La commune de Saint-Crespin-sur-Moine conserve plusieurs lieux de mémoire de la Grande Guerre de 1793. L’un d’eux, le calvaire de la Vérie, fut érigé à la fin du XIXe siècle afin d’honorer les Crespinois victimes des massacres.

Saint-Crespin 6Le calvaire de la Vérie, monument aux morts de 1793 à Saint-Crespin-sur-Moine
  

On doit cette grande croix de granit à Mlle Armelle Barbier du Doré, bienfaitrice de la paroisse et sœur de Gustave Barbier du Doré qui fut maire de Saint-Crespin-sur-Moine de 1891 jusqu’à sa mort en 1924. Elle la fit élever à la fin du XIXe siècle au bord de la route de Clisson, pour rappeler que pendant la Révolution des personnes furent arrêtées et tuées à cet endroit (1). Le socle porte une date : « 1793 ».
  

Saint-Crespin 5Sur le socle de la croix, la date de 1793
  

Il y eut toutefois d’autres lieux de massacres à Saint-Crespin, notamment au village de la Challouère (la Chaloire), où trois femmes, Jeanne Dupont, Renée et Marguerite Limousin, furent exécutées par les Bleus près de la fontaine en février ou mars 1794 (2).

Un autre site porte les stigmates de la Révolution, d’après la tradition locale : la chapelle des Écluseaux, plus précisément la belle statue polychrome de la Piéta placée dans une niche sur la voûte du chœur datée de 1671. « Les révolutionnaires essayèrent en vain de la détruire en tirant des coups de fusil ; malgré une habile restauration, la trace des coups est encore visible » (3).
  

Saint-Crespin 4La chapelle Notre-Dame des Écluseaux dans le cimetière

Saint-Crespin 1La nef et la statue de la Piéta au-dessus de la voûte du chœur

Saint-Crespin 2La Piéta dans sa niche datée de 1671

Saint-Crespin 3La statue aurait servi de cible aux soldats républicains
  


Notes :

  1. Henri Boré, Les témoins muets de la Vendée Angevine, 1992, p. 123.
  2. C. Port, Dictionnaire historique, géographique et biographique du Maine-et-Loire, édition révisée, t. IV, p. 49. Renée et Marguerite Limousin étaient sœurs, originaires de Gétigné ; la première est née le 27 septembre 1753, la seconde, le 8 mai 1762. Renée s'est mariée le 28 janvier 1777 à Gétigné avec Jean Bahaud (originaire de Saint-Crespin) ; Marguerite s'est mariée le 26 janvier 1780 à Gétigné avec Jacques Blanlœil.
  3. Abbé G. Hautreux, Saint-Crespin (diocèse d’Angers), 1886, p. 16.