C’est un peu de la mémoire du Mans qui vient de disparaître, l’un des très rares souvenirs des massacres de décembre 1793 visibles dans la ville. Victime hautement symbolique de l’agitation politique de samedi dernier, la plaque posée en 1993 sur une maison de la cour d’Assé a été arrachée.

Plaque Le Mans

Sur cette petite plaque de bronze aux lettres dorées on pouvait lire jusqu’à récemment : « 1793-1993. À la mémoire de l’Holocauste des 15.000 victimes massacrées aux batailles du Mans les 12 & 13 déc. 1793 par les armées républicaines de Kléber, Muller & Westermann pendant la Virée de Galerie lors du grand soulèvement des Provinces de l’Ouest ».

Madame du Fayet de La Tour, à l’origine de cette création, la fit poser sur la façade de sa maison de la cour d’Assé, puis inaugurer le samedi 11 décembre 1993 devant une soixantaine de personnes. Lorsqu’elle vendit sa maison, elle confia à l’association du Souvenir Vendéen la propriété de cette plaque afin d’en assurer la pérennité. Rien jusqu’alors n’avait réellement porté atteinte à cette inscription, si ce n’est un graffiti marqué à la peinture rouge sur le mur au-dessous, juste avant la commémoration du 11 décembre 2016. Une belle gerbe de fleurs en forme de Sacré-Cœur avait suffi à le cacher.

Les débordements consécutifs à la manifestation politique de samedi dernier, qui a usurpé le nom du Souvenir Vendéen et ruiné le travail des associations mémorielles au Mans, ont conduit à des représailles sur le seul élément commémoratif des massacres du Mans visible dans l’espace public. Il en reste cependant un autre, moins connu, dont je n’indiquerai pas la localisation pour éviter que les mêmes énergumènes ne provoquent aussi sa destruction.

Le Souvenir Vendéen a porté plainte pour le vol de la plaque de la cour d’Assé.
  

Souvenir VendeenLe passage à la cour d'Assé des participants à la commémoration des massacres du Mans, le 11 décembre 2016