Les Archives de la Vendée, qui avaient mis en ligne les inventaires des trois établissements pénitentiaires départementaux (La Roche-sur-Yon, Fontenay-le-Comte et Les Sables-d'Olonne) de plus de cent ans, ont à présent numérisé les 188 registres d’écrou ; 172 sont déjà consultables, soit 28.000 images. Cette ressource qui peut se révéler utile pour le généalogiste, intéressera aussi l’histoire locale, comme le montre l’exemple de la tentative de soulèvement de 1832.

2 Y 1 19 1Fiche de Louis Coquet, domestique des La Rochejaquelein au château de Landebaudière, à La Gaubretière, extrait du registre d'écrou de la maison d’arrêt de La Roche-sur-Yon (A.D. 85, 2 Y 1 19)
  

Ouvrons le registre d’écrou de la maison d’arrêt de La Roche-sur-Yon (ou plutôt, pour cette période, de « Bourbon-Vendée »), couvrant la période de 1831 à 1833 (1). Ses pages comportent, parmi les cas de vols, de vagabondage, de recel de réfractaires et autres délits parfois surprenants (2), un grand nombre d’incarcérations d’individus accusés d’avoir pris une part active aux troubles qui agitèrent la Vendée après la révolution de Juillet, plus fortement encore à l’époque où la duchesse de Berry, mère de l’héritier légitime au trône de France, arpentait clandestinement le Bocage dans l’espoir qu’une nouvelle insurrection abattrait le nouveau régime du roi Louis-Philippe. La liste de ces prisonniers, numérotés d’après l’indication du registre, figure au bas de cet article.

La présentation de ce registre d'écrou offre tous les renseignements utiles sur le détenu : identité, parents, lieux de naissance et de domicile, profession, date d’entrée à la maison d’arrêt, signalement (âge, taille, description détaillée du visage, mais aussi les vêtements portés au moment de l’arrivée). La dernière colonne transcrit l’acte en vertu duquel l’individu est écroué, ce qui permet de connaître les raisons de son incarcération.

Dans le cas qui nous intéresse, ces raisons se répètent à l’envi sur le mode des cris et propos séditieux (« Vive Charles X ! Vive Henri V ! » et même sur un ton plus fleuri pour les N°143 et 144 : « J’emm…… Louis-Philippe ! ») parfois aggravés par le port d’une cocarde blanche (3), d’excitation à la guerre civile, de complot contre la sûreté intérieure de l’État, dans le but de renverser le gouvernement et de « détruire l’ordre de successibilité au trône ».

Sur 267 détenus écroués entre le 2 décembre 1831 et le 9 août 1833, 85 individus, dont seulement deux femmes, sont ainsi identifiés (4). Leur moyenne d’âge est de 33 ans. L’écrasante majorité se compose de gens modestes : 12 tisserands, 10 laboureurs, 7 domestiques, 6 meuniers et fariniers, 5 journaliers, 4 charpentiers, 4 marchands, 3 cordonniers, 3 maréchaux, 2 maçons, etc. Outre un médecin aux Herbiers, on ne compte, en somme, que six propriétaires nobles (5).

Deux hommes ont été arrêtés à deux reprises au cours de cette période : Louis Jamin (N°128 et 239) et Pierre-Marie Lecomte (N°175 et 227), ce dernier étant impliqué dans le siège mémorable du château de la Pénissière qui marqua, le mercredi 6 juin 1832, le dernier combat de la dernière guerre de Vendée. À noter que les premiers jours de juin 1832, cités dans une dizaine d’inculpations, correspondent à la date annoncée pour ce soulèvement avorté.

On croise également deux individus impliqués dans l’affaire Bléret, une échauffourée aux conséquences retentissantes qui eut lieu à Ardelay le 21 novembre 1832 : François Guesdon (N°200) et Jean Rampillon (N°207).

À partir des éléments livrés par ce registre d’écrou, il sera possible de retrouver les jugements à l’origine de ces incarcérations dans la série U des Archives de la Vendée… dès qu’il sera possible d’y retourner.


Notes :

  1. A.D. 85, 2 Y 1 19. Pour en savoir plus sur cette mise en ligne des Archives de la Vendée, on lira : Les registres d'écrou de plus de 100 ans à la disposition des internautes.
  2. Par exemple, deux individus du Poiré-sur-Velluire, écroués le 20 décembre 1832, sont inculpés « d’avoir coupé la langue à des juments » !
  3. Voir dans la liste des détenus les N°18, 60, 94 et 95.
  4. Je n’ai pas retenu ceux pour lesquels les faits reprochés ne sont pas clairement liés à des activités séditieuses ou armées contre le régime de Louis-Philippe.
  5. N°62 (Adrien-François-Roger-Sanson de Bricqueville), N°102 (Guillaume-Ambroise de Rorthais), N°116 (Zénon-Turbulent Brunet de La Grande), N°124 (Auguste-Louis-Marie de Cornulier), N°155 et 156 (Louis et Charles de Montsorbier).
      

Carte Vendee 1831-1833  
Liste des détenus identifiés comme inculpés pour propos séditieux, excitation à la guerre civile, complot contre la sûreté intérieure de l’État, etc., dans le registre d’écrou de la maison d’arrêt de Bourbon-Vendée pour les années 1831-1833
(le lieu de naissance n'est pas indiqué s'il est le même que celui de la résidence en 1831-1833) :

Anne-Hypolite de La Pierre (noté : Delapierre) (N°4), veuve de François-Alexandre de Fauveau, née à Rouen, demeurant à Paris, écrouée le 2 décembre 1831 vêtue d’une robe de mérinos gris à rayures, un tablier en soie, un châle long en soie noire, un chapeau blanc ; âgée de 50 ans ; « inculpée d’avoir pris part à un complot dont le but était d’exciter la guerre civile dans la Vendée, ou du moins de non révélation de complot sachant qu’il existait ». Cette détenue n'était autre que la mère de la célèbre artiste Félicie de Fauveau, amie de la comtesse de La Rochejaquelein.

Jean Potier (N°5), né à Saint-Florent-des-Bois, cabaretier au Champ-Saint-Père, 49 ans, écroué le 5 décembre 1831, « prévenu de cris et propos séditieux ».

Georges Malabœuf (N°9), tisserand à Bains (Ille-et-Vilaine), 31 ans, écroué le 15 décembre 1831, « inculpé de propos séditieux ».

Louis Guillet (N°15), né à Sainte-Gemmes-des-Bruyères (commune du Tallud-Sainte-Gemme), demeurant à Saint-Philbert-du-Pont-Charrault, domestique, 20 ans ; et Pierre-Charles Béruard (N°16), né et demeurant à La Flocellière, charpentier, 21 ans ; écroués le 10 janvier 1832, « inculpés d’avoir, le quatorze septembre dernier, fait partie de bandes armées qui ont parcouru plusieurs communes du canton de Chantonnay dans le but d’exciter la guerre civile et d’avoir désarmé plusieurs citoyens ».

Auguste Coumailleau (N°18), charpentier à Venansault, 18 ans, écroué le 17 janvier 1832, « inculpé d’avoir, le 31 janvier dernier, publiquement arboré la cocarde blanche et proféré des cris séditieux ».

Napoléon Hurlein (N°30), cordonnier à Saint-Étienne-du-Bois, 25 ans, écroué le 13 février 1832, « inculpé d’avoir, le 12 de ce mois, dans le bourg de Beaufou, proférer le cri séditieux de “Vive Charles X” et d’avoir proféré des outrages contre sa majesté Louis-Philippe ».

Pierre Fourier (N°59), tisserand à Treize-Vents, 36 ans, écroué le 24 mai 1832, « inculpé de cris séditieux, d’offense envers la personne du roi, et d’outrages par paroles et voies de fait envers la gendarmerie ».

Louis Cousin (N°60), maçon et cabaretier à Chambretaud, 51 ans, écroué le 28 mai 1832, « inculpé d’avoir, le 21 de ce mois, publiquement porté un signe de ralliement contre le gouvernement du roi en portant un large ruban blanc attaché à son chapeau en forme de rosette ou de cocarde ». Les Chambretaudais auront raison de voir en cet homme un parent du célèbre Jules-Alphonse Cousin, évêque de Nagasaki au Japon : Louise Cousin était son grand-oncle.

Adrien-François-Roger-Sanson de Bricqueville (noté : Bricville) (N°62), propriétaire, né à Gorge (Manche) et demeurant à Nueil-le-Dolent, 38 ans ; et Jean-Auguste-Romain de Maudavy (N°63), né à Montrem (Dordogne), demeurant à Nueil-le-Dolent, 41 ans ; écroués le 1er juin 1832, « inculpés d’avoir parcouru plusieurs communes et notamment celles de Nesmy et Aubigny (…) pour soulever les habitants et les exciter à prendre les armes pour renverser le gouvernement établi ».

René Poiron (N°64), né à Beaurepaire, laboureur à Chavagnes-en-Paillers, 40 ans, écroué le 2 juin 1832, « inculpé d’avoir, le 22 mai dernier, publiquement proféré dans les rues de Montaigu des cris séditieux de “Vive Henri V” ».

Dominique Navarre (N°67), né à Chavagnes, fusilier vétéran à la 1re compagnie de vétérans du département de la Moselle, écroué le 5 juin 1832, « inculpé d’excitation à la haine et au mépris du gouvernement du roi ».

Louis-Marie Boiteau (N°76), né à La Chapelle-Glain (Loire-Inférieure), jardinier à Chantonnay, 40 ans, écroué le 16 juillet 1832, « inculpé d’avoir publiquement proféré, au Puybelliard, des cris séditieux de “Vive Charles X, vive Henri V” ».

René Gaborieau (N°81), né à Beaurepaire, laboureur à La Gaubretière, 36 ans, écroué le 23 juillet 1832, « inculpé de distribution d’un écrit séditieux ».

Alexis Vriguaud (N°86), menuisier au Champ-Saint-Père, 20 ans ; Henri Vriguaud (N°87), menuisier au Champ-Saint-Père, 17 ans ; Firmin Laidet (N°88), maréchal taillandier au Champ-Saint-Père, 19 ans ; et Baptiste Laidet (N°89), serrurier au Champ-Saint-Père, 22 ans ; écroués le 27 juillet 1832, « inculpés d’avoir pris part à un complot contre la sûreté de l’État ».

François Augereau (N°93), marchand épicier à La Gaubretière, 30 ans, écroué le 1er août 1832, « inculpé d’avoir, dans le mois de juin dernier, distribué une brochure ayant pour titre Le bon François, almanach universel pour 1832, contenant des articles séditieux ».

René-Mathurin-Bonaventure Bégaud (N°94), marchand ambulant originaire de La Boissière-de-Montaigu, 46 ans, écroué le 1er août 1832, « inculpé d’avoir, le 29 juillet dernier, étant au bourg de Boulogne, porté publiquement la cocarde blanche et proféré le cri séditieux de “Vive Charles X”, d’avoir en outre outragé par paroles et menaces le maire de ladite commune de Boulogne ».

François-Charles Baudouin (N°95), farinier aux Essarts, 19 ans ; et Henri Robin (N°96), maréchal aux Essarts, 18 ans ; écroués le 1er août 1832, « inculpés l’un et l’autre d’avoir, le 29 juillet dernier, dans le bourg des Essarts, publiquement porté des cocardes blanches et d’avoir maltraité et porté des coups à un jeune enfant ».

François Simonneau (N°97), journalier à La Garnache, 32 ans ; Germain Texier (N°98), journalier à La Garnache, 30 ans ; et Jacques Traineau (N°99), laboureur à La Garnache, 41 ans ; écroués le 3 août 1832, « inculpés de crime contre la sûreté intérieure de l’État ».

Guillaume-Ambroise de Rorthais (N°102), propriétaire à Beaulieu-sous-la-Roche, 40 ans, écroué le 4 août 1832, « inculpé de délit contre la sûreté intérieure de l’État ».

François Guillet (N°103), maçon à Saint-Étienne-du-Bois, 24 ans, écroué le 6 août 1832, « inculpés d’avoir fait partie d’une bande d’individus armés qui s’est réunie le 6 juin dernier dans le but d’exciter à la guerre civile et au renversement du gouvernement du roi ; 2° d’avoir recelé différents effets volés… »

Jean-Baptiste Dobigeon (N°104), cordonnier à Saint-Hilaire-de-Loulay, 21 ans, écroué le 6 août 1832, « inculpé d’avoir fait partie d’une bande d’individus armés qui s’étaient réunis pour exciter à la guerre civile et renverser le gouvernement de Louis-Philippe ».

Jean Lamprière (N°105), meunier à Bellefontaine, commune du May-sur-Èvre (Maine-et-Loire), 18 ans, écroué le 6 août 1832, « inculpé d’avoir fait partie d’une bande d’individus armés qui se réunit les 5, 6 et 7 juin dernier, dans le but d’exciter à la guerre civile et au renversement du gouvernement actuel ».

René Pasquier (N°106), tisserand à Saint-Malo-du-Bois, 54 ans, écroué le 6 août 1832, « inculpé de délit contre la sûreté intérieure de l’État ».

François Barreau (N°107), né à Saint-Paul-en-Pareds, laboureur à Ardelay, 49 ans ; et Jacques Quillet (N°108), sabotier à Ardelay, 24 ans ; écroués le 6 août 1832, « inculpés de délit contre la sûreté intérieure de l’État ».

Pierre Gaillard (N°109), marchand épicier à Bazoges-en-Paillers, 22 ans ; Antoine-Benjamin Cougnon (N°110), tisserand à Bazoges-en-Paillers, 33 ans ; et René Boudaud (N°111), menuisier de Bazoges-en-Paillers, 42 ans ; écroués le 7 août 1832, « inculpés d’avoir volontairement fait partie de bandes armées qui, les 6 et 7 juin derniers, se sont réunies dans le but d’exciter à la guerre civile en portant les citoyens à l’arrière les uns des autres, et à porter la dévastation et le pillage dans la Vendée ».

François Gourraud (N°112), tisserand à Saint-Aubin-des-Ormeaux, 34 ans ; Pierre You (N°113), tisserand à Saint-Aubin-des-Ormeaux, 35 ans ; Jacques Lyard (N°114), charpentier à Saint-Aubin-des-Ormeaux, 53 ans ; et Mathurin Abélard (N°155), marchand colporteur au Longeron (Maine-et-Loire), 36 ans ; écroués le 7 août 1832, « inculpés de délits contre la sûreté intérieure de l’État ».

Zénon-Turbulent Brunet de La Grande (N°116), né à La Rochelle, propriétaire à Bourbon-Vendée, écroué le 8 août 1832, « inculpé de complot contre la sûreté intérieure de l’État, dont le but était de détruire le gouvernement et l’ordre de successibilité au trône ».

Prudent-Pierre Morinière (N°117), médecin aux Herbiers, écroué le 8 août 1832, « inculpé d’avoir pris part à un complot dont le but était de renverser le gouvernement et d’exciter à la guerre civile ».

Auguste Devau (N°118), tisserand à Saint-Malo-du-Bois, 28 ans, écroué le 8 août 1832, « inculpé d’avoir fait partie d’une bande armée qui s’est réunie dans le but d’exciter à la guerre civile et au renversement du gouvernement ».

Louis Bossard (N°119), charpentier à La Gaubretière, 43 ans, écroué le 8 août 1832, « inculpé d’avoir pris part à un complot dont le but était d’exciter à la guerre civile et de renverser le gouvernement actuel ».

Pierre Jeanneau (N°122), né au Puy-Saint-Bonnet, laboureur à Saint-Malo-du-Bois, 49 ans ; Baptiste Cousseau (N°123), né au Puy-Saint-Bonnet, domestique à Saint-Malo-du-Bois, 18 ans ; écroués le 11 août 1832, « inculpés d’avoir, dans les journées des 5, 6 et 7 juin dernier, fait partie de bandes armées qui se sont réunies dans le canton de Mortagne dans le but d’exciter à la guerre civile et au renversement du gouvernement ».

Auguste-Louis-Marie de Cornulier (N°124), propriétaire à Saint-Hilaire-de-Loulay (demeurant chez son père au château de la Lande), écroué le 11 août 1832, « inculpé de complot contre la sûreté intérieure de l’État en armant ou en portant les citoyens à s’armer les uns contre les autres ou pour le renversement du gouvernement ».

Louis Chevallier (N°125), domestique de la famille de Cornulier au château de la Lande, à Saint-Hilaire-de-Loulay, 27 ans, écroué le 11 août 1832, « inculpé d’avoir pris part à un complot ayant pour but d’exciter à la guerre civile et au renversement du gouvernement ».

Aimé Bétard (N°127), né à Mouilleron, journalier à Treize-Vents, 29 ans, écroué le 11 août 1832, « inculpé d’excitation à la haine et au mépris du gouvernement du roi par affiches de placards séditieux ».

Louis Jamin (N°128), né à Torfou, laboureur à La Bruffière, 42 ans, écroué le 13 août 1832, « inculpé d’attentat dont le but était de détruire le gouvernement et l’ordre de successibilité au trône, et d’exciter les habitants à s’armer les uns contre les autres et à porter la dévastation, le massacre et le pillage dans une ou plusieurs communes » (voir le même au N°239).

Pierre-Louis Racaud (N°130), né au Boupère, concierge à Treize-Vents, 45 ans ; Louis Ouvrard (N°131), né à La Verrie, laboureur à Treize-Vents, 51 ans ; et Pierre Ouvrard (N°132), fils du précédent, né à La Verrie, laboureur à Treize-Vents, 23 ans ; écroués le 16 août 1832, « inculpés de crimes contre la sûreté intérieure de l’État ».

Louis Bidaud père (N°136), tisserand à Saint-Malo-du-Bois, 54 ans ; et Louis Bidaud fils (N°137), tisserand à Saint-Malo-du-Bois, 30 ans ; écroués le 17 août 1832, « inculpés de crimes contre la sûreté intérieure de l’État ».

Alexis-Marie-Joseph Charrier (N°138), né à Chavagnes, (« étudiant » dans le signalement, mais « tisserand » dans la transcription d’acte) écroué le 17 août 1832, « inculpé d’avoir écrit et placardé à la porte du juge de paix à Chavagnes un écrit séditieux, contenant provocation au crime de complot tendant au renversement du gouvernement ».

Jean Devau (N°142), tisserand à Saint-Malo-du-Bois, 45 ans, écroué le 21 août 1832, « inculpé de crimes contre la sûreté intérieure de l’État ».

François Chateigner (N°143), laboureur à Mouchamps, 20 ans ; et René Papin (N°144), laboureur à Mouchamps, 19 ans ; écroués le 27 août 1832, « inculpés d’avoir, le 15 décembre, à la sortie du bourg de Mouchamps, publiquement proféré les cris séditieux de “Vive Charles X ! Vive Henry V ! J’emm…… Louis-Philippe !” »

2 Y 1 19 2Les propos séditieux proférés par François Chateigner à Mouchamps
ont été notés dans le registre d'écrou
.
  

Jean Moreau (N°145), farinier à Boufféré, écroué le 17 août 1832, « inculpé d’avoir fait partie d’une bande d’individus armés qui, dans la nuit du 14 au 15 de ce mois, a été désarmer plusieurs habitants de Boufféré ».

Jean Morilleau (N°146), potier à Chauché, 24 ans, écroué le 30 août 1832, « inculpé d’avoir fait partie d’une bande d’individus armés qui, dans le mois de juin dernier, ont désarmé plusieurs habitants de la commune de Chauché, et notamment au village de la Rabatelière ».

Jean Bujard (N°151), né à La Bruffière (ou Saint-Symphorien), domestique à Treize-Vents, 21 ans, écroué le 7 septembre 1832, « inculpé d’avoir fait partie des bandes de brigands qui, dans la nuit des 1er et 2 de ce mois, ont été voler avec menaces et violences chez les sieurs J… et Martineau, à St Georges de Montaigu (…) ; 2° d’avoir proféré publiquement des cris séditieux ». Ce terme de « brigands », si courant en 1793-1796, ne se rencontre que dans ce cas et dans le N°153.

Jean Paquet (N°158), cordonnier aux Herbiers, 50 ans, écroué le 7 septembre 1832, « inculpé de complicité avec les bandes armées qui désolent depuis quelque temps le canton des Herbiers, en leur servant d’espion ».

Victor Libaud (N°153), maréchal taillandier à La Gaubretière, écroué le 8 septembre 1832, « inculpé d’avoir fait partie des bandes de brigands qui se sont réunies dans le canton de Mortagne, les 6 et 7 juin derniers, dans le but d’exciter à la guerre civile et de renverser le gouvernement de Louis-Philippe ».

Pierre Mauvillain (N°154), né à La Grolle, tisserand à Saint-Philbert-de-Bouaine, 28 ans ; et Pierre Mandin (N°155), journalier à Saint-Philbert-de-Bouaine, 40 ans ; écroués le 10 septembre 1832, « inculpés d’embauchage et de port d’armes prohibées ».

Charles de Montsorbier (noté : Monsorbier) (N°156), propriétaire à Boulogne, demeurant à la Bralière, 28 ans ; et Louis de Montsorbier (N°157), propriétaire à Boulogne, demeurant aussi à la Bralière, 44 ans, chevalier de la Légion d’honneur ; écroués le 11 septembre 1832, « inculpés d’attentat contre la sûreté intérieure de l’État et de recel de malfaiteurs ».

Louis Coquet (noté : Coques) (N°160), né à Louppy-sur-Loison (Meuse) le 12 brumaire an XII (25 octobre 1803), domestique de la famille de La Rochejaquelein au château de Landebaudière, commune de La Gaubretière, 28 ans, écroué le 18 septembre 1832, « inculpé d’attentat contre la sûreté intérieure de l’État dans les premiers jours de juin dernier ».

Éléonore Augereau (N°161), boucher à La Gaubretière, 27 ans, écroué le 18 septembre 1832, « inculpé d’attentat contre la sûreté intérieure de l’État dans les premiers jours de juin dernier ».

Alexandre-Marie Biraud (N°166), piqueur de cardes à La Châtaigneraie, 23 ans, écroué le 24 septembre 1832, « inculpé d’excitation à la haine et au mépris du gouvernement ».

Pierre-Marie Lecomte (N°175), né à Angers, praticien à Beaupréau (Maine-et-Loire), 23 ans (voir le même au N°227) ; Pierre Raffegeau (N°176), né à Saint-Germain (Maine-et-Loire), séminariste, 19 ans ; et Athanase-Prosper Motreuil (N°177), né à Vernantes (Maine-et-Loire), séminariste, 24 ans ; écroués le 7 octobre 1832, « inculpés de crimes contre la sûreté intérieure de l’État ».

Jean Richard (N°189), tisserand à Saint-Hilaire-de-Loulay, 32 ans, écroué le 17 octobre 1832, « prévenu de cris séditieux ».

François Guesdon (N°200), né à Sainte-Florence, ancien domestique à l’Herbergement-Ydreau, réfractaire, 21 ans, écroué le 20 octobre 1832, « inculpé d’assassinat sur la personne du maréchal Bléret, maréchal des logis de gendarmerie des Herbiers, et d’avoir fait partie de bandes ayant pour but de détruire le gouvernement actuel et d’exciter les citoyens à la guerre civile ».

Jean Rampillon (N°207), domestique à la Frétière, commune d’Ardelay, 45 ans, écroué le 8 janvier 1833, « inculpé de tentative d’assassinat sur la personne du sieur Bléret, maréchal de gendarmerie aux Herbiers ».

Pierre Soullard (N°209), né à Mouchamps, journalier à Ardelay, 53 ans, écroué le 11 janvier 1833, « inculpé d’avoir fait partie de bandes de malfaiteurs, dans les derniers mois de 1832, qui désolent le pays ».

Mathurin Lhommeau (N°221), cultivateur et cabaretier à Treize-Septiers, 49 ans, écroué le 28 février 1833, « inculpé de s’être rendu complice des vols à main armée commis dans la nuit du 1er au 2 septembre 1832, chez les sieurs J… et Martineau (voir le N°151), et d’avoir dans les 1ers jours de juin excité plusieurs individus à faire partie des bandes d’insurgés ».

Pierre-Marie Lecomte (N°227), né à Angers, praticien à Beaupréau (Maine-et-Loire), 23 ans, à nouveau écroué le 15 mars 1883 (voir le même au N°175), « inculpé d’avoir tué de coups de fusil six (?) des gardes nationaux et des soldats qui, le six juin 1832 investissaient le château de la Pénissière où il se trouvait, et ce volontairement ».

Louis Jamin (N°239), né à Torfou, métayer à La Bruffière, 43 ans, à nouveau écroué le 24 avril 1833 (voir le même au N°128), « inculpé d’avoir enrôlé ou tenté d’enrôler ou d’engager des soldats sans ordre ni autorisation ou pouvoir légitime ».

Marguerite David (N°263), couturière à La Boissière, 19 ans ; François Pluchon (N°264), forgeron aux Landes-Génusson, 27 ans ; Augustin Pluchon (N°265), frère du précédent, forgeron aux Landes-Génusson, 19 ans ; Mathurin Challet (N°266), cultivateur aux Landes-Génusson, 53 ans ; écroués le 6 août 1833, « tous inculpés de complot et de complicité de crimes ayant pour objet la guerre civile, la dévastation et le pillage ; d’avoir en outre pratiqué des intelligences avec des bandes de rebelles ».