L'appropriation abusive du nom du Souvenir Vendéen par les organisateurs de la « marche » du 14 décembre dernier au Mans, et les débordements qui ont suivi cette manifestation, amplifiés et déformés par les médias, ont non seulement sali le nom de l'association, mais aussi nui à la mémoire des victimes des massacres des 12 et 13 décembre 1793. Le Souvenir Vendéen souhaite par conséquent faire entendre sa voix sur ces événements.

InrapNon, les massacres du Mans ne sont pas « prétendus » comme l'a affirmé un élu local (1) ; ils sont parfaitement documentés par des sources essentiellement républicaines et par l'archéologie (ci-dessus, cliché Inrap). La manifestation politique du 14 décembre dernier a indirectement porté atteinte à la mémoire des victimes.
    

Communiqué du Souvenir Vendéen :

L’Association du Souvenir Vendéen, à travers la voix de son Président, Olivier du BOUCHERON, tient à rectifier des amalgames inadmissibles qui ont été diffusés (2), à la suite des exactions dans la Ville du Mans de quelques personnes complètement étrangères à l’association. Depuis deux ans, le Souvenir Vendéen a fait le choix de ne pas être dans l’organisation du rassemblement commémoratif annuel, afin de ne pas être justement dans la confusion des genres. Il convient de se souvenir, dans la dignité, des massacres du Mans des 12 et 13 décembre 1793. Il doit être précisé qu’ils ne sont pas « supposés », comme cela a été dit trop rapidement, mais bien réels. L'étude anthropologique détaillée des charniers exhumés en 2009 aux Jacobins décrit les atrocités inscrites dans les ossements avec une grande précision.

Depuis sa création en 1932 par le Docteur Coubard, le Souvenir Vendéen a toujours été une association strictement apolitique et n’a jamais été une chapelle de la mémoire. En effet, le souci de la précision historique a fait la réputation de l’association. Elle a collecté depuis près de 90 ans à la fois les traces de l’histoire des guerres de Vendée à travers sa revue de référence mais aussi les témoignages précieux de la mémoire populaire. L’association est aujourd’hui une véritable institution ayant posé plus de 200 plaques et monuments sur le territoire de la Vendée militaire et même jusqu’en Guyane…

La mémoire des drames de la Guerre de Vendée et de ses milliers de familles meurtries ne peut en aucun cas servir des desseins politiques et encore moins être salie par l’inacceptable attitude de quelques extrémistes de tous bords. Cette mémoire de nos grands aînés ne doit pas être bafouée par les méfaits de quelques olibrius pensant sauver le monde en haïssant l’humanité.

Au cœur de la guerre de 1793, de grands chefs comme Bonchamps nous ont montré un exemple de grandeur par le respect des hommes et parfois de ceux qui étaient prêts à les tuer.

Non seulement le Souvenir Vendéen dénonce les événements du samedi 14 décembre, mais refuse tout amalgame avec ces attitudes dégradantes.

L’association s’est toujours inscrite dans le respect des règles de notre pays. Elle a toujours servi dans la dignité la mémoire de ceux qui sont allés jusqu’au sacrifice pour défendre leur liberté de conscience.
   


Notes :

  1. C'est ce qu'a déclaré à l'AFP Christophe Counil, adjoint au maire du Mans à la sécurité « Tous les ans, le “Souvenir vendéen” commémore le prétendu massacre par les Républicains des Vendéens au Mans en 1793 ». La dépêche a été recopiée sottement par plusieurs journaux, notamment Le Télégramme (15 décembre 2019).
  2. Valeurs Actuelles écrit ainsi, sans avoir pris la peine de mener aucune vérification, que « la commémoration du souvenir vendéen, qui se tenait en soirée samedi 14 décembre au pied de la muraille du Mans, a débouché plus tard dans la soirée à des échauffourées entre nationalistes et antifas » (16 décembre 2019).