Les papiers du préfet de la Vendée, Paulze d’Ivoy, citaient parmi les exactions des Chouans d’Ardelay une affaire impliquant un certain Bléret, maréchal des logis de gendarmerie, agressé près du village du Bois-Joly le 21 novembre 1832. Or la blessure reçue par ce militaire eut des conséquences éprouvantes pour la commune.

Affaire BleretLes mentions de « l'affaire Bléret » en marge du registre des délibérations communales d'Ardelay (A.D. 85)
   

Cette affaire mérite d’être détaillée, car elle fit grand bruit en Vendée et au-delà. Elle donna lieu en effet à une procédure judiciaire, non pas contre les agresseurs du militaire, mais contre cette « mauvaise commune d’Ardelay ».

Le procès du Chouan Monois en 1840

Les pièces de ce procès ne se trouvent plus, hélas, dans le dossier « Tribunal de première instance de Montaigu, puis La Roche-sur-Yon, 1800-1840 », conservé aux A.D. 85 sous la cote 3 U 1-637 ; la raison en est que l’appel les fit certainement passer au tribunal de Poitiers. Par chance, cette histoire fit à nouveau parler d’elle en 1840, dans la Gazette des Tribunaux (édition du 17 mai 1840), lorsque le fameux Monois, le même qui aurait été arrêté par Bléret et les deux gendarmes en 1832, passa devant la cour d’assises de la Vendée pour cette affaire d’Ardelay, ainsi qu’une autre à Vendrennes, pour lesquelles deux condamnations à mort avaient été prononcées contre lui par contumace.

On y apprend que l’accusé, Louis-René Monois, est « un jeune homme de haute taille et d’une force remarquable ; sa figure est régulière et expressive ; ses yeux noirs annoncent l’intelligence ; il s’exprime en fort bons termes, sans emportement… il a vingt-huit ans ». Le personnage n’a vraiment rien du brigand hirsute.

Le premier témoin à comparaître se nomme Chotard, lieutenant de gendarmerie aux Herbiers, qui ne semble pas particulièrement sûr de l’identité de l’accusé, lui qui n’était même pas sur les lieux de l’agression :

« Je ne connais pas Monois ; je sais qu’on le signalait comme un chouan redoutable ; c’est à tort ou à raison, je l’ignore. Le 21 novembre 1832, je fus informé que M. Bleret, maréchal-des-logis aux Herbiers, ramenant un chouan qu’on me dit être Monois, fut surpris et attaqué dans la commune d’Ardelay par les réfractaires et les amis du prisonnier. Le maréchal-des-logis était porteur d’une arme bourgeoise (un poignard) ; il s’en saisit et voulut frapper l’homme qu’il conduisait ; mais à l’instant même une décharge d’armes à feu se fit entendre, et le gendarme eut le bras cassé. Le prisonnier s’élance aussitôt sur la carabine du maréchal-des-logis qui venait de tomber, fuit à toutes jambes et rejoint ses camarades. Les deux gendarmes qui accompagnaient M. Bleret s’empressèrent auprès de lui ; mais il leur recommanda de partir au plus vite pour les Herbiers, d’aller donner connaissance de ce qui venait d’avoir lieu et de revenir avec des secours. À peine fus-je instruit de ce qui s’était passé, je partis pour Ardelay, et je trouvai M. Bleret qui recevait les secours d’un nommé Briand qui lui avait donné l’hospitalité. »

Une lettre du gendarme Chotard au procureur du Roi, datée du 8 janvier 1833, nous donne la mesure de la fiabilité de son témoignage : « Je fais partir demain le Sr Pierre Soulard de la commune d’Ardelay (1), chouan gangréné & dangereux, pris les armes à la main, ancien éclaireur de 1815, redouté par tous les honnêtes gens du pays. Cet homme était parti de chez lui le 22 novembre dernier, lendemain de l’assassinat (sic) du m. des logis Bléret ; était-il compromis dans cette malheureuse affaire ? Je l’ignore… » (2)
  

Signature de BleretSignature de François Bléret (A.D. 85, 3 U 1-637)
  

Revenons au procès de 1840. Après Chotard, Bléret en personne se présente à la barre. Il n’appartient plus à la gendarmerie, porte l’habit bourgeois, avec la Légion d’honneur à sa boutonnière. Il est noté que « son bras droit est amputé depuis l’affaire d’Ardelay ». Ce détail soulève une question : on pourrait penser qu’il avait cessé de servir dans la gendarmerie à cause de cette amputation ; mais non, car une procédure fut engagée contre les gendarmes Bléret et Chotard à la suite de l’évasion de trois détenus (François Bailly, Pierre Guillet et Pierre Raballand) de la « chambre de sûreté » des Herbiers dans la nuit du 19 au 20 février 1833. L’instruction ne fournit aucune charge contre les deux militaires qui furent relaxés le 3 juin suivant (3). Il semblerait par conséquent que l’agression contre Bléret ne l’avait pas rendu si impotent qu’il n’y paraissait. Au passage, cette dernière procédure nous donne quelques informations sur ce personnage : il s’appellait François Bléret, était âgé de 46 ans (en 1833) et natif de Liège.

Ledit Bléret livre ainsi son propre témoignage, bien plus précis sur cette affaire, contre Monois :

« Le 21 novembre 1832, j’étais en tournée avec les gendarmes Héroguez et Simon Lambert. En arrivant au village d’Ardelay, j’aperçus un homme dont la figure et la tenue m’inspirèrent des soupçons. Je lui demandai ses papiers, il n’en avait point ; il se recommanda de différentes personnes qui ne voulurent pas le reconnaître. L’émotion qui se manifesta alors sur la figure de plusieurs habitans du village, me fit penser que je venais de faire une arrestation importante. Je déclarai donc à mon prisonnier que j’allais le conduire aux Herbiers. Nous nous mîmes immédiatement en route ; un des gendarmes marchait devant, l’autre derrière ; j’étais au milieu avec l’homme que nous conduisions. J’ordonnai à l’un de mes gendarmes de croiser la baïonnette sur le prisonnier toutes les fois que nous passerions un échalier, car nous ne suivions pas la route frayée, nous avions pris à travers champs. À peine étions-nous rendus près d’un endroit nommé le Bois-Joly, que nous entendîmes les cris : embarre ! embarre ! (sic) et nous vîmes apparaître des jeunes gens du pays, les uns armés de fusils, les autres armées de fourches et de bâtons. Je saisis mon poignard, et je voulus en frapper mon prisonnier ; il esquiva le coup.

Ce fut dans ce moment qu’eut lieu l’explosion d’une arme à feu et je fus blessé au bras. Ma carabine étant tombée à terre, le prisonnier s’en empara, s’avança sur un des gendarmes et brisa mon arme sur le fusil d’un de mes hommes ; puis il se mit à fuir et rejoignit ses camarades. Le gendarme Héroguez avait eu le temps de lui donner dans les reins un coup de baïonnette ; l’autre gendarme lui tira, quand il fuyait, un coup de fusil qui l’atteignit à l’oreille ou au cou. J’ordonnai à Lambert et à Héroguez d’aller porter aux Herbiers la nouvelle de cet événement, et seul, soutenant de la main gauche mon bras fracassé, je me réfugiai derrière une mouche de bois. Appuyé près d’un fossé, j’armai mes deux pistolets et je me disposai à défendre ma vie. Les chouans passèrent à côté de moi, mais ils ne m’aperçurent pas. Quelques instants après vint une jeune fille qui me regarda longtemps ; je craignis qu’elle n’allât prévenir les réfractaires ; je fis un effort : je me levai et je parvins à me traîner jusqu’au domicile d’un brave homme nommé Briand, qui me reçut chez lui. Je crois bien que l’homme que j’emmenai le 21 novembre 1832, c’est l’accusé Monois, ici présent, mais je n’oserais pas l’affirmer. »

Après la déposition d’Héroguez et de Lambert est évoquée la thèse selon laquelle Bléret aurait été blessé par l’un des deux gendarmes. Chotard objecte que « la balle qui a atteint le maréchal-des-logis ne ressemble en rien à celles qu’on donnait à la gendarmerie… »

Le dernier témoignage, le plus compromettant pour Monois, émane de la femme Simonneau : « Le soir du 21 novembre, j’ai vu Monois qui revenait avec deux de ses camarades. Il saignait au cou, était soutenu par Guesdon et par Bourasseau, dit Cambronne. Quelque temps après, je vis encore Monois avec Baraud (4) et quelques autres réfractaires. On lui avait donné un gros bouquet qu’il portait à sa boutonnière, pour fêter sa guérison… »

La suite du procès concerne l’affaire de Vendrennes, qui sort de notre cadre déjà bien garni. Après une heure de délibération, le jury rapporte un verdict négatif sur l’affaire d’Ardelay, mais affirmatif sur la seconde, condamnant Monois à quinze ans de travaux forcés.
  

La mauvaise commune
« C'est sur le territoire de la mauvaise commune d'Ardelay
que le crime a été commis… », phrase extraite d'une lettre du procureur du Roi
au préfet de la Vendée, 22 juin 1833 (A.D. 85, 1 M 428)
    

Ardelay condamné pour ses Chouans

Ce procès de 1840 mentionne un point intéressant pour la suite de l’affaire d’Ardelay du 21 novembre 1832 : « Il (Bléret) a plaidé contre la commune où s’étaient passés les événements dont il a été victime, et il a obtenu 3.000 fr. de dommages-intérêts » (5).

Le décret du 10 vendémiaire an IV (2 octobre 1795) stipule en effet que « chaque commune est responsable des délits commis à force ouverte ou par violence sur son territoire, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit envers les personnes, soit contre les propriétés nationales ou privées, ainsi que des dommages-intérêts auxquels ils donneront lieu » (titre IV, art. Ier).

Faute d’avoir pu mettre la main sur les Chouans responsables de cette attaque, c’est donc la commune d’Ardelay elle-même qui fut condamnée à réparer le tort causé au maréchal des logis Bléret. Ce verdict éprouva durement la municipalité, comme nous le montrent ses délibérations au fil des années de 1833 à 1835 (6).

Le 3 décembre 1833, au cours d’une session libellée « procès de la commune dans l’affaire Bléret », le conseil municipal d’Ardelay se réunit afin de délibérer « s’il y a lieu dans l’intérêt de la commune, de former appel du jugement rendu (…) ou d’adhérer audit jugement ». La décision de faire appel l’emporta.

Le 28 décembre suivant, « la commune se trouvant grévée de 428 fr. de dettes contractées pour couvrir les premiers frais du procès dans l’affaire Bléret », le conseil demanda une « autorisation d’imposition de centimes additionnels sur les contributions foncières, personnelles, mobilières et sur les patentes ». Car cette dette faisait capoter les investissements de la commune, comme l’acquisition d’une maison pour l’instituteur, projet formulé et aussitôt abandonné par le conseil le 6 juillet 1834.

Nouvelle déception le 3 février 1835 : Me Bouin-Beaupré, avoué à la cour royale de Poitiers, annonça à la commune que son appel formé contre le jugement rendu par le tribunal de Bourbon le 26 mai 1833 avait été rejeté. Le conseil en débattit le 6 mars 1835 : « considérant que la malheureuse affaire si injustement intentée contre la commune ne permet plus aucun recours devant les tribunaux ; que par conséquent il est urgent de prendre les mesures les plus propres à arrêter les frais et l’accroissement des charges imposées à la commune », il arrêta :

  1. qu’une députation se rendra devant le préfet de la Vendée pour solliciter son soutien afin d’obtenir du gouvernement la remise des 3.000 francs d’amende à laquelle la commune est condamnée ;
  2. de liquider la somme due pour les frais de justice de la première instance et de l’appel (une souscription ouverte en décembre 1833 avait produit 418 francs), et d’aviser aux moyens de répartir le total des charges entre tous les contribuables d’Ardelay.

Je n’ai pas trouvé de courriers d’Ardelay dans la correspondance du préfet de la Vendée aux A.D. 85 (7), qui permettraient de savoir s’il a été donné suite à cette sollicitation. On peut en douter, étant donné que cette sanction devait servir d’exemple aux yeux des autres municipalités vendéennes.

Le 17 mars 1835, le conseil se réunit une fois encore autour de l’affaire Bléret, cette fois pour délibérer d’une imposition extraordinaire : « considérant que la commune d’Ardelay se trouvant grévée de 4.178 francs de dettes contractées par suite de l’amende à laquelle elle a été condamnée par le tribunal de Bourbon-Vendée le 26 mai 1833 et par la cour d’appel de Poitiers le 13 février 1835, et que les revenus de ladite commune qui ne s’élèvent qu’à 6.225 francs ne pouvant nullement suffire à cette dépense, nous proposons à M. le préfet de la Vendée la demande d’une autorisation d’imposition extraordinaire de vingt centimes additionnels sur les contributions foncières, portes et fenêtres, personnelles, mobilières et sur les patentes pour subvenir à cette dépense… »

Le budget de 1836 présenté lors de la réunion du conseil le 30 mai 1835, indique des dépenses extraordinaires se composant « d’un à-compte de 1.500 francs à payer au Sr Bléret et d’un autre à-compte de 300 francs sur les frais du procès gagné par ledit Bléret contre la commune ».

Les dépenses liées à cette affaire n’apparaissent plus à partir de 1837. La commune a-t-elle bénéficié de la remise qu’elle avait sollicitée auprès du préfet deux ans auparavant ? Cela ne figure pas dans les délibérations communales. Toujours est-il que les investissements reprirent en 1838, comme la réfection des chemins ou la réparation de l’horloge du clocher.
  

La Motte-Boisseau et le Bois-JolyVue depuis la route de Saint-Paul-en-Pareds aux Noyers :
au premier plan, la ferme (à peine visible) de la Motte-Boisseau, refuge de la famille de Hillerin en 1794 et repaire de Chouans en 1832-1833, et plus loin le village du Bois-Joly. Entre les deux coule le Petit-Lay.

  

Le souvenir des Chouans d’Ardelay

Henri Bourgeois consacra un article aux réfractaires d’Ardelay dans La Vendée historique de 1910 (pp. 280-285), établi d’après les notes du comte de Chabot. L’affaire Bléret y figure, sans le nom de l’intéressé :

« Deux gendarmes (ils étaient trois en réalité), en tournée sur le chemin du Bois-Joly, se trouvèrent un jour en présence d'une troupe de réfractaires. L'un de ceux-ci, armé d'une espingole, voulut tirer, mais l'espingole rata. L'un des gendarmes s'élança contre les jeunes gens, tandis que l'autre, faisant feu, blesse son camarade. Les jeunes gens déguerpirent mais les gendarmes, à l'aide de faux témoins, dont un nommé Briand dit Lunette, jurèrent que c'étaient les réfractaires qui avaient tiré.

Quatre jeunes gens du Bois-Joly, complètement innocents, les nommés Pineau, Simonneau, Fonteneau, Rousseau et un cinquième, je crois dont le nom m'échappe, furent condamnés pour ce fait, à la Roche, à trois mois de prison. La commune d'Ardelay fut condamnée elle-même à payer au gendarme blessé par son camarade une rente viagère de 2.000 francs. »

On sait désormais qu’il ne s’agissait pas d’une rente viagère de 2.000 francs, mais d’une amende unique de 3.000 francs.

Concluons en relevant l’une des anecdotes, elle aussi plus ou moins arrangées par la tradition orale dans cet article de La Vendée historique :

L’auteur y dénonçait les manœuvres des « citoyens Ag…, Deb… et Mer… » ; Il s'agissait d'Ageron, propriétaire du château du Landreau et de la Grainetière (achetés comme biens nationaux), de Debureau, notaire aux Herbiers, et de Mercerot. « Ces trois personnages, alors les plus gros bonnets des Herbiers, provoquaient et multipliaient chaque jour les chasses aux réfractaires. À l'occasion ils n'hésitaient point à présider eux-mêmes à de sanglantes exécutions.

C'est ainsi qu'un jour, sur leur dénonciation et par leur ordre, deux malheureux jeunes gens, bien que non armés, furent arrêtés et fusillés, séance tenante, sur le territoire d'Ardelay : le premier, nommé Michel (de Saint-Paul-en-Pareds) (8), dans un champ de l'Étang ; le second, nommé Chagnoleau (de Saint-Prouant), au village de la Porcherie. Les corps furent transportés aux Herbiers sur de la paille, dans une charrette à bœufs.

À quelques jours de là (je copie textuellement les notes de M. le Comte de Chabot), le citoyen Deb…, étant allé faire un testament à la Porcherie, tomba mort subitement, et la même charrette qui avait servi à transporter les corps des deux victimes servit à le transporter lui-même sur la paille aux Herbiers. Dans cette lugubre coïncidence les habitants du pays virent le doigt de Dieu. »

Si vengeance du Ciel il y eut, Dieu prit tout son temps, car en consultant les registres de l’état civil des Herbiers, on découvre que le décès du notaire des Herbiers, Adolphe-Isidor-Henry Debureau, eut lieu le 17 février 1849 ! On est loin de la période où les Chouans d’Ardelay menaient la vie dure aux philippards.
  


Notes :

  1. Ce Pierre Soulard habitait le village de Beauregard, d’après le recensement de population de 1820.
  2. Lettre de Chotard dans les papiers du procès contre Louis Bouchet, meunier au moulin de Pauneau (Ponneau), Saint-Martin-Lars-en-Tiffauges (actuel Saint-Martin-des-Tilleuls), janvier 1833, pour recel de malfaiteurs, A.D. 85, 3 U 1-637.
  3. A.D. 85, 3 U 1-637.
  4. Sûrement le même que celui cité par le préfet Paulze d’Ivoy dans la première partie de cet article, à la date du 17 janvier 1833.
  5. La condamnation fut en réalité bien plus lourde pour Ardelay. Le 12 février 1835, le préfet écrivit à tous les maires du département de la Vendée que, « par arrêt du 12 février dernier, la cour royale de Poitiers a confirmé le jugement du tribunal de première instance de Bourbon-Vendée qui, par application des dispositions de la loi du 10 vendémiaire an 4, a condamné la commune d’Ardelay à trois mille francs d’amende envers l’État et à trois mille francs de dommages et intérêts envers le maréchal des logis de gendarmerie Bléret » (A.D. 85, Recueil des actes administratifs de la Préfecture de la Vendée, 1835, 4 Num 219/26, pp. 721-722). La sanction à l’encontre de la commune d’Ardelay devait être exemplaire.
  6. A.D. 85, Délibérations communales d’Ardelay, avril 1816 – janv. 1838.
  7. Affaire générales et politiques, Monarchie de Juillet, troubles de 1832, plaintes, indemnités, etc. (1832-1836), sous la cote 1 M 428.
  8. Il s’appelait Bachelaire, d’après M. Girard, La Fin de la Rabinaïe n° 78, p. 15.