-de-Vihiers s’assemblaient dans les prairies du château du Plessis-Malineau, au nord du bourg (pas très loin du Carrefour des Chats).
   

Le Plessis MalineauLe château du Plessis-Malineau a été reconstruit en 1842. C'est pourtant sous cette forme anachronique qu'il apparaît dans le vitrail de la scène de 1793. 

Le Plessis Malineau 2Le château du Plessis-Malineau dans la scène de 1793
   

« Un jour, l’un d’eux, se faisant orateur, monta sur un tertre, déclama fortement contre ceux qui se rendraient à la conscription, et termina sa harangue par cette apostrophe : Que ceux qui veulent servir la République passent à gauche ; et que ceux qui veulent mourir dans leur pays pour la Religion passent à droite. Tous passèrent à droite et s’engagèrent à ne pas se présenter au tirage » (ibidem). 

Cet événement fut rapporté à l’abbé Deniau par le témoignage de Papin, meunier au moulin de Paradis, paroisse de La Salle-de-Vihiers, qui fut l’un des conscrits présents ce jour-là. Partout dans les Mauges, on vit de semblables protestations éclater à la mi-mars 1793. 

    

Le Plessis Malineau 4La scène des conscrits de La Salle-de-Vihiers en 1793 

 

Le Plessis Malineau 3La légende au bas du vitrail