Les Amis du Pont-Paillat ont sillonné hier le pays entre Argenton et Bressuire, sur les traces des souvenirs des Guerres de Vendée à Saint-Clémentin, Voultegon, La Coudre et Saint-Aubin-du-Plain. 

Saint-ClementinSur la tombe du curé Larc, à Saint-Clémentin
   

La journée a débuté au cimetière de Saint-Clémentin, sur la tombe de l’abbé Pierre Larc, curé de la paroisse de 1765 à 1801. Richard Lueil a évoqué la vie de ce prêtre réfractaire et relaté, d’après le registre clandestin que ce dernier nous a transmis, les massacres auxquels les Bleus se sont livrés sur ce territoire. 

Les chapelles closes de Saint-Clémentin et Voultegon 

Nous avons profité de notre visite à Saint-Clémentin pour découvrir deux édifices remarquables : la chapelle des Rosiers, derrière laquelle sourd une fontaine, et la petite chapelle de Saint-Ouen, proches l’une de l’autre sur un coteau de l’Argenton. Les deux édifices, hélas fermés en ce dimanche matin, ne se sont révélés que de l’extérieur, en particulier le campanile de la chapelle des Rosiers et ses deux cloches.

Sous la Révolution, les habitants descendirent la plus petite et l’immergèrent dans la rivière pour la mettre à l’abri des Bleus, qui s’emparèrent de la plus grosse. Au retour de la paix, la petite cloche fut sortie de l’eau et retrouva sa place. Elle porte l’inscription : « Hierosme Baricher, seigneur de Migaland, en 1736 ». Celle qui avait été emportée par les Bleus fut remplacée bien plus tard par une nouvelle baptisée « Marie-Magdeleine », installée en 2005. 
   

Chapelle des Rosiers 1La chapelle des Rosiers vue depuis la chapelle Saint-Ouen

Chapelle des Rosiers 2La chapelle des Rosiers

Chapelle des Rosiers 3Le campanile de la chapelle des Rosiers et ses deux cloches

Chapelle Saint-OuenLa chapelle Saint-Ouen
      

Après un pique-nique dans le cadre bucolique du Grand-Pont, au bord de la rivière de l’Argenton, nous avons porté nos pas vers le bourg de Voultegon. Nous y avons visité son église, l’une des plus anciennes de la région, remarquant au passage une dalle gravée du nom de « La Rochejaquelein » (dont le château se situe dans la campagne de Voultegon) ; et prolongé la balade jusqu’à deux modestes chapelles, elles aussi verrouillées : Notre-Dame de Bonne Nouvelle, avec son étrange coiffe pyramidale de briques, et Saint-Sébastien. 
   

Le Grand-PontLe Grand-Pont, entre Saint-Clémentin et Voultegon

La RochejaqueleinLa dalle gravée au nom de La Rochejaquelein dans l'église de Voultegon

 

VoultegonL'église de Voultegon, les chapelles Notre-Dame de Bonne Nouvelle et Saint-Sébastien
   

Sur les traces de la colonne infernale de Grignon

L’étape suivante nous a menés à La Coudre, où se dresse la croix de la Coindrie, la première érigée par le Souvenir Vendéen, en 1934. Restaurée en 2015, elle a retrouvé ses trois plaques de marbre qui avaient été brisées. On peut y lire les noms de prêtres et l’hommage au millier de victimes de la Révolution dans les paroisses alentour, La Coudre, Voultegon, Saint-Clémentin, Sanzay, Saint-Aubin-du-Plain, etc. 
   

La CoudreLa croix de la Coindrie, à La Coudre
   

C’est d’ailleurs à Saint-Aubin-du-Plain que cette promenade s’est achevée. Richard nous a raconté le passage dans ce village de la colonne infernale de Grignon en janvier 1794.

Il nous a également conduits jusqu’à un monument tombé dans l’oubli, en dépit de son nom : « la croix du souvenir ». Aucun document ne rapporte son origine. Seule une inscription nous donne un indice : « LR 1833 ». S’agirait-il du fougueux fils cadet de Louis de La Rochejaquelein (le frère de « Monsieur Henri ») et de Victoire de Donnissan, la célèbre mémorialiste des Guerres de Vendée ? Ce fils prénommé Louis comme son père, s’engagea dans la guerre carliste, à l’instar de son oncle Auguste, et fut tué devant Lisbonne… en 1833 ! En observant l’orientation de la croix et de ses inscriptions, on constate qu’elles sont désaxées par rapport au chemin et qu’elles regardent vers le sud-ouest, vers le Portugal où le jeune Louis de La Rochejaquelein est mort à l’âge de 24 ans. 
   

Croix du souvenirLa mystérieuse croix du souvenir
   

Un dernier arrêt a été enfin marqué sur l’ancienne route d’Argenton à Bressuire, une voie bordée d’arbres et de haies, qui vit passer au début de l’année 1794 les soldats de Grignon. Richard a indiqué l’emplacement où cette colonne commit un terrible massacre et où les victimes seraient inhumées. 
   

Saint Aubin du PlainLa vieille route d'Argenton à Bressuire, par où est passée la colonne de Grignon
    

La journée s’est achevée sur ce site ignoré de la grande histoire, comme tant d’autres de ces lieux de mémoire que les Amis du Pont-Paillat s’efforcent de sortir de l’oubli. 

Le compte rendu de Richard Lueil est consultable ici, et son article sur sa visite de Voultegon et Saint-Clémentin en 2015 ici
   


De retour à Saint-Clémentin, la curiosité nous a poussés à retourner à la chapelle des Rosiers : heureuse initiative, car elle était ouverte, ce qui nous a permis d’admirer les fresques qui en décorent partiellement ses vieux murs. Seconde chance : la petite chapelle Saint-Ouen était ouverte elle aussi ! 
   

La chapelle des Rosiers et ses fresques : 

Chapelle des Rosiers 1

Chapelle des Rosiers 2

Chapelle des Rosiers 3

Chapelle des Rosiers 4

Chapelle des Rosiers 5

 

Chapelle des Rosiers 6

  
La chapelle Saint-Ouen et son autel peint : 

Chapelle Saint-Ouen 1

Chapelle Saint-Ouen 2

Chapelle Saint-Ouen 3

Chapelle Saint-Ouen 4

Chapelle Saint-Ouen 5