Célèbre héroïne de la Vendée, Louise Regrenil est connue sous son surnom de « la Hussarde » depuis qu’elle entra en guerre en 1793 en s’attaquant à un cavalier républicain pour s’emparer de ses armes et de son cheval. Elle survécut à tous ses combats, rencontra Napoléon en 1808, et finit sa vie à la Tanchère de L’Oie. Mais où se trouve sa tombe ?

Cimetiere de Sainte-Florence 3Au milieu du cimetière de Sainte-Florence, une tombe délabrée…
  

Dernière fille de Jacques Regrenil et de Jeanne Parpaillon, Louise est née vers 1764 (1). Elle entra comme novice chez les Ursulines de Luçon, en 1783, avec sa sœur Marie-Louise. La Révolution les chassa du couvent et les ramena chez elles, à la Tanchère (2). Comme elles avaient refusé toutes deux de prêter le serment constitutionnel, des soldats vinrent les arrêter, en mars 1793, sans parvenir à leur mettre la main dessus. Furieux, ils s’en prirent à l’un des frères des fugitives, Jean-François, âgé de 34 ans, qu’ils massacrèrent sur place. Louise jura alors de le venger.

Une farouche amazone vendéenne

Elle n’eut pas à attendre bien longtemps : l’insurrection vendéenne lui en donna les moyens. Elle se présenta au château de l’Herbergement-Ydreau, l’un des quartiers généraux de l’Armée du Centre, portant des vêtements d’homme empruntés à ses valets. Le lendemain, elle s’attaqua à un cavalier républicain, sur la grand-route de L’Oie à Chantonnay, le tua et s’empara de ses armes et de son cheval. Ce fait d’armes lui valut son surnom de « la Hussarde ».

Louise accompagna l’armée du Centre dans ses campagnes de 1793, y compris la Virée de Galerne. Elle s’illustra aux combats de Dol et du Mans, échappa au désastre de Savenay et parvint à rentrer en Vendée.

De retour à la Tanchère, elle se consacra le jour aux travaux des champs, et la nuit à la chasse aux soldats républicains isolés. On raconte que deux Bleus se présentèrent un jour pour prendre logement chez elle. L’un d’eux, en voyant les lieux, se souvint qu’il était déjà venu ici et qu’il y avait tué un homme. Reconnaissant l’un des meurtriers de son frère, Louise saisit une broche à rôtir et pourchassa les deux soldats qui s’enfuirent sans leurs fusils.

À l'occasion de son passage en Vendée, Napoléon la rencontra pendant sa brève étape aux Quatre-Chemins-de-l’Oie, le matin du lundi 8 août 1808, et la félicita pour son courage.

« La Hussarde» conserva la même fougue toute sa vie. On dit que lorsque les soldats de Louis-Philippe vinrent à la Tanchère pour lui confisquer le fusil d’honneur qu’elle avait reçu du roi en 1820, elle préféra le briser sur la pierre du foyer (3).

La tombe de la Hussarde

La vie de Louise Regrenil s’acheva dans la demeure familiale de la Tanchère, le 23 novembre 1846. Son corps fut déposé dans le caveau des Regrenil. On pensait que sa tombe avait disparu lors du transfert du cimetière de Sainte-Florence, mais Jean Lagniau a montré qu’il n’en était rien :

« Un descendant de sa sœur, Jeanne Faucheron (4), ces dernières années, avant de mourir aux Herbiers, m’indiqua que les restes de tous les Regrenil avaient été réinhumés dans le tombeau Faucheron, près de la croix centrale du cimetière, et que la Hussarde y reposait » (5).

Jean Lagniau émettait le vœu que les habitants de Sainte-Florence honorent cette héroïne locale « par l’apposition d’une plaque à sa mémoire » (6). Malheureusement son appel ne fut pas entendu. Plus grave encore, la tombe Faucheron se trouve aujourd’hui dans un état de péril avancé qui risque de la faire disparaître si rien n’est entrepris pour la sauvegarder.
  

Cimetiere de Sainte-Florence 1La tombe Faucheron où reposent tous les Regrenil

Cimetiere de Sainte-Florence 2La plaque permettant d'identifier la tombe n'est pas scellée.

Cimetiere de Sainte-Florence 4La tombe à gauche de la grande croix du cimetière de Sainte-Florence
  


Notes :

  1. En l’absence de son acte de baptême, on peut déduire l’année de sa naissance d’après son acte de décès, le 23 novembre 1846 : Louise avait 82 ans. Elle avait cinq frères et sœurs : François (1753-1839), Marie-Louise (1755-1827), Jacques (1757-1829), Jean-François (1759-1793) et Jeanne (1761-1810).
  2. La Tanchère se situe aujourd’hui sur la commune de L’Oie, mais à l’époque sur celle de Sainte-Florence-de-l’Oie, rebaptisée « L’Herbergement-Idreau » sous la Révolution. En 1895, cette ancienne commune a été scindée en deux nouvelles : Sainte-Florence et L’Oie.
  3. La tradition orale a peut-être enjolivé les choses, car le nom de Louise Regrenil nom n’apparaît pas dans la liste des anciens combattants qui reçurent une arme de récompense sous la Restauration.
  4. Jeanne Regrenil, sœur de Louise, avait épousé à Sainte-Florence, le 18 janvier 1780, Maître Jacques Faucheron, notaire de la baronnie de la Grève.
  5. Jean Lagniau, La hussarde de la Tanchère, Louise Regrenil, La Fin de la Rabinaïe, n°89, mars 1993, p. 7.
  6. Le seule panneau mentionnant Louise Regrenil se situe sur la commune de L'Oie, au bout de l'étang de la Haute-Rivière, sur le circuit de randonnée du Bois-Roland.